[review] Lazarus tome 5 – Génocide programmé

Lazare, lève-toi et marche !

LazarusLa guerre fait rage entre les familles soutenues par leurs différents alliés. Le clan Carlyle est affaibli par les blessures subies par le patriarche et par Forever, le Lazare de la famille. Remplaçant son père à la tête du clan, Johanna Carlyle tente de trouver des solutions pour ne pas perdre la partie face à ses adversaires. Il existe, en effet, une deuxième Forever qui s’entraîne au combat loin dans le plus grand secret mais elle est loin d’être opérationnelle…elle n’a que onze ans ! Les Carlyle pourront-il redresser la situation ?

 

 

Lazarus tome 5
Auteur : Greg Rucka 
Dessinateur : Michael Lark
Publié par Glénat Comics

L’avis de Sonia Smith :

Dès le premier volume, Lazarus m’a happée dans son monde dystopique peuplé de clans rivaux qui rappellent les affrontements entre familles mafieuses dans l’Amérique de Vito Corleone. Cette ambiance de tractations diplomatiques feutrées suivies de heurts violents sur fond de guerre de territoires est particulièrement bien restituée par un Greg Rucka qui continue à tirer les fils de multiples intrigues sans perdre pour autant le lecteur.

On s’intéresse ici à l’avancée du front comme si on suivait un véritable combat, il ne manque plus qu’une carte du front qui aurait permis de comprendre encore mieux les enjeux territoriaux. Les alliances entre familles aboutissent ici à des chocs entre Lazare parfois sanglants et sans pitié. On a donc ici affaire à un récit de guerre dans un univers dystopique particulièrement réaliste et pas forcément très loin du nôtre.

En parallèle se joue une fois encore le destin de Forever – ou plutôt des Forever – le personnage central de cette série, un personnage qui sait désormais qu’elle est avant tout une arme et une expérience génétique. Membre d’une famille sans en faire réellement partie, indispensable mais méprisée par sa fratrie, arme vivante mais remplie de scrupules, Forever est sans aucun doute l’être le plus humain du clan Carlyle. Pourtant les relations qu’elle entretient avec sa sœur Johanna, chef provisoire de la famille, gagnent en densité dans ce cinquième volume. Greg Rucka nous fait sans cesse hésiter entre expressions de sentiments sincères et soupçons de manipulations, on referme le volume sans avoir de réponse claire en attendant avec impatience l’évolution des échanges entre les deux sœurs. C’est tout le mérite de l’auteur d’humaniser un peu le personnage de Johanna et d’en faire un être aussi ambigu que son père.

Enfin, voir grandir la deuxième Forever et la voir prendre davantage d’importance dans ce volume augure de très bonnes choses pour la suite du récit. Sera-t-elle différente ? Disciplinée ? Insoumise ? Nul ne le sait encore mais on imagine bien que la petite va prendre une place de plus en plus grande par la suite et là encore, Rucka sait très bien tenir son lecteur en haleine. Si l’auteur insiste plus sur cette petite Lazare en devenir, il n’oublie pas les relations entre les Lazare adultes des différentes familles ce qui, là aussi, donne à voir des combinaisons complexes.

Quant au dessinateur, Michael Lark, il reste extrêmement régulier avec un dessin précis et dynamique qui fonctionne aussi bien sur les scènes d’action qui peuvent même se passer totalement de dialogue que sur des face à face explicatifs entre des personnages aux expressions contrastées.

Ce cinquième tome tient toutes ses promesses en alternant des scènes de guerre particulièrement sanglantes et des moments de pause où l’on voit évoluer Forever et les membres de sa famille, notamment sa sœur Johanna et son autre moi plus jeune. Suivre la destinée de Forever reste tout aussi captivant et la série ne perd pas en qualité, loin de là !

Avec Génocide Programmé, Greg Rucka et Michael Lark offrent un cinquième opus d’une grande intensité jouant sur plusieurs registres : le récit de guerre, l’ambiance mafieuse et l’histoire d’une femme hors normes à la fois prisonnière de son devoir mais aux prises avec des velléités d’indépendance. Lazarus décrit toujours avec brio le parcours chaotique de Forever Carlyle dans un univers où les factions se déchirent au son du canon. Lazarus démontre qu’il est possible d’écrire un excellent récit mettant à l’honneur un personnage féminin d’envergure et de le développer tout en conservant une vraie qualité narrative sur la longueur. Glénat Comics tient là une des meilleures séries du genre.

La note de Sonia Smith : 

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