[Review] Scalped Intégrale 1

A s’arracher les cheveux !

Dashiell Bad Horse a quitté la réserve indienne où il a grandi depuis de nombreuses années. Mais le destin faisant son oeuvre, il y retourne et retrouve une communauté rongée par la criminalité, la drogue et les guerres de territoires. Au milieu de ce chaos, qui deviendra-t-il ?

Scalped Intégrale 1
Histoire : Jason Aaron
Illustrations : R.M. Guéra
Couleur : Lee Loughridge, Giula Brusco
Contient les épisodes Scalped #1-11
Publié par Urban Comics




L’avis de Comics Grincheux :

Scalped fait partie de ces séries cultes de Vertigo qu’on oublie parfois un peu trop facilement. Ma fascination pour les polars noirs, les amérindiens et Jason Aaron m’ont fait plonger aveuglément dans cette histoire dure, brutale et violente.

On suit le personnage de Dashiell Bad Horse qui revient après des années passées loin de la réserve indienne qui l’a vu naître. Avec lui, on va découvrir un microcosme social qui s’agite violemment pour survivre et affirmer sa place dans une Amérique qui continue de rejeter le peuple amérindien après l’avoir dépossédé totalement. On découvre la galaxie des personnages qui vont devenir des habituels du récit et le tout se fait avec une fluidité impeccable qui montre déjà tout le talent de l’auteur. On sent dans ce début de série une volonté de raconter non pas ce que les Amérindiens ont subi mais d’expliquer les origines de la violence de la société américaine à travers ceux qui ont été dépouillé par les colons. Bien entendu, la situation de ce peuple spolié sera mise en avant et servira le récit mais ce n’est pas que ça. Autant le dire, le récit est cru, ne prend pas de gants et montre les choses, entre la drogue, le sexe et les règlements de compte.

Les quatre arcs contenus dans cette première intégrale servent donc de véritable introduction au récit et à son univers. Le dernier arc proposera par ailleurs un chapitre centré sur un personnage et qui va permettre dès le départ de le développer afin qu’on ne soit pas influencé par les déclarations des différents protagonistes. Ici, presque tout le monde est pourri, tout le monde a un gros problème, à commencer par Dashiell qui est en conflit avec sa mère et revient dans cette réserve en suscitant les interrogations de tout le monde. Le mystère sera levé assez tôt et il permettra de montrer ce que Jason Aaron veut faire de son intrigue. Par ailleurs, il utilise très bien la mythologie indienne, les symboliques qu’elle convoque et il sait démonter les clichés sur eux. Chaque personnage est incarné, vivant et profond et on peut tout de suite faire le tri entre ceux qui vont nous gonfler et ceux qu’on aime. Evidemment, on est dans du polar noir donc, les bas instincts de tous sont convoqués.

Mais c’est justement ce qui fait le sel du récit. Dès cette première intégrale, on sent le discours social en toile de fond et on sent aussi les thèmes récurrents de l’auteur (à quand un Question de Style, nom de Zeus ?!) avec le questionnement sur la violence comme je le disais mais aussi la manipulation ainsi que le déterminisme, sûrement le thème le plus cher à Jason Aaron. Tout se fait avec force et fracas pour raconter des histoires de vengeances, de haine et d’amour avec des individus très humains et aux psychés très bien brossés. Les dialogues sont ciselés, le langage fleuri fuse, les dents sont arrachés et les faciès abîmés. Lecteurs non-avertis, s’abstenir !

Il faut évidemment parler des dessins parce que R.M. Guéra a un sens du découpage très affirmé. Que ce soit les dialogues ou les scènes d’action, les cases sont millimétrées et découpées au poil pour une immersion totale. Le tout baigne dans une ambiance noire (évidemment) avec un encrage très fortement prononcé, ce qui déplaira à certains mais ce focus fait ressortir les visages burinés.

Scalped est une grosse frappe dans la gueule ! Intense, dure, sans concession, le récit est noir comme l’univers dans lequel il baigne et sans filtre. Il vous plonge dans un univers sale et vous fait ressentir tout ce qu’il y a de pire chez l’être humain, tout en proposant un discours intelligent sur les origines de la violence. C’est sublimé par des dessins qui accentuent le script sans jamais rien forcé. Bref, une grosse bombe !

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Comics Grincheux, Nos chroniques
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