[Review] Letter 44 Tome 5

Un peu moins près des étoiles

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S’éloignant du récit principal, ce tome de Letter 44 se concentre sur les origines des personnages. Quelles sont les motivations qui peuvent bien pousser des individus aussi différents à se porter volontaires pour effectuer un voyage sans retour dans un vaisseau encore expérimental ?

Letter 44 Tome 5 : Décalage vers le bleu
Histoire : Charles Soule
Illustrations : Joëlle Jones, Drew Moss, Ryan Kelly, Alise Gluskova, Langdon Foss
Contient les épisodes Letter 44 #7, 14, 21, 28, 32
Publié par Glénat Comics

L’avis de Sonia :

Dans le volume précédent, Charles Soule avait laissé le lecteur en haleine et les événements se précipitaient, faisant encore monter d’un cran la tension. Letter 44 est une série assez prenante dont j’attends toujours la suite avec grande impatience, tant pour un scénario haletant que pour les dessins d’Alberto Jimenez Albuquerque dont j’ai découvert le style grâce à cette série.

Quelle n’est donc pas ma surprise quand, en ouvrant ce cinquième opus, je me retrouve en pleine forêt amazonienne avec une partie de l’équipe du Clarke. Nous voilà donc au cœur d’un préquel qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Glénat Comics choisit ici de rassembler une série d’épisodes indépendants qui content les origines des membres de l’équipage du Clarke mais également les origines des Aliens, les Constructeurs et de dévoiler davantage leurs motivations. Si l’intention est louable et peut être intéressante, il me semble que Charles Soule passe un peu vite à chaque fois sur le sujet. Quitte à creuser les origines des personnages, pourquoi ne pas donner un peu plus de fond au sujet ? Certaines histoires sont parfois touchantes et rendent certains des héros un peu plus attachants mais certaines de leurs origines font un peu “cliché” : deux femmes désespérées, deux militaires un peu bourrins et deux scientifiques au sens du devoir exacerbé. L’idée est là, pourtant, on a peine à accrocher vraiment. C’est un peu la même chose pour les Aliens : on comprend bien pourquoi ils ont besoin d’expansion – comme toutes les espèces qui croissent de manière démesurée au détriment des autres – mais tout est traité en quelques pages, là où on aurait voulu que l’auteur prenne plus son temps. Alors oui, Charlotte devient touchante par son vécu de femme blessée et délaissée par un mari égoïste, Pritchard devient héroïque lorsqu’il fait le choix du sacrifice plutôt que celui de son confort, Gomez endosse la figure du héros idéal tandis que Kyoko s’engage elle aussi par dépit. Les agents du Pentagone sont cyniques et manipulateurs comme on s’y attend… peu de surprises et on peut regretter que la seule motivation des personnages féminins soit le désespoir, au contraire de leurs homologues masculins dont on met en avant l’héroïsme et l’esprit de sacrifice.

Si j’ai eu du mal à m’investir, c’est aussi à cause du changement de dessinateurs d’un chapitre à l’autre, même si chacun d’entre eux fait tout son possible pour respecter l’ambiance générale du titre. Evidemment, il y a le talent de Joëlle Jones, la magnifique créatrice de Lady Killer, évidemment, il y a la fulgurance de Ryan Kelly, le dessinateur de The New York Four mais Drew Moss et Alise Gluskova peinent un peu entre ces deux artistes.

Ce tome est conçu comme un volume de transition. L’idée du préquel n’est pas forcément mauvaise mais pas assez fouillée à mon goût avec l’utilisation de quelques facilités d’écriture qu’on aurait pu éviter. Toutefois, on peut aussi se dire que cela permet de respirer un peu avant un volume six qui s’annonce dantesque. Il permet aussi de se faire une idée plus précise des origines des membres du Clarke qu’on trouvera plus ou moins attachants selon ses affinités.

Ce cinquième opus est conçu comme un préquel qui rassemble les origines des différents protagonistes du récit, humains ou aliens. On marque une pause dans le récit avec ces histoires rassemblées en un seul volume plutôt que disséminées dans les tomes précédents. Choix déroutant pour les lecteurs qui auraient voulu voir progresser l’aventure. Les amateurs d’origin stories devraient apprécier même si on reste un peu sur sa faim malgré tout.

La note de Sonia : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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