[Review] Superman : Red Son

Une bien bonne lecture, « Camarade » !

Ukraine, 1938. Une fusée s’écrase en pleine campagne. A son bord, un bébé qui va être rapidement adopté par un couple de fermiers. Des années plus tard, l’enfant a grandi au sein du régime stalinien. Il devient alors le héros des travailleurs et la fierté de l’État soviétique. Son nom ? Superman !
Mais lorsque Joseph Staline meurt, c’est à cet homme de fer qu’il incombe de diriger et de faire fructifier un empire à l’abandon…

Superman : Red Son
Auteur : Mark Millar (et Grant Morrison pour la conclusion)
Dessinateurs : Dave Johnson & Kilian Plunkett
Couverture : Dave Johnson
Disponible chez Urban Comics et chez Eaglemoss Collections

L’avis du Kit :

Comme si je n’avais pas assez de comics en retard à lire sur ma P.A.L (Pile à Lire), je me suis dis en fin de semaine «  Tiens! Pourquoi pas me refaire Red Son de Millar avant de découvrir son Starlight! ».
Et bien je n’ai pas perdu mon temps. Il y a toujours des œuvres bonnes à lire ou à relire. Cette uchronie sur Superman en est clairement une à mes yeux.
Que serait-il arrivé au monde si l’Homme d’Acier était tombé dans un lieu et un système bien différent que dans le Kansas aux États-Unis? Tel est le postulat de l’idée de l’écossais Mark Millar ( Kick-Ass, Civil War, Old Man Logan, Starlight, Jupiter’s Legacy, The Ultimates…).

Superman : Héritier de Staline

L’auteur revisite la rivalité Superman/Lex Luthor en pleine période de Guerre Froide avec Kal-el en héritier de Staline et Luthor en dernier espoir de l’Amérique au bord du gouffre. Le dernier fils de Krypton tombe et est élevé en URSS en lieu et place des USA. Millar nous fait alors réfléchir sur une question plutôt intéressante : L’Homme d’Acier aurait-il eu les mêmes principes s’il était tombé dans le »camp adverse »? Serait-il devenu un tyran ou un grand leader? Une excellente idée de base écrite bien avant le plus contemporain « Injustice« . Le scénariste découpe son histoire en 3 parties : L’avénement, l’ascension, la chute. Il réinvente ainsi le personnage avec le talent, l’ingéniosité et l’inventivité qu’on lui connaît ! Tout le long de sa version « communiste » et utopiste de Superman, l’écossais distille plein d’allusions, de références et de clin d’œil à l’univers DC Comics, qu’il est toujours sympathique de découvrir au fil des pages. Il nous montre aussi que le super-héros et ses principes humaniste demeurent malgré son arrivée dans un lieu et un mode de vie différent.
Pour l’anecdote, la légende veut qu’au delà de son pitch, Millar ne savait pas comment terminer son histoire. Cette conclusion épique qui donne tant de profondeur au récit serait en réalité une idée de Grant Morrison. Cet auteur n’étant pas crédité pour son apport, on tient là l’origine de la brouille entre Millar et Morrison.  Au delà des commérages, vous voila avec une anecdote pour briller en société.

L’œuvre est  illustrée par Dave Johnson et Kilian Plunkett. Les deux dessinateurs offrent un très beau travail riche en détail, au travers des époques narrées qui va des années 50 à un futur lointain hypothétique. Le look revisité de tous les personnages est vraiment bien étudié par le duo artistique, ce qui renforce le côté propagande communiste de cette uchronie .
On notera en bonus les croquis préparatoires des dessinateurs et ceux d’un « certain » Alex Ross , ainsi les croquis et les couvertures des couvertures. Un petit plus pour compléter un très bon recueil.

Ce comicbook est un incontournable de plus dans tous les travaux de monsieur Mark Millar. Un véritable chef d’œuvre du début du XXIème siècle fait avec brio et intelligence. Même sans être un fan du boy-scout de DC Comics, on peut vraiment pleinement plonger dans cette uchronie très inspirée et magnifiquement illustrée. Une des meilleures œuvres faite sur le personnage de Superman. Un classique à lire et à relire (comme je l’ai fait d’ailleurs).

La note du Kit :

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Categories Kit Fisto, Nos chroniques
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