[Review] Justice League

La ligue de supplice !

Justice LeagueSynopsis :

Batman et Wonder Woman doivent réunir une équipe de super-héros afin de lutter contre une invasion. Aquaman, Flash et Cyborg vont leur venir en aide pour sauver le monde !

Réalisation : Zack Snyder
Scénario : Zack Snyder, Chris Terrio et Joss Whedon
Avec : Ben Affleck, Ray Fisher, Gal Gadot, Ezra Miller et Jason Momoa.
D'après : Justice League, publié par DC Comics et Urban Comics, en France.

Sortie le 15 novembre 2017





L’avis de Comics Grincheux :

Justice League, cette équipe composée des meilleurs super-héros du monde ! Quand j’ai découvert le groupe, j’avais dix ans et c’était grâce au dessin animé produit par Bruce Timm. Depuis ce jour, j’attends qu’un réalisateur puisse l’adapter au cinéma et forcément, l’annonce du film par Warner Bros, il y a quelques temps maintenant, m’avait donné la trique ! Les toutes premières photos et surtout ce gros trailer de la San Diego Comic Con, en forme de note d’intention, m’avait donné envie. Idem pour les retours issus des journalistes invités sur le tournage et parus il y a un peu plus d’un an. Mais, les dernières bande-annonces avaient réduit ma hype et mon envie au niveau de l’encéphalogramme plat. Le film a-t-il réussi à me donner tort ? Verdict !

 

Un spectacle d’épouvante visuelle.

Le film commence bien avec une séquence aux plans léchés et plutôt bien construits. Surtout, le générique, comme souvent chez Zack Snyder est une petite merveille, aux plans travaillés et très souvent iconiques. Malheureusement pour nous, ça ne va pas durer ! Dès la fin du générique, on retombe sur des fonds verts immondes, donnant dans le vomi visuel. Ça bave, ce n’est pas propre, en gros, ça ressemble au final de Batman V Superman ou à celui de Wonder Woman ! Mais ce qui choque encore plus, c’est la photographie qui a perdu toute vie. Les couleurs sont fades, rien ne tranche. Chez Zack Snyder, les noirs sont toujours hyper profonds et les teintes rouges accentuées. Ici, ce n’est pas le cas, la faute, peut-être, aux reshoots et à la reprise en main par Joss Whedon du film. Finalement, c’est là que le bât blesse le plus. On sent que le réalisateur qui devait être le guide du DCEU a été éjecté et qu’on lui a donné des consignes très précises pour alléger sa mise en scène. Oubliez les ralentis-accélérations, les plans iconiques ou chargés en symbolisme parfois lourds. Tout ça a été viré pour coïncider avec le style fade et sans aucune personnalité de Joss Whedon.

Après, tout n’est pas à jeter sur un strict plan visuel, la séquence en Atlantide est réussie même si beaucoup trop courte. L’effet aquatique est bon et surtout Zack Snyder semble s’être éclaté. Idem pour la représentation de la force véloce qui nous change de la série TV, Flash, et où un réalisateur avec des idées s’est vraiment fait plaisir. Mais c’est tout ce qu’il y aura à retenir. Le reste est lisse, fade, terminé avec des effets spéciaux indignes d’un film avec une telle attente et surtout, la proposition artistique d’un réalisateur qui avait des choses à démontrer a été piétinée. D’ailleurs, pour vous amuser, comparez les premiers trailers et les derniers. Littéralement, c’est le jour et la nuit ! Ce sera encore pire si on s’amuse (ironie inside) à enchaîner Man of Steel, BvS et Justice League. Chaque film détruisant encore plus les ambitions artistiques de leur réalisateur que le précédent. Triste !

des nullos en armure

Un scénario simpliste mené par un groupe de nullos.

Vous trouviez que Batman était un détective de merde dans Batman V Superman ? Eh bien, il ne s’est pas entouré de génies cette fois non plus, malgré le QI supposément élevé de Barry !

Les personnages sont tous cons, de A à Z. ils foncent bêtement dans le tas et surtout, Aquaman ne sert strictement à rien ! Pourquoi intégrer ce personnage si c’est pour l’introduire aux néophytes de cette façon ? Aquaman, dans le DCEU, c’est un gros beauf ! Son tiraillement entre les océans et la surface est à peine évoqué puisque les scénaristes préfèrent le voir faire des blagues débiles et arriver comme une deus ex machina au meilleur moment… Les fans seront ravis du résultat !

Par contre, s’il y en a un qui risque de surprendre, c’est Cyborg. Le personnage, en tant que tel est nul parce que pas développé mais il sert à quelque chose dans l’histoire globale. Barry Allen est plutôt une bonne surprise, même si je pense que mon attrait pour lui tient plus au talent de Ezra Miller qu’à la qualité de l’écriture du personnage qui reste assez lisse et parfois étrange. Il est asocial, débutant et bourré de névroses mais finalement, ça ne servira jamais à lui donner de la profondeur mais plutôt à le mettre dans des situations parfois embarrassantes.

Wonder Woman est, comme dans son film, le pilier, remplaçant un Batman incarné par un Ben Affleck qu’on sent au bout du rouleau. Elle est le porte-étendard de l’espoir permanent et continu. Batman est lui aussi devenu fade, passant du statut de taré fasciste à celui de bisounours à cause de la culpabilité. Il aura l’idée du pire plan du monde, que tout le monde souhaitera suivre, sauf Diana.

groupe de débiles

Ensuite, le film sent la réécriture expresse à pleines doses, insérant des séquences vides, censés montrer l’alchimie entre les membres de l’équipe à travers des dialogues OSEF. Sauf que cette alchimie est déjà démontrée en combat, puisque chacun des membres sert à quelque chose (sauf, Aquaman) et se réfère à un autre pour savoir où et quand agir. De plus, les acteurs semblent vraiment former un groupe soudé, sauf Ben Affleck qui semble parfois ne pas savoir quoi faire. Bref, les séquences de dialogues ne servent à rien et elles auraient pu être remplacées par des scènes approfondissant des aspects de la mythologie. De plus, la moitié des blagues tombent à l’eau, soit par manque de qualité, soit par manque de tact, en étant placées au mauvais endroit. Au final, on a le sentiment que deux visions antagonistes se sont succédés, entre celle de Zack Snyder et celle de Joss Whedon. Deux visions qui n’auraient jamais dû s’assembler et qui ne fonctionnent jamais ensemble.

Puis, concernant le méchant, dont je tairai le nom pour ceux qui veulent conserver la surprise, il est totalement vide. Générique, que ce soit dans son aspect ou ses intentions, il est une source d’incohérences totales, en mode YOLO. Pire, jamais, il ne sera terrifiant, jamais, il ne sera une source de danger véritable et jamais il ne permettra au film de plonger dans l’épique.

Parce qu’à part une séquence située dans le passé et bourré de caméos, le film ne parviendra jamais à avoir de l’ampleur. Tout se passe dans des endroits confinés, étroits, comme si le film avait été tourné en Roumanie. Alors que la menace aurait pu avoir un minimum de portée globale, tout va se limiter à une petite zone géographique, détruisant toute l’ambition cinématographique et cataclysmique de l’œuvre.

 

Bref, Justice League est une déception assez amère et la démonstration finale que Warner Bros ne sait pas quoi faire avec le matériau dont il dispose. D’une richesse inouïe et faisant appel à des pans assez déments de l’univers DC, le film respectera son cahier des charges à la lettre, sans vouloir en faire plus. Pire, il est la preuve du sacrifice d’un réalisateur qui s’est fait saccagé son œuvre pour répondre à des ambitions de production d’une incroyable faiblesse.

La note de Comics Grincheux : 




L’avis de Matt :

Justice League est un film que j’attendais et qui m’effrayait.
Je l’attendais car, pour moi, la J.L. est l’équipe qui rassemble les plus grands super-héros, les plus puissants, les plus connus et les plus charismatiques.
J’étais effrayé car, pour moi, tous les voyants étaient au rouge pour peu qu’on ai suivi le développement de la production du film et que je ne voulais pas voir un mauvais film.

Ca commence assez bien.

Le début du film est fait de plans léchés à la Snyder (celui de Watchmen et Sucker Punch, pas l’autre de BvS…). Pourtant, rapidement, les scènes d’expositions un peu gauche arrivent et le film patauge dans des éléments de mise en scène grotesques.
En fait, ce film aurait été parfait il y a 20 ans. Warner Bros produit des films comme elle l’a toujours fait. Une menace qui menace, un ou des héros qui s’interpose, bagarre, victoire du bien sur le mal. Inutile de développer les héros ou les méchants, le spectateur s’en fout. Il veut juste une bagarre.
Dans les années 80, on était polis. On allait voir un film, la trame était toujours la même et on sortait du cinéma. Le temps est passé, la narration a évolué, les méthodes Warner sont restées.

Le film est aussi caricatural que Les Tuches à bien des égards. Si t’as pas compris que Aquaman est badass, tu le vois au ralenti boire une bouteille de whisky cul sec avant d’éclater la bouteille sur une digue. C’est par très écolo tout ça, Arthur. Jeter des bouts de verre dans la mer quand on est Aquaman, t’es sûr de toi ?
Sans spoiler, la création de l’équipe et le la caractérisation des personnages est pleine de choses qui ne collent pas. La subtilité prend une grande claque dans sa tronche, le même genre de claque que j’aimerai foutre dans la tronche de Flash, personnage exaspérant.

Pour ne pas perdre de temps, je vous propose de ne même pas aborder les costumes et le look des personnages.
En revanche, le commissaire Gordon c’est une blague ?

Après, le film n’est pas désagréable. Il n’est juste pas à la hauteur de ses personnages.
Il n’y a pas vraiment d’enjeux, pas vraiment de surprise, pas vraiment de tension. On aligne des plans sans logique juste parce que ça fait bien à l’écran.
Bruce Wayne qui traverse un désert de glace pour aller d’un point A à un point B. Bruce, tu n’as plus d’hélico ou de moto-neige ?
Flash est entouré d’électricité quand il démarre. Barry, si tu démarres dans une forêt, tu fous le feu à tout ce qu’il y a autour ?
Une famille empêche les méchants de rentrer dans sa maison en mettant une étagère Ikea contre une fenêtre et ça doit être important car le film revient souvent sur ces personnages.

Malgré tout, il y a des plans sympa.
Une séquence reprenant des événements du passé est par exemple tout à fait épique mais au delà de ça, j’ai eu l’impression de voir des gens connus jouer à carnaval.
Si on ajoute que les drop d’humour qui n’ont rien a faire là et le fait que le film propose une scène post-gen, on a la démonstration de ce que peut produire un studio qui ne comprend pas ses personnages et leurs fans, qui pond des films comme ils le font depuis 20 ans et qui regarde trop la concurrence au lieu d’innover.

Cher monsieur Warner, ce qu’on reproche à ton DCEU ce n’est pas qu’il soit sombre ou qu’il manque d’humour. Ce qu’on lui reproche, c’est qu’il est écrit avec le cul.
Bisous. 
-Matt-

Justice League est un film d’un autre temps. Rien n’est attachant, surprenant ou exaltant là dedans. C’est un film d’action parmi tant d’autre qui ne profite pas des personnages qu’il met en scène. Ni vraiment nul, ni réussi, il ne mérite rien de plus qu’un visionnage en pijama à la maison devant une assiette de nouilles.

La note de Matt : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Commentaires
Categories Comics Grincheux, Films, Nos chroniques
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