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La Tragédie du Soldat de l’hiver

 

Introduction

En y réfléchissant bien, j’ai remarqué que les meilleurs personnages sont ceux qui en ont le plus bavés, de part leurs background donc.

Pour moi personne ne correspond mieux à cela que le Sergent James Buchannan Barnes, plus communément appelé « Bucky ». En effet, le meilleur ami et frère d’arme de Steve Rogers durant la Seconde Guerre Mondiale fait partie de ces personnages au destin tragique qui crée en nous une énorme compassion.

Apparu pour la première fois au cinéma dans First Avenger, Bucky est incarné par l’acteur Sebastian Stan qui, sous ses airs de Don Juan, se révèle être un excellent acteur. Seulement si dans First Avenger, il incarne très bien le meilleur ami de Steve et membre des Commandos Hurlants, on est encore loin de ce qu’il allait incarner plus tard…

Mais nous reviendrons sur ce cher Sebastian plus tard pour nous concentrer sur le sujet principal de cet article à savoir toute la subtilité, la force et l’écriture que l’on a donné au Winter Soldier. Pour cela, petit retour sur la création du personnage.

 

Who the hell is Bucky ?

Au milieu des années 2000, le scénariste Ed Brubaker habitué aux récits d’espionnage, a pour objectif de relancer le titre Captain America et le personnage qui, depuis les événements du 11 Septembre 2001, ne constitue plus un symbole et se voit rejeter par une partie des lecteurs. La mission est donc rude mais Brubaker à une idée derrière la tête et même s’il risque de créer une controverse, il y croit jusqu’au bout et démarre donc son run (qui durera huit ans, de 2004 à 2012).

L’arc « Man Out Of Time » voit donc le retour d’un Cap flamboyant, aux prises avec HYDRA mais aussi avec un certain Lukin, propriétaire de la firme Kronas. Ce dernier a depuis peu noué une alliance avec Crâne Rouge dans le but de s’emparer de son Cube cosmique. Pour se faire, il réveille un légendaire assassin soviétique connu sous le nom de Soldat de l’hiver qui croisera la route des agents du S.H.I.E.L.D. et notamment une certaine Sharon Carter qui révélera à Steve avoir reconnu une figure de son passé : Bucky !

On apprendra par la suite que le corps sans vie et amputé d’un bras du jeune homme fut retrouver à la fin de la guerre par un sous-marin soviétique qui le reprogrammera pour en faire un super assassin tout en lui greffant un bars cybernétique gravé de l’étoile rouge communiste.

Steve arrive tout de même à faire revenir Bucky qui deviendra par la suite un personnage très important de l’univers Marvel, sans avoir empêché tout de même un certains mécontentement. En effet, certains puristes critiquèrent Brubaker d’avoir fait revenir un personnage sensé être mort depuis plus de 50 ans. Notons que son co-créateur, Jack Kirby avait un jour exprimé le souhait que le Bucky d’origine revienne d’entre les morts.

Tout est bien qui finit bien donc, Brubaker vit son travail acclamé par les lecteurs et la presse. Il continua de bosser sur Cap de 2005 à 2012, jusqu’à faire de Bucky le nouveau Cap et lui créer une relation intense avec Black Widow.

Il sera d’ailleurs un des rares scénaristes à avoir donner à Bucky une solide et bonne caractérisation en jouant sur le passé du perso (à l’aide de nombreux flash-back). Comme lorsqu’il va dédier un arc entier à la récupération du corps d’un des Invaders (Jim Hammond), qui rentrera en collision avec ses activités de Winter Soldier. Ainsi que réussir à l’incorporer dans notre présent (qui est par conséquent son futur), ce qui ne sera pas sans mal car Bucky sera vite rattraper par son passé qui l’amèneront, par exemple à être jugé pour activités terroristes. Bref, le Soldat de l’HIver devient un autre “Man Out Of Time”, comme son frère d’arme, Steve Rogers.

Au fur et à mesure de son run, il fera d’ailleurs de Bucky tour à tour un fugitif, un mythe, Captain America, un prisonnier, pour terminer sur un retour en Winter Soldier, de toute beauté.

 

It’s a ghost story…

Pour les scénaristes du MCU, il y a donc de quoi faire avec ce cher Bucky qui, dans First Avenger chute du train de Arnim Zola lors d’une mission pour récupérer le savant. Un événement qui marquera fortement Steve Rogers qui, comme dans les comics, considérera cela comme un échec et une trahison envers son ami.

Pour les fans des comics, il est certain que Barnes reviendra sous les traits du Winter Soldier dans le second film consacré à Captain America. De plus, il est montré dans le premier film Captain America que Bucky et son unité ont subi quelques modifications avant que Steve ne vienne les sauver. Il ne reste plus qu’a voir comment il sera introduit et quel sera son statut. En effet, la principale caractéristique du Winter Soldier est qu’il soit autant une menace physique que psychologique pour Steve qui se retrouve devant son meilleur ami et l’une des rares personnes pouvant le raccrocher à son passé.

Courant 2012, on apprend que le film Captain America 2 sera sous-titré « The Winter Soldier » et qu’une partie de l’histoire reprendra l’arc de Ed Brubaker. Tout est fin prêt ! Il ne reste plus qu’à voir ce que le MCU fera de cet histoire acclamée et de ce personnage attendu au tournant.

Que dire si ce n’est que le Winter Soldier est l’un des personnages les mieux écrits et traités du Marvel Cinematic Universe !

 

Winter is coming…

Tout d’abord, il est important de souligner l’aspect général du personnage et plus particulièrement son physique. Bien que je ne sois pas un spécialiste dans le domaine, en terme d’adaptation visuelle du personnage de comics au film, le travail fait est vraiment grandiose. L’aspect fantomatique et imposant lui offrant une certaine mobilité pour les combats est vraiment bien retranscrite. On est la fois éloignés mais aussi tellement proche du travail visuel de Steve Epting.

Son armure de combat, notamment ses bottes et gants datés des années 80 marque bien son rattachement à l’URSS et son surnom de “Soldat de l’hiver”. Pour moi, son apparence fait partie des plus belles choses que le MCU ait offert en tant qu’adaptation. Pour un fan de Steve Epting, qui à dessiné le personnage à l’origine, ça veut dire beaucoup !

 

 

Au niveau des bruitages également, le travail est une réussite. Le bruit si particulier du bras métallique de Barnes est vite devenu célèbre, voire fascinant pour certains sur le net. Par ailleurs, le tout rend d’ailleurs l’existence de ce bras plus que crédible. Visuellement, on est donc bons, le personnage connaît une très bonne adaptation visuelle et l’on ressent l’écart de la version de base, tout en restant un tant soit peu fidèle.

Mais au final qu’est ce qu’il a de si particulier ce personnage ? Pourquoi je vous en parle ? Eh bien, tout simplement car son histoire et son écriture sont bien plus sombres que ce que vous pouvez imaginez !

 

HYDRA’s New Fist

Mais tout d’abord, une petite question : pour vous, Bucky est-il le vilain de « Winter Soldier » ?

Si oui alors selon moi, vous devriez revoir la définition d’un méchant. Sans me montrer hautain, je n’ai en effet jamais compris pourquoi Bucky a été vu comme le vilain du second volet des aventures du Captain. Par définition, être un vilain ou être l’auteur d’actions répréhensibles implique une motivation personnelle, un choix, une autonomie et à moins que vous ne soyez aveugles, Barnes n’en a aucune. Autrefois prisonnier de guerre, il a été soumis à une obéissance absolue de la part de HYDRA. Si l’on devait calculer le tout, le niveau de violences physiques et psychologiques qu’il a subi est absolument déchirant. En effet, toutes ces années de torture ont laissé un impact sur le personnage et probablement sur le spectateur. Ainsi, il faut essayer de comprendre que depuis sa chute du train, Bucky n’est rien d’autre que la marionnette d’HYDRA, il est un outil ayant la même utilité que les armes à feu utilisées par les équipes du STRIKE. Pour comprendre toutes les facettes du personnage, on doit également revenir sur ce qu’il était avant et qui a, par conséquent, été supprimé.

Un ami, un soldat, un homme loyal, un idéaliste voilà ce que Bucky fut durant les années 40. Il était en terme de compassion et de courage, l’égal de Steve et aurait très bien passer le projet RENAISSANCE. Contrairement à ce que beaucoup ont pu penser, Bucky était merveilleusement bien traité durant First Avenger, mais bien évidemment tout cela était amené à être brisé, détruit, réduit en cendre à partir du moment où il a chuté du train à l’hiver 1945.

Selon moi, un parallèle intéressant peut être fait avec le Bucky d’origine. Dans les comics, Bucky est un jeune homme, fils de soldat qui, après avoir vu Steve Rogers se changer en Captain America, s’entraînera avec lui afin de devenir son sideckick. Sa mort, en plus d’avoir marqué Cap, se verra être un message des auteurs pour montrer que non, il ne fait pas toujours bon jouer les héros. Dès lors, Bucky passera les cinquante prochaines années à être un regret avant de revenir en 2005.

Dans les films, la relation fraternelle entre Steve et Bucky rend sa mort tragique mais ici mais ici dans l’écriture que lui donne les cénaristes du MCU, c’est Bucky qui assume le rôle de moteur et d’inspiration auprès de Steve. On peut donc en déduire que le changement fut certainement fait afin de ne pas choquer les spectateurs avec la mort, puis torture, d’un ado, encore une fois une excellente idée (et logique). Ainsi, le Bucky du Marvel Cinematic Universe fut considéré comme « KIA » (Killed In Action) par son entourage et tout laisse penser à une mort héroïque, qui lui vaudra d’ailleurs une place de choix au musée consacré aux exploits et à l’histoire du Captain.

Comme dit plus tôt les expérimentations faites sur son corps en 1943 l’ont (malheureusement) aidé à survivre à sa chute, l’horreur pouvait donc débuter !

 

 

Une arme de destruction

De sa première apparition jusqu’à la chute de son masque, le Winter Soldier est incroyable dans sa férocité, implacable et monstrueux. Il est le « fléau » d’HYDRA et il suit le groupe de Steve avec tellement d’intensité et d’énergie qu’il s’affiche comme une menace silencieuse pouvant apparaître à tout moment, ce qui est renforcé par son mythique thème musical.

Je ne sais pas comment l’expliquer mais chaque fois que j’entends cette musique, j’ai des frissons !

A une époque, certains ont affirmé que les cris que l’on entendait étaient ceux des nombreuses victimes du Soldat, tandis que d’autres l’ont pris comme le cri de Bucky lors de sa chute du train. Finalement, que ce soit l’un ou l’autre (ce qui n’a pas été avéré), je pense que ces sons terrifiants se produisent constamment dans l’esprit du Soldat de l’hiver. Evidemment, au-delà de la machine, il y a l’homme, le vétéran, l’ami et ces bruits ont dû hanté Bucky entre The Winter Soldier et Civil War. Le thème composé par Henry Jackman peut aussi être vu comme le cri de Bucky lui même souhaitant sortir du corps du Winter Soldier.

Là aussi, c’est un point fort vis a vis des comics, les OST ajoutent généralement de l’identité et de la densité au personnage qu’ils représentent. Si vous n’en avez pas conscience je vous invite à écouter et à regarder chaque moment où la musique démarre dans Winter Solider ou sa suite.

C’est donc un gros plus pour moi dans la mise en scène de la tragédie du Soldat de l’hiver !

 

Autopsie d’une torture

Lavage de cerveau, assassinat, cryogénisation allait donc devenir le quotidien du pauvre Bucky qui perdit tout : son nom, son corps, son honneur, ses amis et, plus généralement : sa vie.

HYDRA devait être sûr que Bucky Barnes leur reste loyal. Voilà pourquoi, il subit de multiple séances de privation sensorielle et à des dizaines de séances de thérapie électrique servant à lui implanter des envies de meurtres et lui retirer tout ce qui nous caractérise en tant qu’humain. Ces séances d’électrochoc ont donc causés de multiples scissures dans son cerveau causant des pertes de mémoires sur le long termes. HYDRA était certainement au courant de sa réelle identité, le but était donc de briser tout ce qui pouvait le ramener à la raison, ce que l’on appelle en anglais des « triggers ». A partir du moment où l’on sait cela, on peut en déduire que chacune des victimes du Winter Soldier tuaient deux personnes : la victime et l’assassin. En effet, un meurtre sera amené à impacter le mental de Bucky par le suite et à encore plus balayer son humanité.

Entre Winter Soldier et Civil War, il est clair que Bucky à souffert de traumatismes énormes, entre les multiples souvenirs qui ont resurgi, la douleur mentale et les regrets, Barnes a certainement été victime de démence durant cette période.

Un exemple très clair de cette soumission est visible dans Winter Soldier lorsque Pierce le gifle Bucky et que celui-ci ne fait rien. On parle du meilleur assassin du monde capable de tuer un humain de 50 manières différentes rien qu’avec ses mains et il se contente de rester passif. Le degré de soumission est à ce point extrême et total, on bascule alors clairement dans un autre type de personnage, pas un « anti-héros » mais une victime. Preuve supplémentaire que Bucky Barnes n’est pas un méchant mais un outil au service de l’HYDRA.

Dans Civil War, par exemple lorsque Zemo s’apprête à le réactiver, on peut lire une peur intense dans les yeux de Bucky Barnes. Des détails plus subtils sont d’ailleurs présents au début de Winter Soldier, comme lors de l’assassinat de Fury. Osez me dire que dans ces yeux on ne ressent pas un mélange de peur, tristesse et violence mais aussi une grosse part de vide !

 

© Marvel 2005

 

Et les comics dans tout ça ?

Jusqu’ici, j’ai énormément parler du MCU et trop peu des comics, mais rassurez-vous car comme je l’ai dit au début de cet article, Ed Brubaker est le scénariste qui a ravivé Bucky et a, selon moi, écrit la plus tragique mais aussi la plus belle partie de sa vie.

Ed Brubaker est un grand fan de Bucky et des sideckicks, en général. Cela donne a tout son run sur Captain America un aspect lettre d’amour envers le personnage. Il ne fait pas seulement de lui un nouveau personnage, il épaissit le background de Bucky, lui créé de nouvelles relations avec les personnages, joue avec son héritage et le rend par moment plus intéressant que le Cap lui-même.

On peut noter par exemple que la mémoire de Bucky lui soit rendu plus difficilement dans les comics, qu’il ne dispose pas du sérum de Super-Soldat ou même que son histoire en tant que Winter Soldier soit lié à d’autres (comme Natasha, alias Black Widow).

Le MCU a ses règles qui impactent en conséquence les personnages. Bucky a subi des modifications qui s’ajoute à merveille à la mythologie du Marvel Cinematic Universe qui ne marcherait pas forcément dans les comics et inversement. On se retrouve donc avec deux personnages ayant chacun des similitudes fortes mais qui parviennent à exister de manière indépendante dans leur médium respectif.

Un personnage est influencé par le contexte dans lequel il est créé ou apparaît, donc il est normal qu’à la suite de cet article vous soyez soit attiré par le Bucky du MCU ou par celui des comics, cela dépend de vos goûts et de ce que vous voulez voir ou retenir d’un personnage.

On peut donc en déduire que quelque soit le médium, Bucky fût un personnage très bien traité. Certes, il a connu plusieurs modifications à l’issue du film, First Avenger. Pourtant, elles ont réussi à le faire évoluer sur les deux terrains et à lui créer sa propre identité, dans le MCU et le comics.

 

On conclut ?

Pour terminer, ce qui m’a toujours interrogé, c’est qu’avec tout ce qu’il a enduré comment le Winter Soldier était-il en état de fonctionner ? Comment ne pouvait-il pas tout simplement se briser en milles morceaux ? Bien qu’il ne serve pas à cela de base, je pense que Bucky représente un lot énorme de troubles mentaux, sorte de métaphore vivante et critique de la guerre et de ce que subissent les soldats. Ce qui fait d’autant plus mal, c’est que même en sachant tout cela personne ne voyait en Bucky Barnes autre chose qu’une arme de destruction massive, personne sauf Steve.

Voilà pour finir la tragédie Bucky Barnes, un homme forcé à tout oublier, à tuer, à subir et être abusé. Je vais donc conclure en comparant le Soldat/Bucky à Banner/Hulk, deux esprits, deux personnes dans le corps d’une seule qui resteront à jamais en conflit.

Merci d’avoir lu !

 

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Un jour j'ai découvert Superman j'ai aimé les comics. Un autre j'ai découvert Bucky j'ai dévorer les comics. Un dernier j'ai rencontré LesComics.fr depuis, je parle des comics.