[Review] New Mutants par Claremont/Sienkewicz

Nouveaux, nouveaux… Un peu anciens quand même !

Charles Xavier a fondé une nouvelle équipe de mutants, plus jeunes et forcément plus inexpérimentés. Ensemble, ils vont vivre de nombreuses aventures en rencontrant des ennemis connus des X-Men mais en étant tout d’abord confrontés à un ennemi qui prend l’apparence d’un ours.

New Mutants par Chris Claremont et Bill Sienkewicz
Histoire : Chris Claremont
Illustrations : Bill Sienkewicz, Rick Leonardi, Steve Leialoha, Mary Wilshire
Encrage : Bill Sienkewicz, Steve Leialoha
Couleur : Glynis Wein-Oliver, Petra Scotese, Michael Higgins
Contient les épisodes The New Mutants, vol. 1 #18-38
Publié par Panini Comics

L’avis de Comics Grincheux :

L’arrivée de Bill Sienkewicz sur la série The New Mutants est à l’origine d’un vrai culte, à tel point que Josh Boone, le réalisateur du film sur l’équipe, tout juste décalé, s’en est inspiré pour son scénario. Mais attention, autant vous prévenir immédiatement, l’arrivée de Bill Sienkewicz se fait alors que Chris Claremont est déjà sur le titre depuis 17 numéros. De même, son départ ne signera pas une fin de run, l’auteur continuant sur sa lancée alors que l’artiste part. Bref, ce comics est surtout à réserver aux fans du dessinateur.

Les premiers numéros sont brillants, Chris Claremont plonge dans un registre dans lequel on ne le voyait pas aller : l’horreur. Le premier arc signe un récit qui reprend les codes des récits du genre, avec un ennemi angoissant donnant des sueurs froides à nos jeunes mutants. Et ce ne sera pas le seul puisque parmi les vingt numéros que comptent le recueil, plus de la moitié pose des ambiances horrifiques, avec des ennemis piégeant dans des lieux reculés et isolés nos héros et en les affaiblissant au maximum psychologiquement. De ce côté-là, c’est une vraie réussite et le style de Bill Sienkewicz sied à merveille à ce genre de récit. Son trait a un côté dérangeant de par la déstructure qu’il apporte dans chaque case aux arrière-plans. Cela montre l’état de faiblesse psychologique où les personnages se trouvent. Egalement, il faut souligner la manière dont le dessinateur décrit les personnages, avec un trait très précis, hyper sophistiqué qui sait donner corps à chaque mouvement des personnages et à chaque pouvoir. Il a ce don de rendre de façon très stylisé les pouvoirs, notamment Rocket ou Solar. Bref, il sait donner vie à l’ambiance horrifique distillée par Chris Claremont et la première page du numéro qui ouvre ce recueil saura vous le prouver immédiatement. Il place tout de suite le contexte et sait se faire dérangeant en montrant la figure de l’ennemi à affronter et l’apeurement dans le regard de la mutante cachée sous sa couverture.

Bref, l’aspect horrifique est la plus belle réussite de la partition composée par Chris Claremont et Bill Sienkewicz !

Mais s’il y a un aspect qui pourra en refroidir certains, c’est le soap que contiennent les aventures concoctées par l’auteur. Ses X-Men sont conçus comme une saga où ce sont les relations parfois intimes entre les personnages qui prédominent et cela se ressent ici encore. Les dialogues sont parfois nombreux pour approfondir le relationnel et donner une impression de “discussion entre jeunes”. Mais pour un nouveau lecteur, ça peut légèrement refroidir en donnant une impression de brasser du vent inutilement et en cherchant à construire des relations dont on voit qu’elles existent. J’avoue que c’est mon cas. S’ajoute à ça que seuls Ilyana, Rhaine, Warlock et Rocket ont réussi à m’intéresser alors que les autres m’ont gonflé. Souvent, en train de chouiner et de se plaindre, faisant état d’une personnalité clichée, ils n’ont pas réussi à m’intéresser. Du coup, les chapitres où ce sont les relations entre les personnages qui prennent le pas sur le reste de l’histoire ne sont pas parvenus à m’intéresser.

L’autre souci que j’ai eu, c’est que la surabondance de certains dialogues a tendance à gâcher les dessins parfois complexes de Sienkewicz donne une sensation de confusion.

Au-delà de ces quelques critiques, il y a quand même un aspect remarquable, c’est la manière dont Chris Claremont parvient à intégrer la diversité sociale, ethnique et sexuelle d’une façon organique sans que cela n’ait un aspect forcé. Les personnages sont donc représentatifs et à notre époque où chacun semble se rendre compte de l’importance de la diversité ethnique et parfois s’en plaindre, la démonstration du talent d’écriture de Claremont en ce matière est impressionnante et admirable. C’est la manifestation que la représentativité à toujours été au cœur des comics du moment que le scénariste s’y intéressait. Puis, forcément, dans un comics lié aux mutants et traitant de tolérance, mettre des personnages diversifiés est un plus.

En bref, New Mutants par Claremont et Sienkewicz, c’est un comics dont le statut n’est pas démérité pour les trois-quarts de l’ouvrage. Son ambiance horrifique est une pure réussite et seul l’aspect très soap pourra gêner certains lecteurs.

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Comics Grincheux, Nos chroniques
Jetez un oeil ici...