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Barrier

 
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Point(s) fort(s) :


Dessin
Couleur
Un ouvrage qui fait réfléchir

Point(s) faible(s) :


Des parti-pris narratifs clivants
Un fin en demi-teinte


 
En résumé
 

Barrier est un bel objet aux illustrations fantastiques. Oeuvre emplie d’humaniste qui tombe cependant dans la facilité avec une fin aussi attendue que décevantes. Les longs texte en Espagnol ne plairont pas à tout le monde, mais permettent aux talentueux duo d’illustrateurs d’exprimer leur savoir-faire.

 
Infos techniques
 

Histoire : Brian K. Vaughan
Dessin : Marcos Martin
Couleur : Muntsa Vincente
Editeur :
 
Editeur VO :
 
Publié il y a 3 semaines par

 
Dans le détail...
 
 

Barrière de la langue avant tout

Dans Barrier, on suit Liddy, jeune propriétaire paumée d’un ranch Texan, vouant un haine aux immigrants clandestins rencontre sur ses terres Oscar, qui vient de passer clandestinement la frontière mexicano-américaine en provenance du Honduras. Alors que celui-ci est tenue en joue par la cow-girl, un événement totalement inattendu survient. Pour survivre, Liddy et Oscar devront mettre leurs différences de côté.

L’avis de Prime Sinister

J’avais commencé à lire Barrier en VO, m’étant procuré le FCBD il y a 2 ans. J’avais totalement accroché à l’histoire et à l’univers du récit. Bien que lecteur majoritairement VF, j’avais continué la série en VO via l’éditeur numérique Panel Syndicate (à l’origine de The Private Eye et Black Hand & Iron Head) durant quelques temps. Fraîche paternité oblige, j’avais stoppé la série. Lorsque je reçus la version reliée est complète en VF d’Urban c’est non sans joie que je me relançais dans la lecture du titre.

Si vous avez déjà lu plusieurs de mes chroniques, vous savez à quel point je suis attaché à la beauté de l’objet que représente un ouvrage. Si Barrier et son format à l’italienne (comme 300, par exemple) apparaissent difficiles à ranger dans une bibliothèque, il n’en demeure pas moins que cela rend l’ouvrage atypique et crée un chaos esthétique délicieux. La couverture au design épuré et aux couleurs chaudes, avec son grillage barbelé qui s’étend à l’infini sur une plaine aride et ocre du sud des Etats-Unis est pleine de symbole et donne tout de suite envie de se plonger dans la lecture de l’ouvrage. Les plus aguerris verront l’humeur vitrée de leurs yeux bouillonner en lisant les noms des auteurs : Brian K. Vaughan, Marcos Martin et Muntsa Vicente, trio talentueux qui nous avait offert The Private Eye (probablement l’un des meilleurs one shot indé de ces dix dernières années).

Third strike, player out

Me lançant dans sa lecture, je commençai par chercher la page à laquelle je m’étais arrêté de lire le titre en VO. Je découvris avec stupeur et déception que cette page, c’était la dernière page. J’avais lu le titre VO dans sa totalité s’en m’en rendre compte. Pourquoi ? Tout simplement parce que la fin peut-être au mieux définie comme étant “ouverte” ou au pire comme étant tout bonnement inachevée. First Strike.

Second Strike. J’évalue à vue de nez (et mon nez n’est pas bien long) qu’un tiers des dialogues du récit sont en Espagnol et non-traduits. Si le contexte permet aisément de comprendre la situation, cela peut être une expérience déroutante et quelque peu frustrante. Alors oui, je comprends bien le principe. Brian K. Vaughan utilise cette astuce pour nous mettre dans la peau des personnages, qui se retrouvent dans une situation similaire (Oscar ne parle pas Anglais et Liddy ne parle pas Espagnol) et arrivent malgré tout à se comprendre. Certains salueront le talent des auteurs pour cette trouvaille (Comics Grincheux, je pense à toi), d’autres resteront un peu plus dubitatifs et trouveront le rapport entre l’idée et l’inconfort trop en désavantage pour le lecteur (moi).

Third Strike : la fin, comme je l’avais évoquée ci-avant, m’a profondément déçu. La déception n’est pas telle qu’elle aura gâchée le titre, car à l’image du point précédent, je laisse le bénéfice du doute d’un parti-pris à l’auteur. La fin semble très ouverte, mettant en scène un cercle vicieux de violence entraîné par un manque de compréhension entre les gens, au sens propre (la fameuse barrière de la langue) comme au sens figuré (modes de vie, culture). Toujours est-il que cette fin m’aura laissé sur la… faim.

Mais c’est bien quand même

Brian K. Vaughan a toujours le même talent pour à la fois nous proposer des histoires divertissantes et qui nous amènent à réfléchir. On suit donc en l’espèce la survie de nos deux personnages principaux et l’évolution de leur rapports, petite leçon de tolérance dont on retiendra qu’il est difficile de juger les gens sans connaître leur histoire de vie, grande leçon de vie où la science-fiction n’est qu’un prétexte à sa mise en scène.

Et puis surtout, on retrouve Munsta Vicente et Marcos Martin au sommet de leur art. BKV se montrant fort peu dispendieux en texte dans son ouvrage, il permet aux artistes d’exprimer leur savoir faire. Ceux-ci nous démontrent leur talent narratif et de mise en scène, tant et si bien que l’on finit par oublier l’absence de dialogues ou bien le fait que les textes soient en Espagnol. Une mention toute particulière à Muntsa Vicente qui maîtrise avec brio sa palette de couleurs, nous offrant des fondus et dégradés éclatants servants avec un savoir-faire impressionnant l’immersion dans les parties SF.

Bref, Barrier demeure un bel objet aux illustrations fantastiques. Brian K. Vaughan démontre toujours ses aptitudes de maître à penser, de philosophie en bulles. Il tombe toutefois un peu dans la facilité dans ce titre, particulièrement au regard de sa faim à la fois attendue et décevante. Le parti pris de longs passages en Espagnol ne plaira pas à tout le monde, mais permet aux talentueux duo d’illustrateurs Muntsa Vicente et Marcos Martin de faire étal de l’étendue de leur savoir-faire.

 

Ils ont kiffé :

 

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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  PrimeSinister, il y a 3 semaines.

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    PrimeSinister
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    Barrier est un bel objet aux illustrations fantastiques. Oeuvre emplie d’humaniste qui tombe cependant dans la facilité avec une fin aussi attendue que décevantes. Les longs texte en Espagnol ne plairont pas à tout le monde, mais permettent aux talentueux duo d’illustrateurs d’exprimer leur savoir-faire.

    [Retrouvez l’article de primesinister à l’adresse Barrier]

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