[review] Wraithborn tome 1

Quand Buffy devient anorexique…

WraithbornMélanie est une jeune lycéenne totalement effacée qui se préoccupe surtout de ne pas avoir de problèmes avec les caïds de sa classe. Alors qu’elle prie sur la tombe de sa mère, Mélanie est agressée par un guerrier gigantesque et ensanglanté qui lui transmet le Wraithborn et la somme d’aller voir un dénommé Valin.

Le lendemain, Mélanie se retrouve dans sa chambre. A-t-elle fait un simple cauchemar ou sa vie sera-t-elle bouleversée à jamais ?

Auteurs : Marcia Chen et Joe Benitez
Dessinateur : Joe Benitez
Ce livre contient : Wraithborn #1-6
Publié par Glénat Comics

L’avis de Sonia Smith :

Après le succès de Lady Mechanika, Glénat Comics propose une autre série de Joe Benitez avec la publication de ce premier tome de Wraithborn. Les adeptes de Benitez ne seront donc pas surpris de retrouver les grands classiques associés à cet auteur : les femmes filiformes aux attributs généreux qui bastonnent tout ce qui bouge.

Joe Benitez et Maria Chen proposent un récit qui reprend un scénario plutôt classique en mettant en avant une héroïne adolescente, brimée par ses camarades, qui ne cherche qu’à se faire oublier pour éviter les soucis. Si ce type d’histoire n’est pas forcément très original, le malaise de Mélanie, l’ambiance lycéenne et la cruauté du monde adolescent sont plutôt bien restitués et décrits avec réalisme, ce qui fait partie, à mes yeux des aspects positifs de ce titre.

L’autre bonne idée, à mon avis, est de placer le récit en dehors des grandes cités américaines puisqu’il se déroule en Louisiane et veut explorer les mythes vaudou comme celui de maman Brigitte, représentée dans Wraithborn comme une entité néfaste voulant s’incarner. J’étais assez impatiente de voir un titre sur le vaudou et je dois dire que je reste quelque peu sur ma faim car si ces questions sont évoquées, elles semblent davantage servir de prétexte à l’apparition d’entités mystiques plutôt que d’être le cœur du sujet. Le vaudou est donc plus utilisé comme un décor que comme une force par les scénaristes, ce qui peut paraître quelque peu dommage.

En effet, l’objet du récit réside dans son titre : Mélanie est investie du Wraithborn, un pouvoir surnaturel qui, à la base, ne lui était pas destiné. Elle ne comprend pas ce qui lui tombe dessus alors qu’elle est assaillie par des forces démoniaques en plein cœur de la ville ou du cimetière. Il y a un petit côté Buffy dans cette histoire, même si la comparaison s’arrête là. Mélanie n’a pas réellement de camarades de classe prêts à s’investir à ses côtés dans la lutte contre les entités mystiques et ceux qui veulent récupérer le Wraithborn ne lui veulent pas forcément du bien.

Graphiquement, Joe Benitez assure le job en offrant des planches d’action pleines de vivacité, plutôt bien servies par une colorisation et un encrage réussis qui soulignent avec bonheur la puissance des personnages et magnifient les combats. J’ai toujours un peu de mal avec ses personnages maigrichons dotés d’attributs féminins avantageux mais je reste assez admirative de la façon dont il parvient à suggérer les mouvements et la force de ses personnages.

Wraithborn est une série plutôt agréable, avec laquelle j’ai passé un moment sympathique, mais qui use de recettes déjà vues par ailleurs et n’exploite pas assez les originalités qui sont les siennes et c’est un peu frustrant. Ce premier volume est toutefois un tome qui permet d’installer l’histoire et le second tome permettra peut-être d’approfondir les aspects effleurés dans ce récit.

Si vous avez aimé Lady Mechanika, Wraithborn a de quoi vous séduire avec ce personnage de femme forte incarné par Mélanie Moore, une jeune adolescente introvertie investie d’un pouvoir mystique qui ne lui était pas destiné. Joe Benitez reste en tous points fidèle à lui même avec ce titre, aussi bien sur le plan scénaristique que pour la partie graphique. Ses fans ne devraient donc pas être déçus par ce titre tandis que les autres lui reprocheront un manque de profondeur.

La note de Sonia Smith : 

Wraithborn L’avis de Matt :

J’aime beaucoup Joe Benitez depuis que j’ai croisé ces dessins chez Top Cow dans les pages de Weapon Zero, The Darkness et Magdalena.
L’artiste avait un trait fin mais plus souple que ses collègues de l’époque, comme Billy Tan par exemple. On était à la fin des années 90. Benitez n’a pas perdu son style bien au contraire mais l’époque a changé.

Il est difficile de ne pas comparé Wraithborn et Lady Mechanika sorti récemment, également chez Glénat Comics. Dans Lady Mechanika, les lourdeurs de mise en page, la légèreté de l’histoire et certains problèmes de narrations étaient gommé par l’ambiance steampunk du titre. Wraithborn n’a pas cette chance car le titre est encré dans une époque contemporaine. La magie et la surprise qu’apportent des trouvailles graphiques venues d’un autre monde ne s’applique pas ici.
Alors, il faut admettre que le titre est beau… très beau. C’est du Joe Benitez et l’artiste nous en met plein les yeux. Les montres sont très réussis, les combats impressionnants, les fans seront servis.

Et l’histoire ? Pour résumer et caricaturer, c’est Buffy qui est timide, reçoit le pouvoir de péter des monstres et va devoir faire avec.

Il y a un aspect qui m’a vraiment fait sortir du livre.
Je trouve interessant d’avoir une héroïne adolescente, timide et passe partout, un personnage auquel de jeunes lectrices pourraient s’identifier. Des comics beaux et avec des histoires simples mais qui ont fait vibrer une corde sensible pendant notre adolescence, on en a (presque) tous lu. Non ?
Pourtant, Joe Benitez a accentué quelques aspects un peu gênant de son style. Les lycéennes qui entourent le personnage principal, par exemple, sont tellement maigres que ces illustrations ont l’air d’avoir été déformées verticalement. On est au delà de l’anorexie avec des personnages squelettiques et filiformes. Un deni de réalité qui est, pour le coup, exacerbé et assez gênant lors des passages dans la vie civile de l’héroïne. On parle là de l’image de la femme dans les comics. On parle aussi d’un comics qui doit permettre à des jeunes filles de s’identifier à des personnages de leurs ages. Le mélange est, il me semble, un peu plus gênant dans ce contexte.
Les représentations physiques dans les comics ne sont pas réalistes, c’est un fait. Ici, on frise la caricature. En accentuant encore cet aspect de son trait, Benitez m’a un peu perdu en route.
Je veux dire, ces pages méritent des commentaires proches de ceux qu’on fait à Rob Liefeld pour ses bodybuilders déstructurés.

Les fans de Joe Benitez trouveront ici un comics « pour ado » aux graphismes léchés mais dont l’histoire n’a rien d’original. La représentation des adolescentes y étant particulièrement discutables, difficile de savoir à qui s’adresse réellement cette BD. Les scènes d’actions et les designs de monstres et d’armures restent très réussis. Graphiquement, ça mérite donc tout de même le coup d’œil mais Wraithborn ne doit pas finir sur votre short-list si vous avez un budget comics serré ce mois ci.

La note de Matt : 

 

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Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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