American Caper tome 1
Point(s) fort(s) :
Point(s) faible(s) :
Lorsque le scénariste et directeur créatif des jeux vidéo GTA s’acoquine avec le dessinateur David Lapham (Stray Bullets), on ne peut s’attendre qu’à un résultat explosif. American Caper tome 1 nous décrit l’histoire de deux familles, les Hamilton et le père, avocat accro au jeu et les Charmers, une famille de Mormons.
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Editeur : Urban Comics
Les Trumpets de la mort
American Caper tome 1 dépeint une Amérique contemporaine gangrenée par les inégalités, la violence et les divisions politiques. Les Hamilton et les Charmers sont deux familles voisines que tout oppose et dont les destins vont se croiser. William Hamilton est un avocat raté, accro au jeu, qui sert de paillasson aux autres associés de son cabinet. Sa femme complotiste et son fils, addict aux jeux vidéo en ligne le méprisent. William fantasme sur la femme de son voisin, qui incarne, lui, la réussite.
American Caper tome 1 est proposé par les éditions Urban Comics au prix de 14.50€ pour 136 pages. La série est annoncée en 3 tomes.
American Caper
Avec American Caper, Dan Houser livre un portrait particulièrement corrosif d’une Amérique qui semble avoir sombré dans une forme d’idiocratie généralisée, où le fanatisme, la violence et la bêtise se côtoient avec une inquiétante banalité. C’est sans doute ce qui m’a le plus plu dans cet album : son ton volontairement provocateur et son regard acide sur une société américaine poussée jusqu’à la caricature. Car il faut savoir que Dan Houser est le scénariste et directeur artistique de la série de jeux vidéos GTA (vous connaissez ?).
L’univers qu’il dépeint est souvent drôle, mais surtout assez effrayant, précisément parce que cette Amérique grotesque n’est finalement pas si éloignée de certaines dérives bien réelles. Derrière l’humour noir et les situations absurdes, on retrouve une critique assez féroce de la polarisation politique, de la fascination pour les armes, du culte de la réussite et de cette tendance à transformer les fractures sociales en véritables guerres de clans. L’auteur ne cherche visiblement pas la subtilité : il appuie là où ça fait mal, parfois jusqu’à l’excès, mais cette brutalité fait aussi partie du charme du titre.
Dessinvant
En revanche, j’ai beaucoup moins accroché au dessin de David Lapham (Stray Bullets). Il correspond indéniablement au ton de l’album et accompagne parfaitement son côté outrancier, mais graphiquement, il ne m’a pas convaincu. Je le trouve trop caricatural et parfois trop imprécis. Sans pour autant aller suffisamment loin dans l’exagération pour devenir véritablement intéressant à mes yeux.
C’est finalement cette position d’entre-deux qui m’a le plus gêné : le dessin n’est ni assez réaliste pour me séduire par sa précision, ni assez déjanté et exagéré pour que son parti pris graphique devienne pleinement réjouissant. Il fonctionne avec le récit, c’est indéniable, mais je n’ai tout simplement pas été sensible à cette esthétique.
Bref, American Caper est donc une lecture que j’ai plutôt appréciée pour son écriture mordante, son humour noir et sa vision particulièrement grinçante d’une Amérique devenue aussi grotesque qu’inquiétante. Une BD qui sait faire sourire tout en laissant une sensation assez désagréable derrière elle — parce qu’on se dit parfois que cette « Amérique idiocratique » n’est peut-être pas entièrement imaginaire.
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