[Review] Oblivion Song Tome 1

Rien à voir avec un jeu vidéo sur des vieux rouleaux !

300 000 habitants de Philadelphie ont disparu pour apparaître dans une dimension parallèle : Oblivion. Des années plus tard, le gouvernement n’entend plus tenter de les récupérer. Seul Nathan Cole, scientifique aux intentions vagues inventeur du transfert dimensionnel, voyage encore dans cette autre dimension pour retrouver les survivants. Mais ceux-ci veulent-ils vraiment repartir ?

Oblivion Song Tome 1 : 
Histoire : Robert Kirkman
Illustrations : Lorenzo De Felici
Encrage : Lorenzo De Felici
Couleur : Anna-Lisa Leoni
Contient les épisodes Oblivion Song #1-6
Publié par Delcourt Comics

L’avis de Ginlange :

Oblivion Song profite d’une sortie absolument exceptionnelle en terre française. Arrivé hier dans vos librairies, la première issue de celui-ci sortait en même temps aux Etats-Unis. Delcourt nous fait donc profiter des six premiers chapitres de celui-ci avec une avance considérable sur le public américain, où cet album ne sortira que dans six mois. Publiant les œuvres de Kirkman avec un succès indéniable depuis des années, Delcourt profite de cette formidable entente pour nous gâter en ce début d’année. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Oblivion Song est un beau cadeau.

Kirkman a ce terrible talent de rendre passionnant n’importe quel sujet, même le plus commun d’entre eux. De sa vision du super-héros moderne (Invincible) au survival zombiesque (Walking Dead) le scénariste transcende les genres pour les faire sien, avec des dialogues sur mesure et des personnages superbement humains. En cela, le pitch de ce nouveau titre n’est pas des plus original, une population qui disparaît dans une autre dimension et un homme seul contre tous qui décide de les ramener. Mais, retors, notre bon vieux Robert sait rendre cette intrigue plus passionnante qu’elle n’y parait à première vue.

Cette « autre dimension » est terriblement mystérieuse et cache de nombreux secrets. De plus, les rares personnes étant revenues de cet ailleurs refusent de parler de leur séjour, des autres survivants. Pourquoi certains d’entre eux refusent de revenir de cette terre pourtant des plus hostiles ? Le danger permanent des monstrueuses créatures est pourtant réel ? Serait-ce à cause de cette ensorcelante mélodie que l’on surnomme, Le chant de l’oubli ? Est-ce de la magie ou la réponse à un monde où plus rien n’a de sens ? La première réussite de ce nouveau titre est son atmosphère profondément intrigante. De nombreuses questions nous traversent l’esprit et cette soif de découverte nous pousse à tourner les pages rapidement, en quête de réponses. Kirkman nous ensorcelle par une intrigue commune de prime abord, pourtant passionnante une fois lancée dans notre lecture. Et derrière tout cela, ce propos presque philosophique sur le sens de la vie.

De plus, cette S-F matinée de fantasy entraînante, se cache comme toujours chez le scénariste, des personnages attachants, forts et sonnant juste. Chacun est formidablement travaillé, tous surprenants et en dehors des clichés. En première ligne le personnage principal, Nathan, ne peut laisser indifférent par cette profonde culpabilité qui le ronge, lui donnant le courage de faire se que personne ne fait. Comme ses précédentes créations, le gros point fort d’Oblivion Song est donc ce casting d’âmes perturbées, vulnérables, humaines.

Lorenzo De Felici s’occupe de donner vie au récit de Kirkman par son trait singulier. Celui-ci ne sera pas arrivé à me charmer, libre et atypique, je reconnais pourtant les qualités de son dessin des plus personnel sans pour autant y adhérer. Le design brouillon des créatures d’Oblivion ne m’aidant pas saisir la peur qu’elles inspirent aux protagonistes par exemple. Subsiste néanmoins quelques très belles planches ayant l’effet de grandiose escompté, sublimé par une superbe palette de couleurs, entre le vert et jaune, rendant l’atmosphère du titre étrange et envoûtante.

La sixième et dernière issue de ce tome se termine sur deux grandes révélations, propulsant le récit dans une toute nouvelle dynamique. Avec twist et cliffhanger, Kirkman, ce cinéaste du comics, sait toujours autant conclure.

Oblivion Song tome 1 est donc prometteur, intriguant et ambitieux, le titre se laisse porter par des personnages attachants que j’ai déjà envie de retrouver. Hâte donc, d’avoir la suite entre les mains, pour voir où cette série va me mener.

La note de Ginlange : 

L’avis express du Kit  :

Robert Kirkman ( Walking Dead, Invincible etc) déboule avec son nouveau bébé qui mêle aventure et SF. Alors que 300 000 personnes résidentes de 50 km carrés de la ville de Philadelphie ont disparu depuis dix ans dans un monde parallèle, Nathan Cole, un scientifique s’efforce quotidiennement de passer dans ce monde pour en ramener des rescapés dont Ed, son propre frère. Il cherche ce dernier depuis tout ce temps en espérant sa survie. Malheureusement, l’État et l’armée ne soutiennent plus le projet de secours, préférant faire le deuil des possibles survivants. Cole poursuit son sauvetage coûte que coûte, et ce  malgré le fait de devoir agir en solo et sans appui. Il s’apercevra bientôt que de l’autre côté, face aux monstres les plus vicieux et sauvages qui soient, les rescapés désirent ardemment rester sur place, estimant avoir enfin trouver un sens à leur vie. Après Walking Dead, Kirkman aborde une nouvelle fois la survie de rescapés après un événement terrible, mais cette fois-ci,  la civilisation existe, c’est juste que les survivants sont dans un autre monde où ils se sont acclimatés et souhaitent restés;  à la différence du comic-book “zombiesque” qui a fait la notoriété de l’auteur.

Le travail graphique de Lorenzo De Felici est ici très assez déconcertant. L’artiste est d’un côté très précis dans les détails sur tout ce qui concernent les personnages et l’architecture de la ville de Philadelphie, alors qu’en ce qui concerne le monde parallèle de l’Oblivion et sa faune, tout est déformé et imprécis. Cela accentue la différence entre le monde dit normal que nous connaissons et ce monde parallèle, c’est plutôt bien trouvé. On félicitera le coup d’éclat des Éditions Delcourt de sortir un arc narratif complet en V.F. chez nous, alors qu’un seul chapitre VO est sorti en simultané aux USA. En bonus ici en fin de recueil les couvertures US des six chapitres.

En résumé, cette nouvelle histoire de Robert Kirkman est une belle mise en bouche sur ce que pourrait devenir et annoncer la suite. Comme dans souvent dans ses travaux, on retrouve un héros au grand cœur dans des circonstances extraordinaire, mais qui cache une part d’ombre. Le cliffhanger final donne encore plus d’attrait à la suite à venir. Affaire à suivre donc pour cet Oblivion Song pour voir si la belle “chanson” se poursuit.

La note du Kit : 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Commentaires
Categories Ginlange, Kit Fisto, Nos chroniques
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