[Review] La Panthère Noire Tome 3

“La Nation vit”

La révolte continue au Wakanda, toujours fomenté par Tetu et Zenzi selon les préceptes du philosophe Changamire. T’Challa va recevoir une aide inattendue pour tenter de ramener la paix dans son pays et retrouver le sens du mot “souverain”.

La Panthère Noire : Une Nation en marche (III)
Histoire : Ta-Nehisi Coates
Dessin: Brian Stelfreeze et Chris Sprouse
Encrage : Karl Story, Goran Sudzuka, Walden Wong, Roberto Poggi et Scott Hanna
Couleurs : Laura Martin, Matt Milla, Larry Molinar, Rachelle Rosenberg et Paul Mounts
Contient les épisodes Black Panther Vol. 6, #9-12
Publié par Panini Comics France




L’avis de Comics Grincheux :

Voilà la conclusion du premier arc de la dernière série en date focalisé sur la Panthère Noire (ou Black Panther pour les anglophones). Oui, au bout de trois tomes, le premier arc se termine, douze numéros qui auront permis à Ta-Nehisi Coates d’affirmer son propos et sa vision de T’Challa et du Wakanda. Cette chronique fera un bilan du premier arc mais vous pouvez trouver la chronique du premier tome, ici.

Si vous ne connaissez pas le nom de l’auteur, ça peut être normal puisqu’il est surtout connu pour ses essais sur la communauté afro-américaine et la civilisation noire. A croire que le personnage lui était destiné. Mais pour autant, il est aussi un grand fan du personnage et quelques connaissances seront nécessaires pour bien appréhender les débuts de ce run très riche.

Ta-Nehisi Coates va ainsi puiser dans les récents événements survenus au Wakanda, que ce soit dans Avengers Vs X-Men ou encore Infinity pour mettre en place un postulat de départ où le pays est en proie à la guerre civile. Cette guerre civile trouve ici son achèvement. L’auteur va en profiter pour faire un récit aux ramifications politiques passionnantes, puisant dans la science politique, la théorie de l’Etat et la philosophie du droit. Autant le dire tout de suite, si vous commencez déjà à piquer du nez à l’énonciation de tels sujets, vous pouvez vous dire que ce récit n’est pas fait pour vous. Sans jamais être élitiste ou condescendant, le comics devient presque un essai sur ce qu’est un souverain éclairé, sur les dérives des discours révolutionnaires, sur le populisme mais aussi et surtout sur ce qu’est une Nation.

Le tout est dense, en témoigne la longueur du premier arc mais véritablement passionnant et surtout d’une actualité phénoménale. L’auteur ne fait pas de compromis et va critiquer les agissements de T’Challa, plus occupé à jouer les super-héros qu’à gouverner son pays et s’occuper de son peuple. Le personnage va devoir se redécouvrir et ce troisième tome constitue un aboutissement dans cette réflexion, comprenant enfin qui il doit être et surtout ce qu’il doit incarner. La Panthère Noire est remise en lien direct avec son pays, ce que bon nombre d’auteurs a eu tendance à oublier. Ainsi, le héros va devoir prouver à son peuple qu’il est encore digne de confiance alors que la crise se profile parmi son peuple et parmi ses soldats.

Le tome n’oublie pas non plus de continuer à développer les deux Dora Milaje, Ayo et Aneka, deux femmes passionnantes à suivre parce qu’elles reflètent l’était d’esprit du citoyen révolté et en colère, se sentant trahi par leur Roi. Elles ont commis des actes jusqu’au boutistes dans les tomes précédents, notamment avec l’alliance formée avec les deux méchants et ce tome met un point final à cette intrigue en les confrontant à Shuri, notamment.

Au final, pendant ce premier arc, Ta-Nehisi Coates n’aura eu de cesse d’opposer et de confronter les idéaux révolutionnaires d’un peuple en manque de reconnaissance à ceux qui en profitent pour alimenter les flammes de la colère sans autre but que de prendre le pouvoir et imposer une tyrannie. Ce troisième tome ajoutera un aspect spirituel, permettant de prendre du recul et de saisir le concept de Nation, donnant tout son sens au titre original de l’arc “A Nation under our feet” ou “Une Nation sous nos pieds“. Le Wakanda devient une métaphore destinée à mettre en avant la richesse de la culture de la civilisation africaine.

Néanmoins, ce concert de louanges doit être tempéré à cause de dessins parfois jolis mais souvent moyens. Lorsque Brian Stelfreeze est aux crayons, c’est très agréable. néanmoins, le combat final confine au cheap avec une dizaine de personnages impliqués dans une baston moyennement mise en case et écrite. Cela démontre clairement que la série est une série de réflexion et non d’action, Ta-Nehisi Coates devant se démontrer assez vague dans son script et laissant le dessinateur faire ce qu’il peut. De son côté, Chris Sprouse tente de singer le style de Stelfreeze mais l’encrage irrégulier donne un aspect assez imprécis à l’ensemble. Au final, le dessin est relativement plat et fade et ne permet pas de mettre en valeur les dialogues ciselés.

En bref, la conclusion de ce premier arc est une vraie réussite sur le plan scénaristique. Interrogeant sur ce qu’est une Nation ainsi que le rôle d’un souverain pour regagner la confiance d’un peuple, le récit est dense mais passionnant pour peu qu’on soit intéressé par ces questions. Malheureusement, les dessins sont assez fades et plats.

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Comics Grincheux, Nos chroniques
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