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[review] The Wicked + The Divine tome 2

 
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Une parfaite représentation du superficiel

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De l'ennui, beaucoup d'ennui
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Infos techniques
 

Histoire : Kieron Gillen
Dessin : Jamie McKelvie
Couleur : Matt Wilson
Editeur :
 
Editeur VO :
 
Publié 25 février 2017 par

 
Dans le détail...
 
 

Les dieux sont tombés sur la tête

L’avis de Sonia Smith :

La lecture du premier tome de The Wicked + The Divine m’avait laissée un peu sur ma faim même si le propos principal de Kieron Gillen (la dénonciation d’un monde superficiel) a de quoi permettre la réflexion voire le débat. Le second tome ne déroge pas à la règle et démontre parfaitement la vacuité de l’univers du showbiz et l’importance pour les sociétés contemporaines de pouvoir se raccrocher à des divinités, fussent-elles des stars éphémères.

La mort de Luci en a fait une icône pop vénérée. De son côté, Laura, la groupie proche des divinités erre comme une âme en peine, désespérant d’appartenir au cercle des dieux. Elle qui pensait que Luci lui avait transmis son pouvoir en mourant n’est, en fait, qu’une adolescente comme les autres. Kieron Gillen décrit fort bien les tourments qui rongent les individus des sociétés post-modernes : l’ennui, le refus de la banalité, le besoin d’être sous les feux de la rampe, de donner un sens à sa vie en s’exposant aux yeux du monde, la volonté d’être adulé. A cela s’ajoute la désespérance de devenir un adulte qui se traduit dans ce comic-book par la mort puisque les dieux adolescents sont condamnés à mourir au bout de deux ans, métaphore du passage douloureux à l’âge adulte.

Certes The Wicked+The Divine donne largement matière à réfléchir et pourtant, il manque un je-ne-sais-quoi qui donne envie d’aimer les personnages. Même ceux qui paraissaient sympathiques dans le premier volume se muent finalement en individus capricieux, cyniques et superficiels, rejoignant la ronde des futiles divinités qui peuplent le récit. Là encore, le seul qui sorte un peu du lot finit plutôt mal, comme s’il était impossible de s’extraire de la poisseuse médiocrité qui régit l’existence de ces personnages. Il faut reconnaître à Gillen qu’il décrit avec soin et justesse la détresse adolescente jusque dans la présentation de la chambre de Laura et ses relations avec ses parents. On peut aussi voir dans ce récit une forme d’enquête policière qui nous conduirait sur les traces des mystérieux meurtriers de Luci, ce qui donne un peu de piment à ce titre.

Graphiquement, Jamie McKelvie offre, comme pour le premier tome, un travail soigné insistant sur les émotions – ou leur manque d’émotion – de ses capricieux héros qu’il sait parfaitement extraire d’une foule grisâtre peuplée d’anonymes. La colorisation de Matthew Wilson permet au lecteur d’évoluer encore une fois dans un monde de strass et de paillettes aussi coloré que l’humeur des personnages est maussade.

En conclusion, on peut dire que le pari de Kieron Gillen paraît réussi : il dépeint parfaitement la superficialité, l’adolescence en crise tour à tour faite d’espoir et de dégoût. Pourtant, comme dans le premier tome, les personnages restent des êtres plutôt lisses qu’on a peine à apprécier. Le propos de l’auteur est clair, on voit bien où il veut nous emmener et le cliffhanger pousse à poursuivre l’aventure malgré un persistant sentiment d’ennui qui ressemble à du spleen.
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Archiviste de métier et passionnée par les comics depuis qu’elle mit la main sur Spécial Strange n°19 en 1980, Sonia Smith a dévoré toutes les publications LUG et Semic qui lui tombaient sous la main. Après une pause à la fin des années 1990, elle retourne à ses premières amours et ouvre son blog Comics have the Power


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