[Review] The Manhattan Projects Tome 1

Alerte à la bombe !

Et si le projet Manhattan n’avait pas eu comme seul but de créer la bombe atomique ? Et s’il n’avait été qu’une façade cachant des expériences bien plus folles ?

The Manhattan Projects Tome 1
Histoire : Jonathan Hickman
Illustrations : Nick Pittara et Ryan Browne
Encrage : Nick PIttara et Ryan Browne
Couleur : Jordie Bellaire
Contient les épisodes The Manhattan Projects #1-10
Publié par Urban Comics

L’avis de Spider-Matt :

Le 6 août 1945, à 8 heures, 16 minutes et 2 secondes, le monde découvre avec effroi l’arme la plus destructrice jamais créée par l’Homme : la bombe atomique. Hiroshima est la première ville à subir le feu nucléaire. Trois jours plus tard, ce sera au tour de Nagasaki. Derrière cette création se cache le Projet Manhattan : des scientifiques manipulant l’énergie de l’atome et travaillant de concert avec l’armée afin de développer un engin de mort qui changera la face du monde à jamais.

C’est sur ce postulat de départ que commence l’histoire de Jonathan Hickman. Mais il va beaucoup plus loin : le Projet Manhattan en cache en fait beaucoup d’autres, de bien plus fous ! Dans les grandes lignes, l’Histoire telle que nous la connaissons va être respectée, à quelques exceptions près où l’auteur va s’amuser à remodeler notre réalité. En effet, dans notre monde Albert Einstein n’a jamais participé à ce projet en raison de ses convictions pacifistes alors qu’ici, oui. De la même façon, l’auteur invente un frère jumeau à Robert Oppenheimer (surnommé le père de la bombe atomique). Robert sera dessiné âgé et ridé alors qu’il aura ce physique dans les années 60 au moment de sa mort. Tout cela nous plonge donc dans une uchronie plus ou moins cachée au commun des mortels.

En parallèle de l’histoire officielle qui voit donc le développement de cette arme, la seconde guerre mondiale, la fin de celle-ci et les différents présidents vont se succéder. En coulisse, tous ces scientifiques font des découvertes et élaborent de nouvelles technologies qui dépassent l’imagination : dimensions parallèles, créatures et mondes extraterrestres, intelligence artificielle, robotique poussée à l’extrême, etc. Au final la guerre n’est qu’un prétexte à quelque chose de beaucoup plus grand. Elle nous paraît même insignifiante par rapport à ce qui se joue en coulisses. Hickman s’amuse et nous aussi. À chaque nouveau chapitre je découvrais avec empressement d’autres aventures complètements folles. On comprend très vite que tout est possible et qu’aucune limite ne viendra entraver la suite du récit. Les personnes coutumières de cet auteur savent que celui-ci, à l’instar d’un Grant Morrison, n’est pas toujours facile d’accès. Mais ici, seul l’aspect  psychologique concernant Oppenheimer peut paraître un peu complexe, le reste ne se perd pas dans la narration indigeste dont cet auteur nous gratifie souvent.

Le comics aime à nous rappeler le rôle que les Nazis ont joués dans la course technologique qui s’est déroulée pendant et après la guerre. En effet, ceux-ci, ayant été récupérés par les américains et les soviétiques après la défaite du Troisième Reich, n’ont pas eu d’autres choix que de travailler aux côtés de leurs anciens ennemis et de contribuer à l’effort de guerre et, plus tard, ils joueront même un rôle clé dans la course à l’espace durant la Guerre Froide. La folie des expériences menées dans ce récit exacerbe la réalité de l’époque. Avant que la première bombe A de l’histoire n’explose, le scientifique Enrico Fermi émettait l’hypothèse que la réaction en chaîne déclenchée par la fission des atomes pouvait détruire notre atmosphère et peut-être même la planète. Plus tard, les américains feront même exploser une bombe H en haute altitude avec tous les risques que cela comporte et les Russes testeront la Tsar Bomba, la plus puissante jamais créée à l’époque. Ce manque de recul, ce dédain face aux possibles risques cataclysmiques pour l’humanité que pouvaient engendrer ces expériences est parfaitement retranscrit dans ce récit. Jamais rien ne freinera ces scientifiques avides de connaissances et de découvertes qui iront même porter la guerre vers d’autres mondes.

Arrivé à la fin du volume, Urban Comics a la bonne idée de consacrer quelques pages à la vraie vie des personnages de ce comics. Bon, la source est Wikipedia mais c’est toujours ça. Rien ne vous empêche d’aller approfondir le sujet, ce qui a été mon cas.

J’aime beaucoup la partie graphique réalisée par Nick Pitarra et Ryan Browne. Les personnages sont très détaillés et en particulier leurs visages. Les décors ne sont pas en reste et démontrent une vraie recherche apportée à tous ces lieux plus ou moins étrangers que les différents protagonistes vont être amenés à explorer. Ces dessins sont mis en valeur par Jordie Bellaire qui apporte une énorme plus-value à l’ensemble de l’œuvre. L’utilisation du bleu et du rouge est assez centrale dans le récit et très intéressante.

C’est un grand oui pour ce comics qui utilise le Projet Manhattan comme rampe de lancement à une multitude d’histoires plus folles les unes que les autres tout en s’appuyant sur des faits bien réels. Un second et dernier tome est prévu et je serai bien entendu au rendez-vous.

La note de Spider-Matt : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
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Categories Nos chroniques
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