[Review] Kill or be killed Tome 2

Pan, t’es mort !

Dylan est un locataire réglo, le jeune homme s’habitue très vite à s’acquitter chaque mois de son sanglant loyer. Très (trop) confiant, celui-ci ne voit pas la machine se dérégler sous ses pas. Tic, tac, tic, tac…

Kill or be killed Tome 2
Histoire : Ed Brubaker
Illustrations : Sean Philips
Encrage : Sean Philips
Couleur : Elizabeth Breitweiser
Contient les épisodes Kill or be killed #6-10
Publié par Delcourt




L’avis de Ginlange :

Sean Phillips et Ed Brubaker, respectivement au dessin et à l’écriture, œuvrent ensemble depuis plus de 10 ans, multipliant les séries et les coups de maître. Les deux comparses en sont devenus indissociables, la vision cinématographique de l’un complétant parfaitement la dramaturgie du second. Kill or be killed sublime cette parfaite osmose : un trait immersif, sec, sans concession où le réalisme bouscule le papier, au service d’une écriture sombre, incisive, millimétrée.

Le second tome de Kill or be killed impressionne plus encore que son prédécesseur par la fatalité qui respire au travers de chaque case, retraçant le parcours cathartique du jeune Dylan. Ayant été sauvé miraculeusement par un démon d’un geste aussi irréfléchi que désespéré, notre protagoniste doit tuer ou être tué. Mais quitte à être forcé d’ôter la vie, pourquoi ne pas débarrasser le monde de quelques pourritures au passage ? Le mal est-il une frontière tangible ? Et en ce cas, Dylan lui-même ne tangue-t-il pas du mauvais coté de la barrière ? Derrière une idée de départ d’une grande simplicité, le duo incontournable d’Image Comics continue de développer un récit aussi dense qu’intensément rythmé. Multipliant personnages, intrigues, réflexions pour avancer pas après pas vers un final ne pouvant qu’être explosif. Par cette seconde salve psychologiquement plus fouillée et à l’ambition narrative absolument folle, Brubaker n’a jamais semblé aussi retors et maître de son œuvre.

Chaque page atteint alors l’intensité d’un récit d’une maîtrise totale, conduit par un marionnettiste magnant à la perfection l’art de se jouer de ses personnages autant que ses lecteurs. Je ne peux que vous conseiller de plonger (ou replonger) dans ce sublime récit. Cette sombre tragédie aux résonnances shakespeariennes contant la fragile humanité, révélant un monde malade où solitude et violence dévorent les rues. Passionnant, prenant, impressionnant.

Seconde salve d’une œuvre virtuose où la maîtrise formelle des deux orfèvres du comics donne le tournis. Ceux-ci se permettant un récit aussi dense que fluide, aussi riche qu’essentiel.

La note de Ginlange : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Ginlange, Nos chroniques
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