Posté il y a 6 mois par dans la catégorie Interviews
 
 

Interview des auteurs de KidZ : Aurélien Ducoudray et Jocelyn Joret

Pour la sortie de KidZ chez Glénat, Aurélien Ducoudray et Jocelyn Joret sont partis dédicacer à travers la France. Ils ont foulé la terre Amiénoise, lieu de résidence de Ginlange ! Et c’est dans la fameuse librairie picarde “Bulle en Stock” que celui-ci s’est empressé d’aller questionner les deux compères !

 

LesComics.fr : Tout d’abord comment vous êtes vous rencontrés, quand cette idée d’enfants survivant face à cette terre infestée de zombies est-elle née, en gros quelle est la genèse de ce projet ?

Aurélien Ducoudray : Joslin (alias Jocelyn Joret) est ami avec Steve (Baker) et je travaillais avec Steve justement, je connaissais le boulot de Joslin par son blog, on s’est plus ou moins reniflé pendant longtemps, mais il n’avait pas le temps. Et un jour, il me fait signe et me dit : « là j’ai une dispo de 6 mois, est-ce que tu as quelques chose ? ». Il fallait que ce soit tout de suite et je n’avais rien. Je n’avais pas le temps d’écrire un truc pour lui, par contre, j’avais KidZ dans les cartons. Je l’avais écrit il y a un bon moment, en fait au moment où Walking Dead et toute la mode des zombies est arrivée. Un ami auteur m’a dit : « elle est super bien ton histoire, mais par contre, c’est pas le moment là. Il y en a déjà partout des zombies,  jamais personne ne va te le prendre ». Donc je l’ai laissé dormir. Je lui ai proposé à ce moment là et ça c’est fait très vite, tout naturellement. Ça devait d’abord sortir chez Glénat Comics, on m’a demandé si j’avais un dessinateur et j’ai donc dit  le nom de Joslin. En 15 jours c’était lancé, c’était bien.

 

Un ami auteur m’a dit : « elle est super bien ton histoire, mais par contre c’est pas le moment là. Il y en a déjà partout des zombies,  jamais personne ne va te le prendre »

 

Aurélien n’en est pas à son coup d’essai dans la bande dessinée, mais pour toi Joslin qui vient du milieu du jeu vidéo c’est ton premier album.  D’où vient cette envie de revenir à ce médium que tu avais déjà commencé à expérimenter ?

Joslin : Moi, je suis fan de BD depuis tout petit, c’est ce que je voulais faire enfant. Puis, j’avais essayé d’en faire il y a 15 ans et ça n’a pas très bien marché. Après j’ai fait d’autres trucs mais là, j’ai eu envie d’y retourner tout naturellement en fait, au moins pour faire un album dans ma vie. Donc, je me suis lancé, et ça marche pas tant pis, si ça marche on continue, mais la motivation première était d’au moins faire un album. Pas laisser pas trop de temps car je m’étais un peu endormi (rires).

KidZ s’inscrit dans le genre du survival zombie, pourtant son ton est assez unique. C’était ton postulat de départ : partir d’un genre très apprécié actuellement au ciné comme en bande dessinée et le traiter d’une façon différente ?

A : Oui, mon envie s’est cristallisée à ce moment là, et je voulais faire les choses différemment. Car généralement, ça commence au moment de l’infection, de l’irruption des zombies, où souvent 10 000 personnes chassent deux personnages. Et moi je voulais faire le contraire, qu’il n’y aie plus de zombie. Ça commence après et là les zombies sont en infériorité. Voir comment les survivants se débrouillent avec ça, le but c’était vraiment inverser le rapport de force. Je trouvais ça marrant au début, puis au fur et à mesure c’est devenu moins marrant, car il faut quand même gérer l’après. Tes potes, tes parents sont morts, pas toujours évident à gérer, et donc c’est un peu ça, quoi. S’éloigner du zombie classique.

 

Moi je voulais faire le contraire, qu’il n’y est plus de zombie.

 

Au final un ton plus léger avec ses moments dramatiques éparses ?

A : Je ne sais pas si c’est léger, en fait.

J : Moi, je ne vois pas ça comme quelque chose de léger.

A : Ouais, ça joue plus sur les ruptures. A un moment on rigole, puis plus du tout. Parce que la vie, elle ressemble souvent à ça quoi. Moi, c’est ce que j’aime bien écrire. Ça rigole puis d’un coup, t’essaies de faire chialer un peu, moi j’ai bien ça et en terme de rythme, c’est bien plus intéressant.

Ce premier tome m’a frappé par l’absence d’adultes. Ils vont arriver dans la série ou c’est une volonté de ta part de créer une fiction où il y a uniquement ces enfants que l’on voit grandir ?

A : Mais il y en a des adultes (rires) regarde la petite dame à laquelle on arrache la tête à coup de crosse de hockey !

Mais un pas « zombiefié » en fait ?

A : Pour l’instant, non, peut être quelques-uns dans le tome 2. Mais en fait ce qui me plaisait c’était : une fois que le monde est fini, il n’y aura plus jamais rien de nouveau. Alors, au revoir les vieilles bases et autant repartir sur autre chose, sur quelque chose de nouveau. Les émissions télé, il n’y en aura plus à part la sienne (Aurélien pointe le personnage de Spielberg du bout du doigt). C’est le dernier môme qui a une caméra, ça sera la dernière émission qu’on verra. Cette émission, ça sera ses copains qui cassent la gueule aux zombies. Alors que ce qui marche le mieux en émissions maintenant, c’est une série sur les zombies. Peut être qu’il met en pratique ce qu’il voit à la télé, en fait (rire).

J : Oui ,c’est un doc !

A : C’est marrant, ça fait plein de fois qu’on me pose la question je réponds jamais pareil (rires).

 

A un moment on rigole, puis plus du tout. Parce que la vie, elle ressemble souvent à ça quoi.

 

A la lecture, je ne crois pas avoir entendu le nom de la ville où se passe cette aventure, cela ressemble à une banlieue typiquement américaine mais rien ne le confirme. C’était intentionnel de rendre ce lieu inconnu et donc universel ?

A : Ouais ! On s’en fout en fait, ça peut être en Amérique, ça peut être au Canada, en Australie ou bien à Rouen !  Dans un quartier résidentiel classique, où toutes les maisons sont pareilles. Après oui, je pense que je l’ai écrit avec les Etats-Unis en tête. Parce que les zombies, c’est là bas. Mais honnêtement, ça peut se passer n’importe où. Il n’y avait pas besoin de l’ancrer, l’endroit importait peu, ce qui m’importait c’était la relation entre les mômes. Mêmes les références, est-ce quelles sont très américaines les références ?

J : Ben moi, j’ai quand même essayé de partir au départ d’une banlieue typique du nord des Etats-Unis. J’ai essayé de réunir un peu de docs là-dessus. Donc oui, au départ, c’est ce lotissement où toutes les maisons se ressemblent.

A : De toute façon la pop culture, elle est internationale, donc les zombies aussi !

En parlant de pop culture, L’œuvre baigne aussi dans une avalanche de références, on pense à Seuls en franco belge, mais surtout à des références outre atlantique : Stand by me, Spielberg, Amblin,…  Il y avait un but de rendre hommage à toutes ces œuvres que vous affectionnez ?

A : Honnêtement, quand j’écris le truc, je ne pense pas à ça, à ce qu’il y a autour. Je pense aux personnages, c’est eux qui m’intéressent. Après oui, j’ai lu Stand by me, j’ai vu Les Goonies, donc c’est surement implicite. Mais je me pose jamais la question, est-ce que c’est pour faire référence ou pas. Je suis avec les personnages sur le moment. Après il y en a un qui s’appelle Spielberg. Oui ! C’était une référence, c’était clairement voulu. Une référence pop que tout le monde connait, surtout que ça servira à quelque chose dans le tome 2. Mais c’est pas le but de faire plein de références différentes. Comme dans Bots (dit-il en pointant Steve Baker du doigt, en train de dédicacer à coté) toutes les références, c’est Steve qui les rajoutent. Toutes les petites références c’est son truc.

Diriez-vous que KidZ est au croisement entre la bande dessinée française et le comics ?

A : Eh bien je ne sais pas… C’est une question que tu te poses toi ? (lancé à Joslin)

Car on a pu en entendre parler comme d’un croisement entre les deux, tel Il faut flinguez Ramirez…

J : Je ne me pose pas trop la question non plus, pour moi c’est le même langage. Après au début, ça devait être chez Glénat Comics donc, ça a peut être influé.

A : Moi perso, je m’en fous. Je vais dans une librairie, je vais au rayon manga, je vais au rayon BD et au rayon comics, ce qui m’intéresse c’est de lire une histoire. Le reste je m’en fous.

Ce premier tome se termine sur un cliffhanger assez haletant, tu as déjà écrit les grandes lignes de la série, combien de tomes comportera-t-elle ?

A : Normalement ça devait être en un seul tome, de 120 pages. Mais l’éditeur nous a dit, on va le couper en deux. Les commerciaux nous ont dit, on va le couper en deux (rire) du coup ça l’a transformé un petit peu ! Vraiment, un petit peu. La suite était déjà écrite, et la première histoire se boucle en deux tomes. Ça peut s’arrêter là. Après là, notre éditeur et nos commerciaux discutent, et le directeur général de Glénat nous dit : ça ne peut pas s’arrêter là (rire) !

Et donc vous en êtes où sur le tome 2 ?

J : Moi j’ai fait 4 pages (rire) !

A : Mais le story-board est complet. Ça devrait sortir à l’automne.

Hâte de lire ça ! En tout cas, un grand merci à vous deux !

A et J : Merci à toi !

 

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Ginlange est un peu comme Bruce Wayne, mais en mieux. Aimant cinéma et comics, et parfois les comics au cinéma, il essaiera de partager au mieux ses coups de cœur et coups de gueule avec vous, pour votre plus grand plaisir. Ave Lynch.