[review] Superman Adieu, Kryptonite !

Un Superman déchaîné ?

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Au cours d’un vol de routine, Superman passe au dessus d’un centre d’expérimentation militaire de l’ouest américain qui manipule de la kryptonite. Alors que l’homme d’acier survole le complexe, une déflagration retentit.
Superman réussit à contenir les dégâts mais il subit le souffle de l’explosion et se trouve exposé à un nuage de kryptonite verte.

Alors qu’il se relève après avoir été inconscient un long moment, Superman s’aperçoit que la kryptonite est devenue, pour lui, un vulgaire morceau d’acier ordinaire. La menace qui pesait sur la tête de l’homme d’acier a désormais disparu.

Superman Adieu, Kryptonite
Auteur : Dennis O'Neil
Dessinateur : Curt Swan
Contient Superman #233 à 242 (janvier-septembre 1971)
Publié par Urban comics

L’avis de Sonia Smith :

Lorsque Dennis O’Neil prend en main le personnage de Superman au début de l’année 1971, de nombreuses ficelles ont déjà été utilisées et le scénariste s’interroge en particulier sur l’utilisation trop fréquente de la kryptonite pour affaiblir un Superman qui semble par ailleurs surpuissant. C’est ainsi qu’O’Neil propose dès son arrivée de se débarrasser de cette facilité scénaristique.

Une fois la kryptonite rendue inoffensive, que faire avec un Superman qui ne craint désormais plus grand chose ?
Pour remédier à cela, Dennis O’Neil réinvente le mythe du Golem offrant à l’homme d’acier un double fait de sable et de terre dont le lecteur ne sait guère s’il s’agit d’un allié ou d’un nouvel adversaire. Si ce Golem accompagne Superman tout au long de l’ouvrage vivant tantôt à ses dépends en le privant de ses forces ou s’alliant à l’alter ego de Clark Kent pour lui sauver la mise, Dennis O’Neil introduit aussi d’autres thématiques chères aux scénaristes des années 1970.

Superman doit en effet combattre des individus utilisant des forces magiques et sataniques ou encore un virus extra-terrestre. Mais notre héros a également fort affaire avec des industriels sans scrupules qui malmènent leurs ouvriers, des terroristes prêts à déclencher des attentats menaçant la sécurité des Etats-Unis. Clark Kent n’est pas ménagé non plus puisque le reporter doit se plier aux désirs de son nouveau patron Morgan Edge qui délaisse la presse écrite au profit du média émergeant qu’est la télévision en envoyant Kent faire des reportages sensationnalistes.

On aperçoit Diana Prince, l’alter ego de Wonder Woman, qui n’est pas dans sa meilleure période scénaristique. Elle est accompagnée de Yi-King, son mentor aveugle qui seconde Superman dans une bonne part du récit. Il faut avouer que l’arrivée de Diana est assez mal amenée et elle ne sert pas à grand chose dans ce titre.

Enfin, et c’est sans doute la partie la plus intéressante avec l’utilisation du Golem, Dennis O’Neil montre que le pire ennemi de Superman est encore lui-même. Lorsque le héros absorbe un regain de puissance, il devient odieux, trop sûr de lui. O’Neil montre un autre aspect de Superman, imagine un surhomme désinhibé capable de mettre en danger l’humanité.

Graphiquement, Curt Swan alterne le bon et le moins bon, le trait est parfois grossier et ne rend pas toujours justice au héros de DC alors que, dans d’autres planches, le travail est de qualité. Fort heureusement, Urban Comics a inséré les couvertures originales qui nous permettent d’admirer le trait de Neal Adams.

Ce recueil permet aux amateurs de récits d’une période surfant entre l’âge d’argent et l’âge de bronze des comics de retrouver un Superman aux prises avec son plus grand ennemi : lui-même. Si le titre parait daté sur le plan graphique et offre des thématiques parfois traitées rapidement, il n’en reste pas moins que Dennis O’Neil propose une lecture assez novatrice du personnage de Superman en questionnant les limites du surhomme. Si les plus jeunes lecteurs auront sans doute du mal à entrer dans cet ouvrage, les amateurs de Superman retrouveront avec plaisir ce récit charnière.

La note de Sonia Smith : 

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Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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