[Review] Wayward tome 1

そして、バフィーは日本に行っていた場合はどうなりますか?

La couverture de Wayward publié par Glénat ComicsAprès le divorce de ses parents, Rori Lane a été confiée à la garde de son père en Irlande.
Mais voila, elle vient de choisir de rejoindre sa mère repartie vivre dans un pays que Rori va découvrir : le Japon.

Au détour d’une ruelle, elle est victime d’une tentative d’agression de la part de loubards qui vont se révéler être des tortues humanoïdes. Elle sera sauvée par une ado particulière féline. Ensemble, les jeunes filles vont découvrir un Japon mystérieux plein de créatures et de super-pouvoirs.

Wayward tome 1
Histoire : Jim Zub
Illustrations : Steve Cummings
Contient les épisodes Wayward 1 à 5
Publié par Glénat Comics

L’avis de Matt :

Wayward met en scène la découverte d’un monde inconnu par une ado qui a choisi de s’émanciper. Nouveau pays, nouvelle culture mais aussi nouvelle façon d’appréhender le monde qui se révèle être surnaturel. Rori a un rôle à jouer dans ce monde semble t il, elle va devoir le découvrir et y faire face.
On est typiquement dans un récit métaphorique autour du passage à l’age adulte.

Rori n’est plus une enfant, elle doit trouver ses marques dans un monde qu’elle ne connait pas et qu’elle comprend mal. Son premier contact avec le Japon (qu’elle ne connaissait pas) se fait au lycée. La rentrée scolaire est en avril et pas en septembre, le port de l’uniforme est obligatoire et ses cheveux roux sont un problème que ses professeurs lui demande de camoufler. Tant de petits détails qui empêchent la jeune fille de vraiment s’intégrer.
Elle va évidemment trouver sa place dans une bande de marginaux qui sont comme elle dotés de super-pouvoirs et va partir vers une mission plus grande que ce à quoi elle semblait destinée… si elle comprend quelle est cette mission.

Car tout le problème du titre est là : on n’y comprend rien ! Ou plus exactement, je n’y comprends rien.
Dans ce premier tome, les auteurs laissent trop peu d’indices sur les tenants et les aboutissants de leur histoire pour que je me prenne au jeu. On ne comprend rien à la source des pouvoirs de chacun et ça n’a l’air de ne gêner aucun personnage. De la même façon, Rori vient de découvrir qu’elle a des pouvoirs et son premier réflexe est de monter un gang d’ados à super-pouvoirs pour casser du monstre.
Hey Rori, tu ne paniques pas ? Tu ne cherches pas à comprendre ce que sont tes pouvoirs avant de te jeter dans une bataille ?
Bref, tout ça va un peu vite et surtout ne tient pas vraiment debout.

On devine enfin dans le récit que « les auteurs » ont un réel intérêt pour le Japon. On apprend donc quelques détails sur la vie des ado dans ce pays et une postface nous éclaire sur l’amour porté par… par… ah tiens, on ne le sait pas : la postface n’est pas signée. Bref, un des auteurs (ou les deux) kiffe(nt) le Japon et entend le montrer dans ce livre.
Graphiquement, c’est réussi. Les pages sont teintées d’un esprit manga qui apporte pas mal de dynamisme aux planches et aux personnages.
Pour le reste, je manque visiblement trop de culture japonaise pour comprendre les clins d’œil et les références aux monstres et au folklore du pays du soleil levant. Dommage, je passe complètement à côté d’un titre qui a des qualités certaines mais qui les exploitent sans m’en donner les clefs.

Wayward n’est pas complètement raté mais il est loin d’être réussi.
Je ne suis pas une ado, je ne suis pas branché culture asiatique et j’aime comprendre de quoi une série me parle. La série est assez réussie graphiquement mais Wayward n’est définitivement pas pour moi.

La note de Matt : 


L’avis de Sonia Smith :

Glénat surfe résolument sur la vague des récits mettant en scène des héros adolescents et Wayward ne déroge pas à la règle. L’originalité de ce titre est de vouloir mêler l’esprit comics avec la culture manga. En effet, les auteurs sont apparemment fascinés et imprégnés de culture  japonaise comme l’expliquent longuement préface et postface qui donnent des détails assez intéressants, même s’ils paraissent parfois un peu complexes, sur le folklore du pays du soleil levant.

Rori est donc une jeune métis dont le père est irlandais et la mère japonaise. A la séparation de ses parents, Rori est ballotée de l’un à l’autre. Elle finit par choisir de rejoindre sa mère en Asie. Wayward explore comme il se doit les tourments adolescents : la peur de grandir mêlée au désir d’être maître de son existence, le passage à l’âge adulte qu’on redoute et qu’on attend. Rori est une adolescente qui grandit trop vite dans un monde dont elle ne maîtrise pas encore les codes.

En outre, les mangas l’explicitent parfois avec un réalisme cruel, être lycéen au Japon n’est pas toujours de tout repos entre les enseignants d’une rigidité qui rappelle celle du XIXe siècle européen et la dureté des jeunes entre eux qui est la même sur tous les continents. La partie graphique rend également un hommage réaliste à Tokyo dont on sent que Steve Cummings connait bien les rues et les détours.

Rori va vite se retrouver au centre d’intrigues dont elle ne sait rien et en possession de pouvoirs surprenants. Elle va former un groupe de super-héros adolescents composé d’ados à problèmes. Ils forment ainsi un groupe de paumés dotés d’aptitudes qui feraient pâlir des X-Men. Evidemment, le folklore japonais s’en mêle en leur opposant des créatures étranges dont les relents mystiques empruntent aux monstres de la mythologie nipponne. Il faut sans doute être bien plus connaisseur que je ne le suis pour profiter pleinement du récit mais les combats sont plutôt réussis, les planches dynamiques et le trait de Steve Cummings tirant sur le manga tout en restant comics offre une atmosphère glauque et mystique qui m’a plutôt convaincue.

Alors oui, tout arrive un peu vite et Rori et ses potes maîtrisent bien vite des pouvoirs qui leur tombent dessus sans crier gare et leur réunion peut paraître un peu précipitée mais que faire d’autre dans une ville démesurée où on a l’impression d’être à part que de se réunir avec d’autres ados qui vous ressemblent ? J’ai trouvé les membres du petit groupe plutôt attachants malgré ce scénario qui va à cent à l’heure.

Dans l’ensemble, Wayward a quelques défauts, notamment un scénario pas assez fouillé, mais il joue très bien son rôle de récit mettant en scène des adolescents tourmentés par le passage à l’âge adulte et les changements qu’il implique. Les planches de Steve Cummings sont vraiment sympas et l’influence du manga n’est pas excessive, elle donne juste la petite touche de crédibilité qui permet de se dire qu’on est bien au Japon. Enfin, même si je connais fort peu le folklore japonais et ses arcanes, Wayward donne envie de s’intéresser à la question.

Un titre dynamique et des héros attachants, ce premier tome de Wayward offre tout de même quelques promesses pour la suite.

La note de Sonia Smith : 

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Categories Matt, Nos chroniques, Sonia Smith
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