[Review] Low Tome 1

Sous l’océan !

Le soleil est devenu nocif pour la vie à la surface de la Terre, l’humanité vit désormais cachée dans les profondeurs des océans.
Stel Caine, une scientifique, décide de ne pas renoncer à la survie de l’humanité et part alors à la recherche de l’engin qui lui permettra de quitter la Terre avec son fils, unique survivant du massacre de sa famille perpétré il y a plusieurs années.

Low Tome 1 - L'ivresse de l'espoir
Histoire : Rick Remender
Illustrations : Greg Tocchini
Couleur : Greg Tocchini
Contient les épisodes Low #1-6
Publié par Urban Comics

L’avis d’Alex :

Si vous n’avez pas encore lu l’article de Comics Grincheux sur l’auteur Rick Remender vous le trouverez ici

 

Low, un ami m’a prêté les trois premiers tomes il y a quelques mois et ils n’avaient pas bougé depuis. C’est suite à l’épisode du podcast audio Le Top des Comics qui n’a pas de Nom effectué par mes collègues que j’ai décidé d’ouvrir le premier bouquin.

Rick Remender est connu et reconnu pour être un auteur négatif. Dans son avant-propos, il affirme d’ailleurs qu’il en a totalement conscience
et décide d’y remédier à travers les personnages de Low, notamment l’héroïne, Stel Caine.
Peu importe les obstacles, Stel se relèvera et ira de l’avant ; telle était l’idée de départ de ce récit. En théorie, pourquoi pas…

Le fait qu’il annonce en préambule vouloir faire les choses autrement et vouloir changer l’image de l’auteur négatif biaise, à mon sens, le récit.
En effet, en ayant cela en tête j’ai été alerte à la moindre note positive au sein du récit. Et là, saturation ! L’aspect positif est amené sans détours, de manière brute et attendue. C’est cela qui m’a fait sortir de l’histoire à chaque fois : ce rappel de positivité qui était trop flagrant.
On a donc d’un côté une héroïne optimiste à outrance (l’optimisme est d’ailleurs devenu une religion dans le récit) et de l’autre de vrais nihilistes !
Ce grand écart crée un vrai déséquilibre dans les interactions entre personnages, car leurs traits sont bien trop forcés.

J’ai donc deux hypothèses.
Première hypothèse : on assiste à la thérapie de l’auteur. Il cherche à changer sa vision du monde et sa manière de voir les choses et le fait à travers ses personnages et son récit.
Est-ce la meilleure chose à faire ? Peut-être pas quand on sait que son comics sera lu par des milliers de personnes. Une thérapie devrait, à mon sens, rester dans la sphère privée.
Deuxième hypothèse : Remender en a assez que le public le voit comme quelqu’un de pessimiste et décide de faire de l’optimisme abusé. Un peu comme un doigt levé tout en disant : “Vous vouliez de l’optimisme ? Et bien vous voilà servi !”. Remender serait alors un troll.

Enfin, j’ajouterai que l’on est un petit peu perdu, car l’introduction entre les différents peuples et les différents protagonistes n’est pas très claire. Même si c’est (légèrement) développé plus loin dans le récit, les origines des personnages sont floues. Pourquoi les conflits ont-ils lieu ? Pourquoi y a-t-il une tension entre les différents peuples ?
J’espère que cela sera développé dans les tomes suivants, mais pour un premier tome d’une série qui devrait servir d’introduction, c’est un petit peu déroutant.

Du côté du dessin, c’est une vraie claque. On m’avait pourtant dit et prévenu que c’était graphiquement très intéressant et très beau, mais je ne m’attendais pas du tout à ce style.
Cela m’a fait penser à Sean Murphy, notamment les bâtiments et les véhicules futuristes.
Il se différencie énormément dans son style et par un ancrage beaucoup moins contrastés que ce dernier, mais j’avais trouvé des petites similitudes.
Il y a un côté très organique dans son trait et un petit peu brouillon, comme si l’image avait trop d’informations incomplètes pour en avoir une lisibilité net et précise. Cela rend cependant l’image vivante. Est-ce pour cela qu’il n’y a presque pas de doubles pages ? L’ambiance s’y prêterai, mais le style peut-être moins.
Les dominances de couleurs afin d’imposer des ambiances différentes au cours du récit sont magnifiquement maîtrisées. Je ne suis pas fan de la colorisation numérique systématique mais ici l’effet est grandiose.
Un artiste donc avec son style propre qui est facile à différencier.

Un pitch de départ intéressant qui aurait pu demander plus de finesse dans son développement. Des personnages aux comportements extrêmes qui nuisent à la crédibilité du récit. La vraie force de ce comics est l’ambiance sous marine proposés par Tocchini.

La note d’Alex : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Alex, Nos chroniques
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