Superman : les Derniers Jours de Lex Luthor
Point(s) fort(s) :
Le graphisme très joli.
Point(s) faible(s) :
Des approximations dans le dessin.
Lex Luthor est mourrant. Désespéré il demande de l’aide à son pire ennemi. Superman ne peut se résoudre à laisser mourir quelqu’un qui lui demande de l’aide, quand bien même il s’agit du mal incarné. Véritable appel à l’aide ou supercherie pour se débarrasser de l’homme d’acier ?
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Editeur : Urban Comics
Garde tes amis près de toi
Il y a des rivalités qui relèvent du folklore. Et puis il y a celles qui ressemblent à une histoire d’amour qui a mal tourné. Dans Superman : les Derniers Jours de Lex Luthor, ce dernier est mourant. Et il n’a qu’une seule demande : que Superman le sauve. Il sait parfaitement que notre bon samaritain se refusera de laisser mourir une personne lui demandeant de l’aide.
Superman : les Derniers Jours de Lex Luthor est proposé par Urban Comics au prix de 18.50€ pour 158 pages.
Le lien entre les deux antagonistes avant tout
Superman : les derniers jours de Lex Luthor, par Mark Waid et Bryan Hitch, ne parle pas d’un combat. Il parle d’un lien. D’une relation fondatrice devenue fracture. D’un passé commun que ni la cape ni le costume ne parviennent à effacer.
Dit comme ça, on pourrait croire à un high concept un peu facile. Mais Waid ne cherche jamais l’esbroufe. Il écrit ça comme on écrit une confession. Luthor n’est plus seulement l’ennemi public numéro un, il est un homme face à sa finitude. Et ce qui le ronge n’est peut-être pas la maladie, mais l’idée que son rival – son égal rêvé – lui survivra, intact, éternel.
Avec l’ambiguïté en fil rouge
La force du récit tient dans cette ambiguïté permanente : est-ce une ultime manipulation ? Une vraie demande d’aide ? Une tentative de réécriture du passé ?
Waid ne tranche pas. Il laisse respirer les silences, les regards, les souvenirs. Il rappelle que dans certaines continuités, Clark Kent et Lex Luthor ont été amis. Pas juste des opposés idéologiques. Des amis. Et cette donnée change tout. Chaque échange devient chargé d’une mélancolie presque intime.
Superman, ici, n’est pas naïf. Il est fidèle à lui-même. Il aide parce qu’il le peut. Parce qu’il le doit. Même si cela signifie tendre la main à celui qui a passé sa vie à vouloir le voir tomber. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est une ligne morale inébranlable. Et c’est précisément ce que Lex ne supporte pas.
Bryan Hitch : chirurgical
Visuellement, Bryan Hitch livre un travail d’une précision chirurgicale. On connaît son sens de l’échelle, sa manière de rendre le spectaculaire crédible. Mais ici, ce sont les visages qui frappent. Les rides de Luthor. Les micro-expressions de Superman. Les silences lourds dans des décors immenses. Hitch n’illustre pas seulement l’action – il met en scène la distance entre deux hommes qui se comprennent mieux que quiconque… et se refusent pourtant toute réconciliation.
Il y a toujours cette rigueur dans son trait, presque froide, presque clinique. Mais elle sert parfaitement le propos : on est dans une autopsie émotionnelle. Celle d’une relation morte depuis longtemps, que la fin imminente vient disséquer.
Et tes ennemis encore plus près
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est cette sensation constante de proximité et d’éloignement. Superman et Luthor sont plus proches que jamais – parce qu’ils n’ont plus rien à perdre – et en même temps irrémédiablement séparés par leur vision du monde. L’un croit en l’élévation. L’autre en la domination. L’un tend la main. L’autre serre le poing.
Et pourtant… ils se ressemblent. Intelligence hors norme. Volonté inébranlable. Besoin d’être reconnu par l’autre. C’est peut-être ça, le vrai cœur du récit : pas la haine. La reconnaissance.
Un récit intime
Superman : les derniers jours de Lex Luthor n’est pas un récit tonitruant. Ce n’est pas une saga cosmique qui redéfinit la mythologie. C’est plus intime que ça. Plus cruel aussi. C’est une histoire sur l’orgueil, le regret, et cette question terrible : que reste-t-il quand il ne reste plus de temps ?
Bref, on referme l’album avec un sentiment étrange. Pas l’excitation d’un grand affrontement. Mais la mélancolie d’avoir assisté à quelque chose de plus rare : la mise à nu d’une rivalité qui, au fond, n’a jamais cessé d’être une relation.
Et peut-être que c’est ça, le vrai drame de Lex Luthor.
Il n’a jamais voulu détruire Superman.
Il a toujours voulu être lui.
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Cet avis a été rédigé à partir d’un exemplaire presse envoyé gracieusement à notre chroniqueur.












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