[Review] Letter 44 tome 1

Uchronie ou science fiction?

Stephen Blades a enfin réussi : il est le nouveau président des États Unis ! Cependant, sa mission semble plus ardue que prévue. En effet dès son premier jour d’investiture il reçoit une lettre signée par précédent président Francis T. Caroll.
Cette dernière l’informe que la NASA a découvert une construction extra-terrestre entre Mars et Jupiter et que le Projet Monolith est en marche
Le nouveau chef de la première puissance mondiale devra alors faire face à cette situation délicate et réparer ce qui lui semble être les erreurs de son prédécesseur…

Letter 44 tome 1 - Vitesse de Libération
Histoire : Charles Soule
Illustrations : Alberto J. Alburquerque
Coloristes: Dan Jackson, Shawn Depasquale
Contient les épisodes Letter 44 épisodes 1 à 6
Publié par Glénat Comics

L’avis d’Alex :

Vous pouvez retrouver l'interview du dessinateur Alberto Jimenez Alburquerque lors de la Comic Gone 2016

Nous suivons deux histoires parallèles : la première se déroule autour du nouveau président des États Unis Stephen Blades et la seconde au sein de l’équipe envoyée dans l’espace.
On a donc droit à une vue interne de ce que pourrait être la vie du président des États Unis, toutes les choses auxquelles il pourrait être confronté. Sans compter le fait que son prédécesseur est à l’origine de plusieurs conflits au moyen orient, dégradant ainsi son image auprès de l’opinion publique.
Il y a donc un aspect politique bien développé tout au long du récit, vous aurez donc droit à tout ce que l’on peut s’attendre de ce milieu : complotisme, trahison, alliance, etc.
Toute la politique militaire des USA n’est pas très développée pour le moment, mais l’opinion de l’auteur sur ce sujet est quand même claire. Il prend donc directement position envers la politique américaine actuelle car oui on ne peut s’empêcher de faire des liens directs avec le réel!

Charles Soule théorise bien à travers son récit ce que pourrait être la vie en communauté. En effet la deuxième intrigue de l’histoire met en scène l’équipe du Clarke au jour le jour dans la navette spatiale.
On est témoin de la promiscuité des lieux, de la difficulté des relations (il n’y a que deux femmes à bord pour sept hommes). De plus, la sexualité y est abordée ce qui me paraissait intéressant dans ce contexte, car la réalité ne doit pas être très loin ! On pourrait même affirmer que le Projet Monolith est une véritable expérience sociale : on observe neuf personnes d’origines ethniques différentes dans un espace clos (ce qui est paradoxale vu qu’on est dans l’espace, qui est littéralement un monde ouvert).
On a bien-sûr le droit au schisme scientifique/militaire, marque de fabrique de la science fiction,  qui est sans doute un hommage de la part de l’auteur au genre.

D’ailleurs est-ce vraiment de la science fiction? Le récit m’a d’avantage fait penser à de l’uchronie!
Définissions tout d’abord ce qu’est exactement l’uchronie: selon la définition de Larousse c’est la « reconstruction fictive de l’histoire, relatant les faits tels qu’ils auraient pu se produire ».
Mais peut-on parler d’histoire quand on remonte 8 ans en arrière? Personnellement je suis parti de ce postulat.
En effet Stephen Blades m’a grandement fait penser à Obama et le bouquin est sortie en 2015 (en France) donc encore pendant son deuxième mandat. De plus ses idées dans le récit semblent être plus proches de celles du parti démocrate que du parti républicain.
Et comme le reste du monde n’est pas censé être au courant de tout ce qui entoure le Projet Monolith, on peut tomber dans le conspirationnisme et penser que des projets similaires sont en cours.
Bien sûr mon parti pris peut-être complètement débattable! Mais j’ai trouvé qu’en prenant ce point de vue, cela enrichissait le récit.

Le dessin est impeccable et certains traits me font penser au travail de Rafael Alburquerque dans Amerisan Vampire. C’est amusant quand on sait que l’un est brésilien et l’autre espagnol ! Ce point commun pourrait peut-être s’expliquer par le fait qu’Alberto a commencé par la bande dessinée franco-belge, tandis que Rafael, même s’il n’en a pas dessiné, a quand-même grandit en lisant Astérix.
On peut deviner qu’il utilise un brush pen (stylo pinceau), ce qui donne un rendu très dynamique avec des traits francs et de forts contrastes. Personnellement j’adore ce style!
On ne voit pas de grandes différences entre les deux coloristes, peut être des couleurs un peu plus claires et moins froides pour les chapitres 3 à 6, mais rien de perturbant (j’ai quand même préféré les couleurs des chapitres 1 à 3 soit dit en passant, mais je  chipote un peu).
J’avoue que c’est le seul reproche que je puisse faire à ce livre, car en dehors de ça je ne vois pas de réel défaut !

Si vous êtes fan de voyage dans l’espace et d’intrigues politiques, ce récit est fait pour vous! Attention on est loin de House of Cards,  mais les trames sont assez développées pour être intéressantes. On a d’ailleurs droit à deux histoires parallèles qui s’imbriquent l’une dans l’autre et opposent deux modèles sociaux : un modèle tribal et l’autre d’avantage global. Le récit est donc bien plus riche qu’au premier abord ! Et c’est Alberto J. Alburquerque au dessin donc que du bonheur !

La note d’Alex : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Commentaires
Categories Alex, Nos chroniques
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