[Review] Invisible Republic Tome 1

Une République dans les étoiles !

2843, le régime d’Arthur McBride vient de tomber, la planète-colonie Avalon est à l’agonie. Mais un journaliste en mauvaise posture, ayant grand besoin d’un scoop, tombe sur le journal de la cousine cachée du révolutionnaire. Celui-ci donnant une nouvelle vision de l’ascension au pouvoir du révolutionnaire. Un sujet à risque où de noirs secrets pourraient être révélés.

Invisible Republic Tome 1
Histoire : Gabriel Hardman et Corinna Bechko
Dessin: Gabriel Hardman
Encrage : Gabriel Hardman
Couleurs : Jordan Boyd
Contient les épisodes Invisible Republic #1-5
Publié par HiComics!




L’avis de Ginlange :

J’adore être perdu. Atterrir sur une planète que je ne connais pas, dans un contexte en mouvement et au fil des pages saisir les enjeux, les tenants et les aboutissants d’un univers inconnu. On arrive sur Avalon dans un chaos réjouissant, c’est la fin d’un régime. Lequel ? De qui ? Nous allons le découvrir en même temps que le protagoniste, journaliste en mal d’information et aussi à la ramasse que nous. Les meilleures histoires ne mâchent pas le travail au lecteur, ne lui livre pas les informations sur un plateau d’argent mais lui laisse le plaisir de les reconstituer au fur et à mesure, Invisible Republic fait partie de celles-ci.

Sur deux temporalités se joue une lecture ludique et additive, sans temps mort, regorgeant d’informations, de rebondissements. Un premier tome d’une série qui devrait en compter quatre, donnant tout de suite le ton : une tragédie S-F contant une grandiose ascension pour déchéance annoncée. Avec ses accents shakespeariens assumés, Gabriel Hardman nous livre un space-opera dans un futur sombre et violent, pour mieux dénoncer les dérives d’aujourd’hui.

Après chaque case, se dessine d’autant mieux le portrait de ce personnage autour duquel tout gravite. Arthur McBride. Mystérieux au possible. Celui-ci fascine autant qu’il révulse. Nous savons déjà qu’il arrivera au sommet, et chutera, suivre son parcours est d’autant plus puissant. J’ai tourné fébrilement les pages pour tenter de percer à jour ce passionnant protagoniste, aussi ambivalent qu’attirant. Voici la principale réussite d’Invisible Republic, celle d’être un véritable page turner tenant le lecteur en longue haleine, une soif de connaissance, de mieux cerner ce monde si étrange, ce personnage si opaque.

Une intrigue prenante doublée d’une construction imparable, une narration en deux temps fonctionnant à merveille et rendant le rythme toujours plus soutenu. Par les propos dans le présent d’un journaliste voulant enfin son heure de gloire. Et les pages du journal racontant le passé de Maya, cousine cachée du révolutionnaire, femme forte et complexe (telle l’héroïne de The Few). Derrière elle, un propos sur le pouvoir et ses dérives. Comment gouverner, mais aussi pourquoi gouverner ? En filigrane se dessine déjà dans ce premier tome, des réflexions semblant aujourd’hui, profondément d’actualité. Le statut, la motivation des lanceurs d’alertes, combattre un régime violent par la violence, l’inaction ou le combat, et à quel prix. Avec subtilité, le scénariste nous conduit à mettre en question chaque action de tous les personnages. De précieux questionnements moraux parfaitement traités.

Finissant la lecture, le parallèle évoqué avec Lazarus en quatrième de couverture me semble alors des plus justes, n’ayant pas vu de récit aussi immersif, âpre et cérébral depuis. Même dans les traits, les deux séries se rapprochent. Hardman illustre brillamment une planète à l’agonie, se noyant dans son propre désespoir. Un trait froid, concis. La colorisation accentuant d’autant plus l’immersion par deux époques à l’ambiance bien différente, l’une plus chaude, humaine et une seconde lointaine, plus pessimiste et austère.

Après The Few, Hi Comics nous prouve une nouvelle fois qu’ils ne sont pas en reste pour dénicher de belles pépites indé, avec un titre une nouvelle fois atypique et des plus fascinant. Invisible Republic est encore une fois un titre politique, engagé, un geste fort et actuel qui ne laissera personne de marbre. La date du deuxième volet n’a pas encore été annoncée, mais je sens déjà l’impatience grandir en moi, de découvrir la suite du destin unique d’Arthur McBride.

Exigeant et passionnant, haletant et tragique, Invisible Republic se savoure intensément, une pépite comme on en voit peu. Un titre à découvrir d’urgence !

La note de Ginlange : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Ginlange, Nos chroniques
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