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[Review] Aquaman

 
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Vos notes
11 votants

 

Point(s) Fort(s)


- Bien inspiré des comics contemporains du personnage
- Un univers riche et dense bien exploité
- La mise en scène punchy de James Wan
- De très beaux plans visuels (pour la plupart)

Point(s) Faibles(s)


- Une histoire assez convenue
- Trop d'inspirations d'autres films mémorables
- Son affreux délire fluo
- Sa risible BO
- Son ton humoristique sonnant faux


 
En résumé...
 

Aquaman n’est pas la catastrophe annoncée. James Wan arrive à livrer un récit efficace, quoique prévisible. Celui-ci souffre malheureusement de son visuel affreusement agressif, d’une écriture desservant toute réelle dramaturgie. Quelques moments de bravoure parsèment ce récit sonnant comme un terrible gâchis.
Mais notre autre chroniqueur a passé un bon moment de détente.

 
Infos Techniques
 

Realisation : Jame Wan
Histoire : Will Beall, David Leslie Johnson-McGoldrick
Musique : Rupert Gregson-Williams
Studio : Warner Bros et DC Entertainment
Principaux acteurs : Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Dolph Lundgren, Patrick Wilson, Temuera Morrison, Yahya Abdul-Mateen II, Nicole Kidman
Univers Partagé :
 
Inspiré D'un Comics De :
 
Publié 20 décembre 2018 par

 
Dans le détail...
 
 

Le grand bleu

L’avis de Ginlange : 

L

e DCU est semé d’embûches, là où Marvel a su insuffler à son univers cinématographique une cohérence et un ton (quitte à devenir parfois redondant), DC et la Warner ont maintes fois changé de direction, de choix, d’ambition. Un parcours difficilement défendable, avec ses rendez-vous manqués, ses gros ratés, et ses surprises joliment emballées. Voulant abandonner son ambition d’un univers partagé suite à l’abominable Justice League, et s’orienter vers des films autonomes sur chacun des personnages phares (y en a un dans le film) de l’éditeur, essayant ainsi de réitérer le succès surprise de Wonder Woman. En projet depuis 2015, entre rumeurs de départ de James Wan et même d’annulation pure et simple du long métrage, le moins que l’on puisse dire, c’est que la naissance d’Aquaman fut laborieuse. Mais le voilà enfin sur nos écrans.

Pendant  près de 2h30 James Wan tente d’iconiser le personnage au travers d’un récit fortement inspiré du run de Geoff Johns du New 52 (celui-ci participant à l’écriture et chapeautant tout le DCU, son influence est loin d’être surprenante). Une inspiration de bonne augure, Johns ayant livré une réinterprétation moderne et prenante d’un héros longtemps tombé en désuétude. Aquaman doit faire face à son destin, fils de la reine d’Atlantide il doit se mettre en travers de la route de son demi -frère, qui veut conquérir le royaume terrestre comme sous-marin. Pour cela, il pourra compter sur Mera, non sans tomber rapidement sous son charme, mais devra faire attention à la vengeance d’un fils endeuillé. Scénaristiquement donc, Aquaman se révèle aussi efficace que profondément classique. Un récit manquant quelque peu d’originalité qui en devient terriblement prévisible.

Au fur et à mesure des minutes, les problèmes s’accumulent rapidement. D’abord dans son écriture. Le long métrage souffre de son rythme, victime de plusieurs longueurs et scènes d’explicitation un brin forcées, et d’un ton bien trop humoristique. Le personnage d’Aquaman est à ce niveau, véritablement exaspérant. Le changement de direction suite au succès mitigé de Batman v Superman a conduit le DCU à se tourner vers un ton bien plus léger, comique, « se marvelisant » selon certains. Déjà ressenti dans Justice League, ce ton humoristique est présent à outrance et tombe souvent à plat (cf. la scène des toilettes…). Il ne correspond ni à l’univers DC, ni au personnage, ni au récit qu’il tente de mettre en place. Faire d’Aquaman un ancien rockeur australien accro à la bière et aux tatouages dessert l’ensemble, Momoa devient ainsi rapidement irritant.

Mais là où le film se ramasse totalement, c’est avec son visuel cheap et sonnant terriblement faux. Il était difficile d’adapter à l’écran l’univers d’Arthur Curry, et on peut dire que Wan s’y est cassé les dents. Les couleurs exacerbées ne fonctionnent pas le moins du monde et sont kitsch à souhait. Armures, créatures, look des personnages, un délire fluo qui fait mal aux yeux. Les ¾ du film se déroulant sous la mer, cette surdose de couleurs, d’effets spéciaux cheap devient rapidement écœurante. Il est difficile d’expliquer ce résultat, Le budget étant probablement aussi faramineux que ceux de tous les autres films hollywoodiens actuels. Accompagné de la bande originale la moins originale entendue depuis des années, il est difficile de rentrer dans le film et savourer pleinement les enjeux de l’intrigue. Néanmoins derrière ses séquences se ressemblant toutes, demeurent quelques moments de bravoure de mise en scène où James Wan semble enfin s’éclater, notamment l’expédition dans la fosse.

Aquaman n’est pas la catastrophe annoncée. James Wan arrive à livrer un récit efficace, quoique prévisible. Celui-ci souffre malheureusement de son visuel affreusement agressif, d’une écriture desservant toute réelle dramaturgie. Quelques moments de bravoure parsèment ce récit sonnant comme un terrible gâchis, que l’on oublie une fois quittée la salle. L’avenir du DCU parait terriblement incertain, les meilleures heures de celui-ci étant définitivement derrière lui. Oui, ça fait peur.

La note de Ginlange

 

L’avis du Kit :

D

epuis ces 5 années, le “DC Extended Universe” (devenu le “Worlds of DC“), l’univers partagé de la Distinguée Concurrence de Marvel au ciné est, on peut le dire : mi-figue, mi-raisin. Alternant le très bon, le moyen et le très mauvais. Vous vous ferez votre classement dans tout cela avec les prédécesseurs que sont Man of Steel, Batman V Superman, Suicide Squad, Wonder Woman et Justice League. Je n’étais pas forcément serein en allant voir le film centré sur Arthur Curry alias Aquaman. Mais sur la base que les films DC/Warner “solos” s’en sortent mieux que les films “d’équipes”, je me suis dit qu’il y avait tout de même une chance de passer un bon moment. Cet avis est plus un ressenti global qu’une étendue sur le scénario et les intrigues que je ne préfère pas dévoiler ici.

Comme vous le savez, Aquaman est déjà venu montrer le bout de son trident dans l’univers partagé cinématographique de DC Comics. Tout d’abord le temps d’un caméo en 2015 dans Batman V Superman puis en tant que membre de la Justice League, l’an dernier. Mais pas forcément besoin d’avoir vu les précédentes incursions de Jason Momoa en Arthur Curry pour aller voir le long-métrage signé James Wan (Saw, Conjuring, Fast & Furious 7). Ce film s’adresse vraiment à un large public, autant ceux qui connaissent les comics dont est issu le personnage, que ceux qui ne connaissent que les films de la saga, que ceux qui ne connaissent ni l’un ni l’autre. Bien que déjà introduit dans cet univers partagé, ce film se veut tout de même comme une “origin story”. Mais on ne perd pas de temps en fioritures et vaines explications. Il y a tellement à dire, mais James Wan met en scène le super-héros mi-humain mi-atlante et ses aventures de manière expéditive, percutante et divertissante. Le rendu visuel est en général très plaisant, les scènes d’action plutôt prenantes et le casting est plutôt bien choisi quand on y pense. Faire interagir un barbare Dothraki (Jason Momoa), un chasseur de primes d’une lointaine galaxie (Temuera Morrison), un Hibou new-yorkais (Patrick Wilson), ou une nemesis de Spider-Man (Willem Dafoe), est plutôt agréable et bien trouvé. Le film enchaîne les étapes et les scènes d’action avec grand panache, même Miss Nicole  Kidman a le droit de faire libre cours à du free-fight atlante.

Malgré la rapidité des scènes, on sent toutefois un grand attachement aux comics, et ce dans tous les choix et les directions prises. Ce n’est pas pour rien que le scénariste et grand ponte de DC, Geoff Johns, à qui l’on doit d’avoir sorti le super-héros de l’abîme en 2011 lors du reboot comics “New 52”, ait appuyé le scénario ici. Les lecteurs s’amuseront d’ailleurs à y retrouver pas mal de choses en lien avec son “run” et celui de ses successeurs. Les effets visuels restent très corrects surtout pour la majeure partie des scènes sous-marines. Mais là où le film peut éventuellement pêcher à mes yeux, c’est que dans chaque scène, chaque moment et rendu visuel, un emprunt d’un grand film culte me venait à l’esprit. Un peu de “Avatar” par là, de “Indiana Jones” par ici, de “Aliens” , de “Seigneur des Anneaux” ou de “La Colère des Titans”, et vous obtiendrez votre Aquaman version ciné. D’où un certain manque d’originalité et un film au rendu final assez convenu. Malgré tout, cela reste un très bon divertissement pour lequel on ne rechigne pas sur son ticket de ciné. Bref , une plongée de 2H20 d’action et de divertissement!

Au final, le “DC Extended Universe/ Worlds of DC ” sort la tête de l’eau après le moyen “Justice League ” de l’an dernier. James Wan , réalisateur reconnu pour ses travaux horrifiques et d’action du passé , réussit à livrer une “origin story” très correcte et assez bien inspirée par les travaux de l’auteur comics Geoff Johns sur le personnage. Certes le tout n’est pas forcément ce qu’il  y a de plus original avec des impressions de “déjà-vu” , mais servi par des bonnes scènes, de bons visuels et un casting très investi, il en ressort un divertissement haletant et percutant.

La note du Kit

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Ginlange est un peu comme Bruce Wayne, mais en mieux. Aimant cinéma et comics, et parfois les comics au cinéma, il essaiera de partager au mieux ses coups de cœur et coups de gueule avec vous, pour votre plus grand plaisir. Ave Lynch.


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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Ginlange, il y a 9 mois.

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    Ginlange
    Modérateur

    Aquaman n’est pas la catastrophe annoncée. James Wan arrive à livrer un récit efficace, quoique prévisible. Celui-ci souffre malheureusement de son visuel affreusement agressif, d’une écriture desservant toute réelle dramaturgie. Quelques moments de bravoure parsèment ce récit sonnant comme un terrible gâchis.
    Mais notre autre chroniqueur a passé un bon moment de détente.

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