Contro Natura – Sang Bleu
Point(s) fort(s) :
Le graphisme très joli
Point(s) faible(s) :
Des approximations dans le dessin
New-Roark est libéré de la dictature qui interdisait notamment les relations inter-espèces. Leslie et Khal peuvent vivre leur amour au grand jour. Mais des forces occultes semblent oeuvrer pour le retour de la divinité maléfique, l’Albinos. Il est du devoir de Leslie de mettre fin à leurs agissements.
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Editeur : Glénat
Ni pour ni contre, bien au contraire
Il y a des albums qu’on attend. Et d’autres qu’on oublie qu’on attendait.
Avec Contro Natura – Sang Bleu, suite du premier tome de Mirka Andolfo et Laura Bigarella, je me suis retrouvé dans un entre-deux étrange : heureux de replonger dans cet univers, mais légèrement désorienté. Comme si le temps écoulé entre les deux volumes s’était infiltré dans les planches.
Parce que oui, Contro Natura reste une proposition singulière. Un monde anthropomorphique où les instincts, les normes sociales et les désirs s’entrechoquent. Un terrain parfait pour parler d’identité, de pression collective et de liberté intime — des thématiques qu’Andolfo affectionne et qu’elle manipule avec une sensualité assumée, presque provocante, mais jamais gratuite.
Contro Natura – Sang Bleu est proposé par Glénat au prix de 20€ pour 192 pages.
Un univers toujours aussi séduisant
Ce qui frappe immédiatement, c’est le character design.
Andolfo sait créer des silhouettes. Des regards. Des postures. Ses personnages existent avant même de parler. Les choix de couleurs, les textures, la direction artistique globale : tout contribue à installer une ambiance à la fois pop, élégante et légèrement sulfureuse.
L’univers reste original, identifiable en une case. On reconnaît cette patte qui mêle douceur graphique et tension sociale sous-jacente. C’est beau. C’est séduisant. Ça fonctionne.
Mais.
Quand le dessin trahit l’émotion
Là où le premier tome m’avait convaincu par son énergie, Contro Natura – Sang Bleu m’a parfois laissé perplexe. Certaines expressions faciales m’ont semblé en décalage avec la situation dramatique. Des regards trop neutres dans des moments qui devraient exploser. Des visages presque figés alors que le scénario appelle la tension.
Et plus gênant encore : certains mouvements de corps. En effet, on retrouve des positions qui ne répondent pas à la logique physique. Mais aussi, des articulations qui semblent flotter et des gestes dont l’intention est claire, mais dont l’exécution manque de naturel.
Ce ne sont pas des erreurs grossières. Ce sont des micro-dissonances. Mais à force, elles m’ont sorti du récit. Or, dans une BD qui repose autant sur l’intime et le non-dit, la justesse corporelle est essentielle. Le corps, ici, est un langage. Et parfois, il bafouille.
La mémoire comme angle mort éditorial
Autre point frustrant : l’absence de rappel du premier volume.
Plusieurs années se sont écoulées entre les deux tomes. L’univers est dense, les dynamiques relationnelles complexes. Un court résumé, quelques pages de mise en contexte, n’auraient pas été un luxe. Au lieu de ça, on replonge brutalement dans l’intrigue, avec cette sensation de devoir recomposer mentalement des enjeux que le livre suppose encore frais.
C’est un détail éditorial, certes. Mais un détail qui compte. Parce qu’il conditionne l’immersion. Et ici, elle met du temps à se remettre en place.
Une suite imparfaite, mais pas dénuée d’intérêt
Je reste attaché à Contro Natura. Car sa manière d’utiliser le fantastique pour parler de normes sociales me parle. Parce que son esthétique demeure séduisante et son thème, audacieux.
Mais Contro Natura – Sang Bleu m’a laissé avec un léger goût d’inabouti. Comme si le projet était toujours ambitieux, toujours intéressant — mais moins maîtrisé dans son incarnation graphique et dans son accompagnement éditorial.
Bref, Contro Natura – Sang Bleu n’est pas un échec.C’est une œuvre qui vacille là où elle devrait affirmer. Et peut-être que c’est ça, au fond, le vrai paradoxe de Contro Natura : parler de pulsion et de liberté, tout en donnant parfois l’impression d’un dessin qui se retient.
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Cet avis a été rédigé à partir d’un exemplaire presse envoyé gracieusement à notre chroniqueur.



















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