[Review] The Beauty Tome 1

Beauté fatale

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Il y a deux ans, une nouvelle maladie sexuellement transmissible a fait son apparition. Le fait étrange est que tout le monde ou presque a envie d’en être atteint. Pourquoi ? Cette étrange maladie efface vos rides, gomme vos kilos superflus et fait de vous une véritable gravure de mode. Mais à quel prix ?

The Beauty Tome 1
Histoire : Jeremy Haun ; Jason A. Hurley
Illustrations : Jeremy Haun
Couleur : John Rauch
Contient les épisodes The Beauty #1-6
Publié par Glénat Comics

L’avis de Sonia :

Les récits de pandémie sont légion, peuplés de zombies hargneux ou traînant la patte à la recherche de chair fraîche. Tel n’est pas le cas dans The Beauty où les scénaristes ont préféré mettre en avant une maladie qui, pour une fois, a l’air sympathique : elle rend beau ! Inutile de dire qu’elle se répand comme une traînée de poudre. Jeremy Haun et Jason A. Hurley n’ont pas beaucoup eu à accentuer le trait quand on connaît la dictature de l’apparence qui régit la société dans laquelle nous vivons. Dans The Beauty, une moitié de la population mondiale est ravie d’être malade tandis que l’autre moitié lutte contre cette nouvelle dictature.

Evidemment, tout a un prix et on s’en aperçoit très vite quand une femme atteinte du virus Beauty est victime d’une combustion spontanée. Les scénaristes jouent sur une thématique bien connue : comme dans le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, la quête de la jeunesse et de la beauté a un prix et ceux qui croient gagner une forme d’éternité se précipitent vers une mort assurée. L’aspect morbide et sombre du titre est souligné par le trait de Jeremy Haun qui se concentre sur les corps et les visages laissant les décors de côté pour mieux montrer la prééminence des corps, comme si tout le reste n’avait pas d’importance. Les visages déformés, quelque peu effrayants, rappellent aussi de manière assez flagrante le tableau de Munch, intitulé le Cri, comme si les victimes du virus réclamaient encore d’être au centre de l’attention au moment de mourir.

A cette réflexion sur le culte de l’apparence et ses conséquences sur soi, sur autrui et sur l’ensemble de la société, The Beauty ajoute un récit politique et complotiste, montrant combien les industries pharmaceutiques jouent de cynisme avec la santé de leurs contemporains. Ce titre est aussi un thriller assez haletant mettant en scène un duo d’enquêteurs assez attachant, des activistes anti-beauty convaincants et des méchants plutôt redoutables. Les auteurs maîtrisent parfaitement la cadence de leur récit et nous emmènent dans un course contre-la-monde dont on se demande avec angoisse et impatience vers quoi elle nous mènera.

Un virus qui rend beau mais qui finit par vous tuer, des complots visant à gagner de l’argent sur le dos des malades, des enquêteurs aux prises avec des sueurs sanguinaires, The Beauty a tous les atouts d’un thriller fantastique parfaitement réussi. Les amateurs du genre devraient y trouver leur compte.

La note de Sonia : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Commentaires
Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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