Le 1er collectif comics de France

 


 
 

Bitter Root Tome 1

 
Not' note
 
 
 
 
 


Vos notes
4 votants

 

Point(s) fort(s) :


Une revisite du "Mal" originale.
L'ancrage historique.
Un très bon récit introductif.

Point(s) faible(s) :


Les dessins parfois brouillons.


 
En résumé
 

Bitter Root est un titre engagé ne pouvant laisser indifférent, aussi divertissant qu’exigeant, il pourra séduire tout un chacun pour différentes raisons. Le charme du trait de Sanford Greene combiné à l’intrigue prenante de David F. Walker et Chuck Brown fonctionnent à merveille. Vite, la suite !

 
Infos techniques
 

Histoire : David F. Walker et Chuck Brown
Dessin : Sanford Greene
Encrage : Sanford Greene
Couleur : Rico Renzi & Sanford Greene
Editeur :
 
Editeur VO :
 
Publié 10 février 2020 par

 
Dans le détail...
 
 

Qui allez-vous appeler quand le monstre en vous prend le dessus ?

Pour 2020, Hi Comics continue sa politique de l’indé avec le tome 1 de Bitter Root. Cette fois-ci, c’est un comics qui nous amène dans le Harlem des années 1920, avec tout ce que ça implique quant à la stigmatisation raciale notamment, sur fond de monstres et de vaudou.

Les Sangerye étaient autrefois réputés pour être la plus grande famille de chasseurs de monstres de tous les temps. Leur spécialité ? Purifier les âmes infectées par la haine, qui transforme les êtres humains en démons hideux. Ce temps est révolu. Une terrible tragédie a décimé la famille, et les survivants sont désormais divisés par les blessures du passé et par leurs méthodes : sauver ou tuer ces créatures. Mais face à un nouveau type de monstre qui sévit dans les rues de Harlem, les Sangerye vont devoir s’unir et combattre, ou regarder l’humanité s’effondrer dans un mal plus profond encore…

L’avis de Chti

Sur fond de monstres …

Dès l’entame du livre, les scénaristes David F. Walker et Chuck Brown nous plongent dans le cœur de l’action. Cullen et Berg Sangerye sont à la lutte avec une forme de démon, pendant que leur cousine Blink et grand-mère Ma Etta semblent préparer une potion ou un traitement. On fait rapidement connaissance avec les protagonistes, leurs rôles, leur mission et les forces qu’ils combattent. Et la force du récit tient dans cette caractérisation des monstres et la seconde lecture qu’ils portent.

Ces monstres sont tout simplement des humains qui ont été submergés par leurs mauvais sentiments, faisant ressurgir le mal en eux sous cette forme démoniaque. La famille Sangerye a pour mission de purifier les âmes de ces humains pour les libérer de ce mal et redevenir humain. Il est alors d’autant plus intéressant que la famille Sangerye est une famille noire américaine, dans le Harlem des années 1920.

C’est un véritable double sens qu’offrent les auteurs à la lutte des Sangerye. En effet, comment ne pas voir dans leur combat contre des femmes et hommes dominés par leur haine une métaphore d’une lutte contre le racisme ? Cerise sur le ghetto, cela est fait de manière tellement limpide, sans jamais forcer le trait et encore moins se la jouer moralisateur. De plus, au délà du racisme, on verra, notamment par le personnage de Blink, d’autres luttes contre les a-prioris et inégalités …

Et parce que ça ne suffit pas, le titre reste en premier lieu une histoire dont les personnages forment une famille. Et les auteurs ne l’oublient pas, et nous glissent également une histoire avec une famille torturée par des évènements passés.

Des dessins monstrueux.

Aux planches, Sanford Greene livre un trait au style accrochant et collant parfaitement à l’ambiance du récit. Que ce soit le Harlem de l’époque ou les monstres, la propreté et la netteté n’a pas sa place ici. C’est rugueux, dérangeant, nous mettant visuellement dans l’inconfort. Et comme les personnages, nous cherchons une issue, un coin de lumière, un peu d’espoir derrière chaque page. Forcément, nous avons une palette sombre, diablement efficace pour nous noyer dans l’horreur. On pourra peut être regretter quelques moments qui m’ont semblé brouillon. Mais à part cette sensibilité personnelle, le style graphique de la série fait mouche de part son côté non habituel et son accord avec le récit.

Une édition augmentée.

Il est important de souligner le travail éditorial de Hi Comics sur ce tome de Bitter Root. Nous avons désormais l’habitude des pages supplémentaires contenant les différentes couvertures variantes lors de la publication en single. Mais ce que nous apprécions particulièrement, ce sont bien souvent les apports de contenu autour de l’œuvre. Ici, Hi Comics a vu grand avec évidement le lot de variantes (et certaines de grands noms!) mais aussi près d’une vingtaine de pages d’interviews et textes autour du titre et de la culture afro-américaine. Les pages sont également agrémentées de croquis pour apprécier les travaux de recherche du dessinateur.

Hi Comics frappe encore fort et juste dans sa sélection de titres indépendants avec Bitter Root. D’une métaphore de la société et ses maux, les auteurs nous offrent une histoire dense et prenante autour d’une famille de chasseurs de monstres dans le Harlem des 1920s. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise que le titre ait été nommé aux Eisner Awards 2019 en tant que Meilleure Nouvelle Série, et sera prochainement adapté au cinéma.

La note de Chti:

 

L’avis du Kit:

A

lors que j’étais en pleines lectures comics indés horrifiques depuis quelques temps, un nouveau récit du même acabit pointe le bout de son nez. Bien mis en avant par le directeur de publication de HiComics, Sullivan Rouaud, je continuais donc sur ma lancée.

Ici, David F. Walker et Chuck Brown plongent le lectorat dans l’Amérique post-1ère Guerre Mondiale des années 20. Au milieu de la famille Sangerye, composée de chasseurs de démons et autres de génération en génération. Une histoire qui retranscrit parfaitement l’ambiance et la culture de l’époque. En effet, on retrouve la ségrégation raciale et le folklore afro-américain.

Tout cela sous fond de chasse aux démons et autre monstres appelés Jinoos. Ils sont le fruit d’une haine exacerbée, qui va jusqu’à corrompre les âmes des simples mortels. Cette métaphore sur les causes de la haine et le racisme, d’une époque au final pas si révolue, est plutôt bien trouvée. Elle permet de tourner ce comic-book vers du pur divertissement entre The Goon et Ghostbusters. On est vraiment immergé du début jusqu’au final et son cliffhanger nous laissant dans l’expectative et l’attente du second tome.

Niveau graphique, Sanford Greene trouve les traits et la caractérisation parfaits pour ce genre de récit. Entre cartoony pour le côté fun et parfois drôle du ton et creepy pour le côté plus horrifique et violent. Certes, ce style ne plaira pas forcément à tout le monde mais il a plutôt bien marché sur moi.

On notera, un complément de bonus très dense entre couvertures alternatives et articles très documentés sur la culture, le folklore et les croyances.

HiComics édite un nouveau récit indé divertissant et prenant sous fond d’événements surnaturels et horrifiques. Le parallèle entre haine, racisme et esprits démoniaques est une bonne trouvaille des auteurs, permettant de rendre leur affaire familiale abordable pour le plus grand nombre de lecteurs. Un petit bijou qui mérite grandement d’être découverte tout comme a nomination aux Eisner Awards.

La note du Kit:

 

L’avis de Ginlange :

La scène indépendante du comics US n’a jamais été aussi florissante. Une pluralité de titres incroyables, tant d’inventivité, de fraîcheur. Bref, un véritable bol d’air frais face à la torpeur de la plupart des titres mainstream. Face à un tel choix, difficile de sortir du lot, pourtant Bitter Root s’impose comme l’un des titres de l’année !

Musique et racisme

Dans le Harlem des années 20, la musique est omniprésente, le racisme aussi. Les Sangerye possèdent un salon de coiffure, qui se révèle rapidement être bien plus que ça. Combattant depuis toujours les forces obscures, connaissant les secrets des plantes, vaudou et arme létales, ils sont un rempart contre la haine transformant l’humanité. Mais il y a cinq ans un terrible drame a déchiré la famille. Alors qu’une menace inédite approche, celle-ci va devoir se reformer pour pouvoir y faire face.

D’un pitch accrocheur, les auteurs arrivent rapidement à transformer l’essai. L’ambiance du Harlem de l’époque est fabuleusement restituée, la musique traverse les pages, les rue semblent vivantes, la haine palpable. Dans la boutique des Sangerye, on ressent presque la poussière et les secrets, l’envie de souffler pour mieux les révéler est grande.

Dès lors, cette atmosphère apporte grandement au récit, immersif et prenant. Les personnages sont également très bien travaillés. Le poids d’une vieille tragédie accable les épaules de chacun, d’une manière bien différente. Tous complexes, je me suis rapidement attaché à eux au fil d’une lecture  aussi prenante que poignante. Le background aidant beaucoup à rentrer rapidement dans le titre, les enjeux se révélant peu à peu à nous.

Ghostbusters Vaudous

En cinq chapitres, Bitter Root avance rapidement, ces Ghostbusters des années 20 à la sauce vaudou devant combattre une menace inédite dont l’on va comprendre la source au fil des pages. Je ne révélerai rien de cette intrigue qui a le mérite de surprendre de chapitre en chapitre. Le potentiel est sans pareil et promet un titre qui pourra facilement se renouveler dans la durée.

Mais la force de Bitter Root se cache derrière ce divertissement. En effet, un second niveau de lecture plus social et politique se glisse. Le catalogue HiComics fait souvent la part belle à des titres engagés et c’est une nouvelle fois le cas.

Avec son casting entièrement afro-américain, le titre parle du racisme envahissant l’Amérique de l’époque, et d’aujourd’hui. La haine de la différence, la peur de l’autre transformant l’homme en monstre qu’il faut combattre, la métaphore est des plus parlantes… Un propos fort, au service d’une intrigue puissante. C’est avec parcimonie et subtilité que Bitter Root n’hésite pas à parler avec justesse de ce problème de société, poussant la réflexion au plus loin d’une manière des plus intéressantes.

Pour illustrer cette intrigue, Sanford Greene, entre Paul Pope et David Rubín, l’artiste à l’identité forte impose un style se mariant à merveille à l’atmosphère du titre, entre démoniaque transformation et violence urbaine. Une superbe alchimie avec Walker et Brown participant grandement au charme du récit, parfaitement mis en couleurs.

Bitter Root est un titre engagé ne pouvant laisser indifférent, aussi divertissant qu’exigeant, il pourra séduire tout un chacun pour différentes raisons. Le charme du trait de Greene combiné à l’intrigue prenante de Walker et Brown fonctionnent à merveille, la suite et vite !

La note de Ginlange:

 

Ils ont kiffé :

 

Avez-vous apprécié cet article?
N’hésitez pas à le dire dans les commentaires. Ça nous fait toujours plaisir de vous lire.

Pour faire connaitre le site et nous soutenir, vous pouvez aussi partager nos publications sur les réseaux sociaux ou vous abonnez à notre newsletter.
Merci.

Pour comprendre nos notes subjectives :
5/5 J’adore
4/5 Trés cool
3/5 Sympa
2/5 Sans plus
1/5 Bof
0/5 Pas pour moi

 
Ombre planant au dessus de Lescomics City, traquant sans répit les fautes dans les ruelles de nos articles. Et de temps en temps, il prose sa patte également.


Vos commentaires :

Accueil Forums Bitter Root Tome 1

Vous lisez 0 fil de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #32510
      ChtiDkois
      Participant

      Bitter Root est un titre engagé ne pouvant laisser indifférent, aussi divertissant qu’exigeant, il pourra séduire tout un chacun pour différentes raisons. Le charme du trait de Sanford Greene combiné à l’intrigue prenante de David F. Walker et Chuck Brown fonctionnent à merveille. Vite, la suite !

      [Retrouvez l’article de chtidkois à l’adresse Bitter Root Tome 1]

Vous lisez 0 fil de discussion
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.