Batman le Dernier Halloween
Point(s) fort(s) :
L'ambiance instillée par Jeph Loeb.
Point(s) faible(s) :
Alors que le Dynamic Duo pensait avoir résolu le mystère planant autour du tueur en série Holiday, ce dernier semble de retour à Gotham après 20 ans d’inactivité. Batman et Robin mobilisent toutes leurs ressources pour en finir une bonne fois pour toute avec le mystérieux tueur.
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Editeur : Urban Comics
Batman fait du sale, Sale faisait du Batman
Il y a toujours un moment un peu étrange quand on revient à Batman un long Halloween — comme rouvrir une vieille boîte dont on pensait avoir fait le tour, et découvrir qu’elle contenait encore autre chose. Pas forcément mieux. Pas forcément pire. Mais différent. Plus mélancolique, peut-être.
Parce que je ne suis pas, à la base, un grand amateur de super-héros. Même si mon attachement au croisé masqué demeure fanatique, avec la série animée des années 90. Mais le mythe du Super-Héros me lasse. Trop souvent engoncé dans ses propres codes, ses poses, son folklore. Cependant, il y a des exceptions. Et ce Batman le Dernier Halloween en est une — ou plutôt, une tentative d’en être une.
Batman le Dernier Halloween est proposé par Urban Comics en VF, au prix de 36€ pour 368 pages.
Un duo de légende
Avec Jeph Loeb et Tim Sale, on ne revient pas seulement à une histoire. On revient à une ambiance. À une manière de raconter Gotham comme un théâtre d’ombres, où les monstres sont autant humains que masqués. Et dès les premières pages, ce qui frappe, c’est cette sensation de crépuscule. Pas celui de la ville — celui d’une époque.
Loeb ne cherche plus vraiment à construire un mystère comme dans un long Halloween. Il en reprend les motifs, les silhouettes, les fantômes. Mais ici, le cœur n’est pas l’enquête. C’est la mémoire. Ou plutôt, l’impossibilité de s’en défaire.
Batman n’est plus seulement un détective ou un symbole. Il devient un vestige.
Et c’est là que le récit devient intéressant — et frustrant à la fois.
Batman sans Robin
Malheureusement, Tim Sale est décédé en 2022 et n’a pu réaliser que le premier chapitre du récit. C’est donc un collectif d’illustrateurs qui dessinera la suite du récit, en conservant, avec brio, l’esprit graphique du défunt.
Le coup d’œil de trop dans le rétro
Parce que Loeb écrit comme quelqu’un qui regarde en arrière. Il convoque ses propres mythes, ses propres réussites passées, presque avec une forme de nostalgie un peu appuyée. Par moments, ça touche juste : il y a une vraie mélancolie dans cette idée que Gotham a changé, que ses monstres se sont banalisés, que la peur elle-même a perdu de son sens.
Mais à d’autres moments, ça tourne à vide. Comme si le récit était prisonnier de ce qu’il évoque. Comme si revisiter le passé empêchait d’aller ailleurs.
Intime Sale
Et puis il y a Tim Sale (et ses successeurs).
Et là, forcément, quelque chose se passe.
Son trait n’a jamais été aussi fragile. Étiré. Presque spectral. Les corps sont toujours déformés, les ombres toujours dévorantes, mais il y a une forme d’usure dans le dessin — au sens noble. Comme si Gotham elle-même était en train de s’effacer sous ses pinceaux.
Chaque planche respire. Chaque silence pèse.
Là où Loeb hésite entre hommage et répétition, Sale, lui, transforme tout en élégie.
Et c’est peut-être ça, le vrai cœur du livre.
Un retour tout en modestie
Pas une nouvelle grande histoire de Batman. Pas un retour triomphal. Mais une sorte de chant du cygne involontaire. Une œuvre qui regarde derrière elle plus qu’elle n’avance, mais qui le fait avec suffisamment de sincérité — et surtout de style — pour rester touchante.
Alors oui, Batman le dernier Halloween n’a pas la puissance narrative de son aîné. Oui, il peut donner l’impression de recycler ses propres fantômes.
Mais dans ses meilleurs moments, il capte quelque chose de rare dans les comics de super-héros : la fatigue du mythe.
Et pour quelqu’un comme moi, qui regarde ce genre avec une certaine distance, c’est peut-être ce qu’il avait de plus intéressant à raconter.
Bref, on retrouve un plaisir certain à lire une nouvelle histoire de Batman par deux de ses plus grands auteurs/artistes. Mais il est difficile d’atteindre une nouvelle fois le sommet.
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Cet article a été rédigé suite à l’envoi gracieux d’un exemplaire presse à notre chroniqueur.
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