[review] La sorcière rouge tome 1

Ma sorcière bien aimée ?

scarlet_witchWanda Maximoff vit désormais seule dans son appartement de l’Upper East Side à Manhattan. Seule…pas vraiment puisqu’elle est accompagnée du fantôme de son mentor Agatha Harkness avec laquelle elle dialogue en permanence. Parcourant les rues de New-York où les chats se mettent à mourir sans explication, Wanda se rend sur les lieux d’un crime dans lequel elle décèle une intervention mystique. La sorcière rouge commence alors une longue quête contre les manifestations magiques qui semblent se multiplier.

Auteur : James Robinson
Dessinateur : Vanesa Del Rey, Marco Rudy, Steve Dillon, Chris Visions, Javier Pulido
ce volume reprend les épisodes 1 à 5 de Scarlet Witch (2016)

L’avis de Sonia Smith :

Sortie presque en même temps que la superbe série The Vision, Scarlet Witch avait des arguments pour me séduire. Malgré les violents tourments qu’elle a créés dans l’univers Marvel, Wanda Maximoff est, à mon sens, un des personnages les plus intéressants et les plus riches de la licence, un être puissant et fragile qui peut anéantir en une seule phrase l’univers tout entier.

Avec un tel potentiel, pas évident d’exploiter correctement un tel sujet. Une série solo sur Scarlet Witch pouvait donc augurer du meilleur comme du pire. Le premier épisode est là pour planter le nouveau décor dans lequel évolue Wanda : le cœur de New York qui est, il faut le souligner, fort bien rendu par le dessin de Vanesa Del Rey. Wanda vit dans une relative solitude loin des équipes auxquelles elle a appartenu. Seule le fantôme d’Agatha Harkness lui tient compagnie et une compagnie très bavarde. Le dialogue entre les deux personnages est parfois bien amené, parfois carrément lourd et démontre une fois encore que Wanda ne peut vivre que dans l’interaction avec quelqu’un d’autre qui lui tient la main. Agatha est certes rajeunie – bien que morte – mais a, je trouve, perdu l’aura de mystère qui l’entourait auparavant. Est-elle là pour montrer que Scarlet Witch n’est pas encore stable mentalement et qu’elle a besoin de se raccrocher à un ectoplasme avec lequel elle dialogue.

Au cours des cinq épisodes, Wanda traque les manifestations magiques hostiles comme le fait Stephen Strange dans sa nouvelle série. Pourtant, je dois dire que la sauce a du mal à prendre et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu, le changement incessant de dessinateur n’aide pas à la cohésion du récit. J’ai beaucoup aimé les planches de Vanesa Del Rey ou les compositions inventives de Marco Rudy ainsi que les traits plus classiques mais efficaces de Steve Dillon mais je n’ai pas du tout accroché au style de Chris Visions ni, dans une moindre mesure, à celui de Javier Pulido. Mais la qualité d’un récit doit pouvoir transcender la partie graphique, ce qui n’est pas forcément le cas ici.

En effet, il y a clairement de bonnes idées dans ce titre : la volonté de Wanda de se reconstruire et d’assumer ses actes, de changer de vie et de combattre à son niveau pour le bien, le duo formé avec l’âme d’Agatha Harkness qui, malgré ses moments d’humour un peu lourdingue, fonctionne plutôt bien, son inscription dans le monde mystique et magique qui permet d’explorer des thématiques bien lointaines de celles auxquelles elle était confrontée avec les Avengers. Pourtant, tout ceci a du mal à fonctionner : le récit manque de fluidité, Wanda affronte des menaces décousues, le lecteur voit qu’il existe un fil rouge mais personnellement, j’ai eu du mal à trouver son intérêt. Les dialogues manquent de subtilité : que dire de cette phrase prononcée à l’issue d’un combat à mort : « j’ai remarqué une chose (…), tu n’as jamais eu d’ennemi juré…eh bien, c’est fait !« …mais qui a eu l’idée de dialogues pareils ? Dommage car le soufflet retombe direct et les quelques aspects épiques de l’aventure sombrent dans la petitesse.

Scarlet Witch est un titre sur lequel j’avais beaucoup d’attentes, trop sans doute. Si les couvertures de David Aja et les premiers épisodes tentent de donner un élan aux aventures de Wanda Maximoff, le titre a du mal à décoller et à tenir la longueur. J’attends le volume suivant pour voir si James Robinson a su rectifier le tir et trouver un ton juste pour conter la suite des aventures de Scarlet Witch

La note de Sonia Smith :

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Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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