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Batman : Curse of the White Knight

 
Not' note
 
 
 
 
 


Vos notes
49 votants

 

Point(s) fort(s) :


Le Murphy-verse approfondi.
La réécriture intelligente de la mythologie Batman.
Le trait de Murphy.

Point(s) faible(s) :


Certains personnages de côté.
Le trait de Murphy.


 
En résumé
 

Après White Knight, Sean Murphy poursuit son exploration/interprétation de l’univers Batman. Il y explore dans ce Curse of the White Knight le passé de Gotham et de la lignée Wayne. Entrelaçant leur Histoire, il permet de porter cette fois-ci le regard sur l’homme derrière la cape, Bruce Wayne.

 
Infos techniques
 

Scénario : Sean Murphy
Dessin : Sean Murphy, Klaus Janson
Couleur : Matt Hollingsworth
Editeur :
 
Editeur VO :
 
Publié 25 octobre 2020 par

 
Dans le détail...
 
 

Batman Vs Wayne

Si Jack Napier n’est plus et que le Joker a repris sa place, il subsiste à Gotham de nombreuses traces du Chevalier Blanc, notamment dans la politique de la ville. Pour Bruce Wayne, les répercussions sont fortes, entre vide et doutes. La découverte du journal d’Edmond Wayne, premier de la lignée installé à Gotham en 1685, et l’évasion du Joker vont achever de pousser Bruce au port du précipice. Après avoir remis en question Batman, Curse of the White Knight nous emmène cette fois explorer les origines de Gotham et des Wayne.

Changement de cap

Après un premier tome bien accueilli, Sean Murphy poursuit sa revisite de l’univers du Chevalier Noir. Si dans le premier arc, il s’était lancé dans la confrontation entre Batman et l’alter-égo du Joker, Jack Napier, il opère ici une inversion. Le Joker a évincé la personnalité de Napier et se lance dans un combat directement contre Bruce Wayne. Murphy va ainsi explorer son univers par le prisme du passé et de la fondation. Déjà mis à mal par le premier tome dans son statut de justicier, l’auteur poursuit sa déconstruction en attaquant les origines de Gotham et de la lignée Wayne. La dimension politique du premier volume disparaît alors au profit d’une dimension plus humaine, de recherche de soi et de repères. Au bord du précipice, on retrouve un Bruce Wayne chancelant et incertain, pouvant vaciller à tout moment.

La consolidation du Murphy-verse

Toutefois, il ne se contente pas de déconstruire ce que l’on considère acquis sur Batman et sa mythologie. Tel un afol, il prend le meilleur de chaque brique pour se bâtir son Murphy-verse.Il parvient alors à nous livrer des personnages différents de ce que l’on connaît, et pourtant fidèles à ce que l’on en attend. C’est également un récit plein d’hommages et de clins d’œil. Et sans doute en ai-je raté plusieurs. La principale réinterprétation est offerte sur la couverture de l’ouvrage. Par le biais du Joker, Murphy invoque Azraël pour autant l’opposer à Batman qu’à Bruce Wayne dans sa quête du passé. Murphy fait de Jean-Paul Valley un opposant autant crédible que terrible face à Batman. Au point même d’éclipser progressivement le Joker, voire le Batman de Bruce Wayne. Et pourtant, Murphy n’en oublie pas le reste de ses protagonistes. Toute la complexité du récit est alors d’offrir une place à chacun. Murphy nous propose un équilibre instable, en jonglant entre la multiplicité et la puissance des apparitions de chacun. Malgré cette volonté d’équilibre, on regrettera que certains personnages (Dick pour ne pas le citer) semblent tout de même mis de côté.

Le travail reste toutefois soigné. Murphy gère son casting d’une main de maître. Il parvient à doser correctement les allers et venues. Jamais nous sentons l’indigestion, les scènes semblent millimétrées et nous ne sommes jamais perdus dans le récit, ni dans les cases. De même, l’exploration du XVIIe siècle s’intègre convenablement, offrant généralement une pause intéressante et rafraîchissante au récit.

Le dessin, pierre angulaire

Le trait de Sean Murphy ne laisse personne indifférent. Soit on l’adore, soit on accroche pas du tout. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Urban Comics décline le titre en une version colorisée par Matt Holligsworth et une version en noir et blanc ne laissant que le trait de Murphy.

Ce trait est anguleux, sans toutefois être rigide. Sa géométrie se marie, selon moi, à perfection à Gotham. Également, il apporte énormément de dynamisme, collant avec le récit. Que le scénario et le dessin soient réalisés par la même personne apporte forcément une grande cohérence dans l’ensemble. On notera que le chapitre interlude sur Victor Von Fries, s’il reste écrit par Sean Murphy, est dessiné par Klaus Janson. Son trait est plus doux, notamment sur les visages. Il apporte en effet un moment de répit dans le récit, bien que ce chapitre ne soit pas spécialement des plus tendres, traitant de l’Allemagne nazie. On notera au passage que la couleur n’enlève rien au plaisir des dessins, et offre peut être plus de profondeur. Plus, il apporte la cohésion entre le récit principal et son interlude.

Lire ce Batman Curse of the White Knight fut un réel plaisir. Il permet d’approfondir l’univers découvert avec le premier tome en passant du duel Batman/Napier à Wayne/Joker tout en introduisant de nouveaux éléments gravitant autour. Mieux, Sean Murphy se nourrit de tout l’héritage de Batman qu’il déconstruit pour le rebâtir dans une interprétation intense mais fluide et non forcée. Ainsi, c’est un récit accessible à tous, modulo la lecture du premier tome. En effet, les novices y trouveront une lecture accessible plaçant parfaitement chaque protagoniste. Et les passionnés apprécieront la relecture de chacun sous un angle nouveau et parsemé de clin d’œil à la continuité.
La note de Chti :

L’avis de Comics Grincheux :

Si vous suivez les reviews du site, vous le savez, je n’ai pas aimé White Knight lorsqu’il est sorti. J’en avais parlé en podcast et à l’écrit. Je partais forcément peu confiant dans cette suite.

Pourtant, les premiers numéros sont parvenus à me séduire. Reprenant les forces du récit de base et y ajoutant encore de nombreux twists, Sean Murphy réussissait peu à peu à me convaincre. Comme le premier volet, il n’y a pas de fonds politique malgré les tentatives d’en créer. Néanmoins, la personnalité des personnages est bien retranscrite et surtout, il parvient à faire de Azrael une menace crédible, éclipsant le Joker.

Une maudite malédiction !

Malheureusement, les derniers numéros vont se prendre les pieds dans le tapis. En cherchant à déconstruire tout ce que nous connaissons, Sean Murphy ne propose rien derrière. Finalement, il n’a pas de point de vue original sur le personnage malgré ce qu’il veut faire croire. La déconstruction de nos repères se fait, sans aucune contrepartie, si ce n’est jouer avec nos acquis. Aucune pierre n’est ajouté à l’édifice de Batman. La réflexion sur les mensonges et la responsabilité se perd totalement en chemin et on assiste aux actions d’un Batman totalement hors-de-contrôle à la fin.

C’est dommage car Sean Murphy semblait vouloir raconter des choses. Mais ce Batman Curse of the White Knight devient à la fin un récit expéditif, qui semble vouloir tout justifier sur l’autel de l’héroïsme. La fin en demi-teinte, au lieu de régler les questions et d’apporter un début de réponse, ne fait que nous plonger encore plus dans le flou quant aux intentions de son auteur. Pour un lecteur comme moi qui aime avoir du sens, je n’en ai pas trouvé et le récit m’a perdu en route, comme le premier avait pu le faire.

Cela est d’autant plus triste qu’il y a des très bons moments. Harley y est toujours impeccablement écrite, les scènes d’actions sont dingues et le chapitre interlude Von Fries est excellent.

Avec Batman Curse of the White Knight , Sean Murphy m’a encore déçu. Manquant de fonds alors que le récit ne manque pas d’action, j’ai trouvé dommage que les questions n’aillent pas au bout. Sean Murphy semble encore se limiter pour ne pas s’aliéner une partie du public, alors même que son final, très primaire et bas de plafond pourrait énerver.
La note de Comics Grincheux :

L’avis du Kit :

Après son White Knight, Sean Murphy poursuit sa réappropriation du mythe du Batman. Il déconstruit à nouveau l’histoire du Chevalier Noir pour se créer sa propre saga. A l’instar de Tom Taylor sur Injustice ou DCeased, Murphy est libéré du carcan complexe de la continuité DC Comics. Il créé son propre univers en utilisant le personnage le plus rentable de la Distinguée Concurrence. Tout y est possible, tout y est réalisable, et c’est cela qui y est vraiment appréciable.

Prolongement du “BatMurphy-Verse”.

L’auteur/illustrateur utilise ici son héros du précédent tome, Jack Napier alias, le Joker pour introduire et mettre en avant une nouvelle menace sur Gotham City : Jean-Paul Valley alias Azrael. Ce vétéran de guerre gravement malade ramène l’Ordre de St Dumas sur le devant de la scène et réclame la part de son héritage lié à la création de la ville près de 3 siècles et demi plus tôt. Les certitudes de Bruce Wayne seront alors ébranlées quand aux révélations qu’il sera amener à découvrir au fur et à mesure de l’avancée de son enquête. Tout comme Scott Snyder dans la continuité lors du pré-New 52 et du New 52, Murphy établi un récit prenant et haletant en nous replongeant dans sa propre version du passé de Gotham City et de la famille Wayne. Les codes y sont changés et c’est forcément un point fort de ce recueil pour ne pas forcément y voir une énième redite d’un récit sur Batman.

Batmobiles, gros flingues et fines lames.

Comme à son habitude, Sean Murphy livre des planches dynamiques et précises. Son trait si reconnaissable est toujours aussi bon et qualitatif. L’artiste prend toujours autant de bonheur à dessiner ce qui le passionne : les grosses cylindrées, les armes et des gars qui se battent en armure. Les amoureux de sa touche artistique en auront pour leur argent, que ce soit dans la version classique, la version Fnac, la version Noir & Blanc ou bien la version collector qui arrivera plus tard. Matt Hollingsworth est toujours là pour réaliser la colorisation des dessins de Sean Murphy. Et son travail reste toujours d’une grande qualité pour mettre en avant les traits de son associé.

On notera la présence de l’excellent Klaus Janson aux dessins du volet Von Freeze consacré au passé de Victor Fries. Ce tie-in s’intercale entre dans deux chapitres du récit principal et nous plonge dans le passé, entre la 2nde Guerre Mondiale et la naissance de Bruce Wayne. Lui-même d’origine allemande, il est intéressant de le voir ré-interpréter à sa manière les origines de la famille de “Mr Freeze” en pleine domination répressive nazie. Ça fait pleinement plaisir de retrouver Klaus Janson aux planches d’un titre, même s’il ne s’agit que d’un court récit.

Une suite attendue et sans doute encore meilleure que Batman – White Knight. Une nouvelle fois, Sean Murphy s’approprie pleinement le “Batverse”. Il se libère du carcan d’une continuité âgée de plus de 80 ans, pour établir ses propres codes et sa propre mythologie autour du Chevalier Noir de Gotham. Accrochez-vous au siège de votre Batmobile, vous n’en sortirez pas indemne!
La note du Kit:

Ils ont kiffé :

 

Retrouvez Curse of the White Knight chez Excalibur Comics ! Dispo aussi en N&B et bientôt en version deluxe.

 

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      ChtiDkois
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      Après White Knight, Sean Murphy poursuit son exploration/interprétation de l’univers Batman. Il y explore dans ce Curse of the White Knight le passé de Gotham et de la lignée Wayne. Entrelaçant leur Histoire, il permet de porter cette fois-ci le regard sur l’homme derrière la cape, Bruce Wayne.

      [Retrouvez l’article de chtidkois à l’adresse Batman : Curse of the White Knight]

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