[Review] Shutter Tome 1

Indiana Jones chez les loufoques

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Kate Kristopher est la descendante d’une longue lignée d’explorateurs. Lassée de cette vie d’aventure, elle mène désormais une existence paisible, loin des créatures fantastiques et des combats. Kate reste marquée par la perte de son père qui a disparu dix ans auparavant. Alors qu’elle tente de tourner la page, la jeune femme est vite rattrapée par son passé.

Shutter Tome 1 : Errance
Histoire : Joe Keatinge
Illustrations : Leila Del Duca
Contient les épisodes Shutter #1-6
Publié par Glénat Comics

L’avis de Sonia :

Il faut le dire d’emblée, Shutter est un véritable OVNI qui se réfère à de nombreux pans de la culture populaire contemporaine. Avec ce titre, Joe Keatinge a décidé de propulser son lecteur dans un univers complètement déjanté quitte à le perdre totalement dans les méandres des aventures de son héroïne.

Kate est élevée par son père, une sorte d’Indiana Jones, qui la promène à travers toutes les dimensions et toute la galaxie. Tout ce qui fait partie du quotidien de Kate appartient au fantastique : pour ses dix ans, son père l’emmène sur la Lune. On apprend assez vite que les Kristopher sont issus d’une lignée d’explorateurs qui semble remonter à la nuit des temps mais le mystère reste entier quant à cette famille plutôt hors normes. Avec cette accroche, Keatinge intrigue son lecteur qui a hâte de savoir quel est le but et les origines de ces mystérieux voyageurs.

Pourtant, le scénariste nous laisse vite sur notre faim et montre une Kate orpheline, seule, qui a délaissé sa vie d’aventurière pour une existence paisible mais morne à ses yeux. On découvre alors davantage son environnement, composé de sa colocatrice transexuelle et d’un animal domestique qui est en fait un Kit Kat Clock parlant – un réveil-matin en forme de chat, bien connu des petits Américains.

Tout au long des pages de Shutter, on a l’impression de se promener dans un mix entre Alice au pays des Merveilles et Tomb Raider, le tout saupoudré d’une ambiance mafieuse et fantastique. On rencontre des créatures farfelues à chaque coin de rue et le tout s’enchaîne à cent à l’heure. D’ailleurs, c’est parfois un peu dense et j’avoue avoir eu un peu de mal à suivre par instants. Joe Keatinge multiplie les intrigues et les sous-intrigues au risque de perdre son lecteur, d’autant qu’il agrémente son récit de flashbacks qui, s’ils permettent de mieux connaître les personnages, perdent encore davantage le lecteur. On comprend bien que le nœud de l’affaire est avant tout familial et Keatinge évoque, à travers ce titre, les relations complexes qu’on peut entretenir avec un père qu’on admire mais qui nous étouffe et avec des secrets de famille qui peuvent peser sur une destinée.

Shutter n’est pas non plus un titre fleur bleue, les explosions se multiplient et le sang gicle à toutes les pages. Le style dynamique et incisif de Leila Del Duca accentue le caractère explosif du récit, alternant les pleines pages dramatiques et les combats ensanglantés. J’ai bien accroché à ce style qui fait des emprunts à l’Asie sans pour autant se tourner vers le Manga.

J’ai fait deux lectures de Shutter. Malgré un univers graphique convaincant, la première ne m’a pas vraiment satisfaite car j’ai eu l’impression d’être totalement perdue dans le récit et j’ai eu du mal à ressortir le propos principal de l’histoire et donc à m’y intéresser pleinement. Après avoir laissé reposer et avoir relu ce premier tome de Shutter, j’ai découvert des références qui m’avaient échappé à la première lecture et des liens entre les personnages que je n’avais pas faits. Si la lecture de ce titre n’est pas d’un abord facile, elle est loin d’être inintéressante, pour peu qu’on s’accroche un peu. J’avoue donc avoir eu du mal à donner une note à une telle lecture qui pourrait osciller de 2 à 4. j’ai donc choisi une note intermédiaire en attendant de me faire une idée à la lecture du tome suivant.

Joe Keatinge livre avec ce titre un récit étrange, complètement atypique et inclassable. Si on y retrouve un peu d’Indiana Jones ou de Lara Croft, Shutter peut aussi bien être tout autre chose. On peut soit passer complètement à côté de cette lecture, soit être complètement captivé. Une chose est sûre, Shutter va à cent à l’heure, à vous de suivre le rythme au risque d’être totalement perdu.

La note de Sonia : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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