[review] The grocery

« Fuck Yo, motherfucka!! » [Public Enemy]

Elliot et soThe_Grocery_ankama_label_619n père viennent s’installer dans un quartier défavorisé (si ce n’est franchement mal famé) de Baltimore. Elliot est un petit génie, genre premier de la classe, mais ça ne l’empêche pas de sympathiser avec un gang de gamins dealers de dope : les corner boys.
Dans les rues de ce quartier, on croisera aussi Washington, un vétéran de la guerre d’Irak de retour au pays ou encore le redoutable Ellis One, rescapé de la chaise électrique qui va mettre le quartier à feu et à sang.

The Grocery
Auteur : Aurélien Ducoudray
Dessin : Guillaume Singelin
Série : 4 tomes + un tome 0
Publié par Ankama - label 619

L’avis de Ben :

Mon avis ne mentionne pas la série de David Simon. C’est un choix. Mais si vous voulez on en parle en suivant.

Ne vous attendez pas à vous promener tranquillement dans les rues de Baltimore la fleur au fusil. Dans ces pages vous croiserez de l’ultra violence froide et implacable : guerres de gang, violences policières, enlèvements, vendetta… Mais aussi une autre forme de violence plus psychologique : familles à la rue, crise immobilière, subprimes, chômage, racisme, prison…
Nos héros subiront des épreuves et des drames sous la plume de ‘sieur Ducoudray.

Cependant, le récit est allégé par de l’humour, des dialogues bien construits, de l’amour et bon nombres de clin d’œil que le lecteur saura apprécier – on croise par exemple un Dick Grayson bien loin de Nightwing.
L’ouvrage est porteur d’espoir car nos héros mettent en place toute leur créativité pour se sortir des impasses ou adapter leur quotidien. Des alliances naturelles ou inattendues voir contre nature verront le jour pour sortir de certaines situations critiques. L’espoir revêt souvent des visages inattendus.

the-grocery_ankama_label_619_sigelin_ducoudray

Il est évident que sous cette violence démesurée (une attaque de commissariat au tank ce n’est pas très commun) sont abordés des thèmes qui nous touchent de plus ou moins près dans notre quotidien, ou qu’au moins, on a pu lire dans nos journaux, plaçant ainsi The Grocery en œil critique de notre monde. Les auteurs ont judicieusement placé des pages remettant le contexte ou précisant un thème permettent d’éviter de perdre le lecteur dans certaines références.

Le style de Guillaume Singelin colle à merveille à ce récit. À la fois léger comme pour faire croire à la sérénité d’un quartier apaisé et d’un autre côté vif pour vous plonger au cœur d’un massacre. En un mot efficace. Le style s’affirmant de plus en plus dans chaque tome. La forme non humaine (Elliot est une grenouille) des personnages n’en empêche pas moins l’attachement à ces derniers.

Alors, je vous ne le cache pas je suis un fan de The grocery, j’achèterai une casquette « oriolles » si je passais à Baltimore un jour.. . Je crois que je suis encore plus fan du personnage Sixteen et de la petite bande. Aurélien Ducoudray et Guillaume Singelin ont livré ici un récit en 4 tomes qui m’ont accompagné et qui m’accompagne encore tellement je ressens du plaisir à la lecture. L’immersion est complète durant 4 tomes, une fin en apothéose et un épilogue aux oignons.

the-grocery_ankama_label_619_singelin_ducoudray

Une fois que vous aurez lu les 4 tomes, savourez le tome #0 qui regroupe des histoires sur des personnages secondaires de The Gocery, ne faites surtout pas l’impasse. Il est lui aussi rempli de clins d’œil et d’explication de l’oeuvre principale.

The grocery est violent, cruel, passionnant. Il propose une critique de notre société au travers de bains de sang. Des personnages attachant ou détestables, des dialogues intelligents et percutants, des références à la culture pop et un dessin en adéquation avec le propos, en font une série incontournable à mes yeux.
Certes on ne la conseillera pas au plus jeune mais pour les autres prenez le temps d’une visite dans la grocery.

La note de Ben :

Commentaires
Categories Ben, Nos chroniques
Jetez un oeil ici...