Exquisites Corpses – tome 1
Point(s) fort(s) :
Point(s) faible(s) :
Exquisite Corpses – tome 1, quand James Tynion IV et Michael Walsh font leur Battle Royal. Les 13 familles les plus puissantes des Etats-Unis dirigent le pays en secret. Tous les 5 ans, elles organisent un jeu de massacre. Chacune choisit son champion, un seul survivra à la fin. La famille gagnante règnera sur le pays.
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Editeur : Urban Comics
Battle Royal version James Tynion IV
Dans Exquisite Corpses – tome 1, les familles les plus puissantes des Etats Unis, dirigeant le pays en secret, s’affrontent tous les 5 ans pour savoir laquelle aura le mandat de direction de leur comité. Mais plutôt que de se salir directement les mains, chacun embauche un champion pour affronter celui des autres familles. A la fin, il ne doit rester qu’un seul survivant. Leur arène ? Une petite ville, coupée du monde malgré elle. Et tant pis pour les dommages collatéraux !
Avec Exquisite Corpses – tome 1, James Tynion IV livre un thriller horrifique nerveux et frontal, pensé comme une série de genre au rythme soutenu, où la mise en scène hollywoodienne sert une montée en tension constante. Un récit efficace, sombre et sans fioritures, qui assume pleinement son ADN de divertissement brutal et maîtrisé.
Exquisite Corpses – tome 1 est proposé au prix de 13.90€ pour 64 pages (deux issues VO) au format souple, avec coffret pour accueillir l’ensemble de la série et poster, par les éditions Urban Comics.
Sans prétetion
Exquisite Corpses tome 1 n’a pas la prétention de te changer la vie. Et c’est précisément pour ça que ça marche.
James Tynion IV ouvre son récit comme on lance une série B un soir de fatigue mentale assumée : concept accrocheur, ambiance immédiatement lisible, mise en scène calibrée pour accrocher la rétine avant le cerveau. Dès les premières pages, tout est là : un goût prononcé pour le spectaculaire, une narration qui avance droit devant, et une volonté évidente de divertir avant de disséquer. On est loin des tourments existentiels ou des angoisses sociétales qui ont fait la réputation de l’auteur sur ses œuvres les plus marquantes. Ici, Tynion appuie sur “play”, pas sur “analyse”.
Un dessin qui accompagne juste le récit
Ce positionnement trouve un prolongement logique — presque mécanique — dans le travail graphique de Michael Walsh. Son dessin est propre, lisible, professionnel jusqu’au bout des ongles. Trop, peut-être. Walsh fait exactement ce qu’on lui demande, ni plus ni moins : un découpage efficace, une action toujours compréhensible, une mise en scène très influencée par les codes de la série télé ou du cinéma de genre contemporain. Ça fonctionne, indéniablement. Mais ça ne déborde jamais. Le trait manque de aspérité, de personnalité forte, de ce petit grain de folie qui transformerait un bon exécutant en véritable auteur graphique.
Le constat est clair : Walsh illustre Exquisite Corpses – tome 1 avec sérieux, mais sans jamais le sublimer. Les personnages sont expressifs mais interchangeables, les compositions solides mais rarement mémorables, et la violence — pourtant centrale — reste souvent trop sage dans son rendu. On ne sent pas un dessinateur qui s’approprie le récit, mais un artisan consciencieux qui suit le cahier des charges d’un produit calibré. Dans un récit qui assume son ADN de série B, c’est presque frustrant : on aurait aimé un dessin plus sale, plus excessif, plus risqué.
Du pop-corn, mais du BON pop-corn
Et pourtant, réduire Exquisite Corpses – tome1 à un simple produit pop-corn serait injuste. Car si le récit se vit comme une série B, il en épouse aussi les qualités : un sens du tempo quasi hollywoodien, une construction pensée pour le cliffhanger, et une mise en page qui fait le boulot avec une efficacité redoutable. Chaque plan, chaque transition semble conçue pour être “vue” avant d’être analysée. Le comic pense cinéma, respire cinéma, et assume pleinement ce langage sans complexe — quitte à en adopter aussi les limites.
On pourra évidemment reprocher à Tynion IV de rester en surface. Les personnages sont plus fonctionnels que réellement fouillés, les thèmes effleurés plutôt qu’explorés, et ceux qui attendent de lui une nouvelle plongée introspective à la Something is Killing the Children ou The Nice House on the Lake resteront sur leur faim. Mais est-ce vraiment ce que Exquisite Corpses – tome 1 cherche à être ? Pas sûr. Ici, l’auteur semble surtout vouloir rappeler qu’il sait aussi raconter une histoire fun, tendue, lisible, sans lourdeur conceptuelle.
Et, honnêtement, ça fait du bien.
Le comic-book, c’est aussi du divertissement
Dans un paysage comics parfois obsédé par la surenchère de sens, Exquisite Corpses – tome 1 assume d’être un divertissement de qualité. Un récit qu’on lit avec plaisir, qu’on referme sans bouleversement existentiel, mais avec ce sourire un peu coupable de celui qui a passé un très bon moment. Ce n’est pas le Tynion IV le plus ambitieux. Ce n’est pas non plus le plus marquant. Mais c’est un Tynion IV qui s’amuse — porté par un dessin efficace mais trop sage — et qui nous rappelle qu’on a aussi le droit, parfois, de poser le cerveau… sans pour autant oublier d’être exigeant.
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