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Promethea par Alan Moore et J.H. Williams III Livre 1

 
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18 votants

 

Point(s) fort(s) :


Le propos fort et encore d'actualité.
Des expérimentations narratives et visuelles permanentes et servant le propos.

Point(s) faible(s) :


Des dialogues qui font parfois tâches.
Les personnages féminins, mal écrits.


 
En résumé
 

Promethea de Alan Moore et J.H. Williams III revient en rayon dans ce premier tome et c’est une franche réussite. Le récit multiplie les changements narratifs et offre une plongée complète dans la psyché d’un magicien qui devient prophète sous nos yeux ébahis.

 
Infos techniques
 

Scénario : Alan Moore
Dessin : J.H. Williams III, Charles Vess, Jose Villarubia
Encrage : Mick Gray
Couleur : Jeromy Cox, Wildstorm FX, Digital Chamaleon, Alex Sinclair, Nick Bell
Editeur :
 
Editeur VO :
 
Publié 13 décembre 2020 par

 
Dans le détail...
 
 

Par le feu, le monde naît !

Promethea est un comics de Alan Moore et J.H. Williams III que Urban Comics nous propose de redécouvrir en trois volumes. Promethea, c’est une œuvre somme pour Alan Moore qui semble faire le pont entre ses travaux comics depuis Swamp Thing jusqu’à son roman : Jérusalem, paru en 2018.

Ode au pouvoir de la fiction

Mais Promethea, c’est quoi ? Eh bien, Promethea, c’est beaucoup de choses. Une divinité qui s’incarne dans des personnages réels et fictifs. Une incarnation de la liberté, de l’amour et du mysticisme. Elle représente aussi le pouvoir de la fiction sur la réalité. C’est également une super-héroïne. Elle est beaucoup de choses et le comics suit parfaitement ce côté mouvant. La préface de Alan Moore permet de saisir les enjeux de l’histoire et l’objectif que s’est fixé l’auteur. Alors, autant le dire, si le début est classique, arrivé dans le dernier quart de l’album, il faudra vous accrocher à votre slip pour ne pas décrocher. Mélangeant différentes narrations, l’auteur explore et expérimente constamment.

Publié à la fin des années 1990, Promethea permet à Alan Moore d’offrir un reflet de cette époque où tout le monde pensait qu’un bug allait redémarrer l’univers. Par son mysticisme et son approche philosophique, l’auteur nous donne à envisager le monde autrement via différents chapitres, relevant parfois plus de l’essai philosophique dessiné que du comics. Il en ressort un récit jamais foutraque mais d’une densité qui risque bien d’en perdre plusieurs. Soyons clairs : si vous n’aimez pas Alan Moore, ce n’est pas Promethea qui vous réconciliera avec lui.

Alan Moore et Promethea = big bang mystique !

Libéré de nombreux poids éditoriaux, l’auteur britannique est libre de faire ce qu’il et c’est exactement ce qu’il fait. Promethea est avant tout un exercice de style, celui d’un auteur libre et qui amène tout ce qu’il est. Ce comics résonne comme une plongée dans l’esprit d’un des esprits les plus brillants et obscurs que l’on connaisse à l’heure actuelle. Si les expérimentations ne vous font pas peur, vous pouvez foncer. Sinon, « fuyez, pauvres fous », comme le dirait un autre magicien barbu !

Car Alan Moore aborde par le spectre mystique des travers de notre société. L’hyper-consommation, la publicité déguisée, la surabondance de l’information, ces choses que nous connaissons et que certain.e.s. cherchent à balayer sont déjà abordées par Alan Moore. Il en ressort une œuvre d’anticipation en même temps qu’un récit fantastique, dans tous les sens du terme. Car Alan Moore célèbre autant son amour du super que du fantasmagorique et de l’étrange.

Alors oui, certains dialogues m’emmerdent profondément car ils ont assurément vieilli. Aussi, à part Promethea qui, en tant que symbole, est parfaitement écrite, Alan Moore écrit toujours comme un manche les femmes. Certains dialogues font parfois tâche, tant Alan Moore veut faire jeune des années 2000 mais n’y arrive pas. Mais dans le fonds, il y a quelque chose qui nous emmène ailleurs. Les défauts deviennent donc mineurs face au travail abattu et à tout ce qu’il y a à décortiquer. Alan Moore s’y révèle en prophète mystique en même temps qu’il nous assure que la femme est certainement la seule voie d’avenir. Forcément, il y a quelque chose de paradoxal à voir un milieu si masculin et une équipe d’hommes célébrer la femme, sans s’en accompagner d’une seule.

Saluons aussi la traduction signée Jérémy Manesse. Excellente, elle parvient à éviter les nombreux pièges du texte originel et à retranscrire l’ambiance souhaitée par Alan Moore. Je pense notamment au dernier chapitre, véritable enfer pour tout traducteur, ici, magnifiquement retranscrit.

Mandale visuelle permanente !

Quant aux dessins, J.H. Williams III nous régale à chaque instant pour satisfaire les envies de Alan Moore. Comme souvent chez le scénariste, on sent une envie de pousser le dessinateur au meilleur et Promethea ne déroge pas à la règle. Le dessin est fabuleux et parvient à se réinventer constamment, pour épouser totalement la folie du script. Il y a du détail partout et de la recherche graphique permanente. Certains chapitres sont des folies narratives totales et on se régale de juste observer les planches, sans se concentrer sur le texte. Le travail abattu est monstrueux et admirable. D’ailleurs, les scripts mis en bonus permettent de se rendre compte de la somme de travail abattue par J.H. Williams III.

Bref, Promethea de Alan Moore et J.H. Williams III revient en rayon dans ce premier tome et c’est une franche réussite. Le récit est bizarre, foutraque mais conserve une cohérence admirable. Multipliant les changements, le comics est mystique et offre une plongée complète dans la psyché d’un magicien qui devient prophète sous nos yeux ébahis. Hermétique mais renversant !

 

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Comics Grinch râle beaucoup. Son origine vient de ses nombreuses grincheries envers BvS. Ayant gonflé sa petite amie avec ça, elle lui suggéra d'en parler avec d'autres. Ce fût chose faite. Vénère Grant Morrison, conchie Mark Millar.


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