[Review] Il faut flinguer Ramirez Acte 1

Laissez-vous aspirer par ce titre !

Tout est calme dans la petite ville de Falcon City en Arizona. L’entreprise Robotop escroque gentiment une population qui ne demande que ça en vendant des aspirateurs dernier cri. Au sein de l’entreprise, se meut un homme discret, un employé modèle, Jacques Ramirez, mais est-il seulement un génial réparateur d’aspirateurs ou le plus terrible tueur à gages du Mexique ?

Il faut flinguer Ramirez
Histoire : Nicolas Petrimaux
Illustrations : Nicolas Petrimaux
Publié par Glénat

L’avis de Sonia :

Avant la parution de cet ouvrage, j’avais pu découvrir le trailer réalisé par Nicolas Petrimaux pour présenter son récit. L’ambiance graphique très inspirée du jeu vidéo ainsi que le ton empli d’autodérision et de clins d’œil au cinéma des années 1980 promettait une belle lecture.

Nicolas Petrimaux démarre son ouvrage comme un vrai thriller, on se croirait presque dans Usual Suspects lors de l’interrogatoire qui ouvre le récit. Un flic interroge un employé sur un de ses collègues, un type sans histoire appelé Jacques Ramirez, soupçonné d’être l’assassin le plus dangereux du Mexique. En fin connaisseur du cinéma des années 1980 et 1990, Petrimaux déroule ensuite son histoire à toute allure, jouant sur l’humour, le cynisme et la dérision. Le lecteur peut se croire assez rapidement dans un film de Tarantino mais Petrimaux ne s’enferme pas dans cette référence unique et chacun peut retrouver des allusions à des films qui lui sont chers comme Thelma et Louise en ce qui me concerne, voire à une série comme Breaking Bad.

Nicolas Petrimaux raconte l’histoire d’un cartel mexicain cherchant à se venger d’un tueur qui lui a, semble-t-il, joué des tours et trahi. L’auteur révèle les éléments du récit petit à petit afin de mener le lecteur un peu à l’aveugle. Le personnage principal paraît presque insignifiant au premier abord : Jacques Ramirez est l’employé modèle d’une boîte qui fabrique des aspirateurs, il fait des heures sup’ sans rechigner, sert de souffre-douleur à un petit sous-chef et par-dessus le marché, il ne se plaint jamais pour la simple raison qu’il est muet. Ramirez est presque doté d’un super-pouvoir : il répare les aspirateurs comme personne ! Sa vie simple et ennuyeuse bascule lorsque les membres du cartel mexicain pensent reconnaître en lui le tueur dont ils cherchent à se venger depuis des années. On ne sait pas pourquoi, mais ça a plutôt l’air sérieux ! Et c’est là que Nicolas Petrimaux montre toute son habileté : il perd le lecteur en conjectures et place ses personnages dans des situations ubuesques qui font d’Il faut flinguer Ramirez un titre alternant entre le sérieux – ce sont quand même des tueurs – et hilarant.

Graphiquement, le travail de Nicolas Petrimaux est magnifique, on peut évidemment y déceler sa maîtrise du story-board et ses dessins évoquent le monde du jeu vidéo mais son trait fonctionne très bien dans cet univers américain et on sent également une imprégnation tout à la fois de la bande dessinée européenne et du comics, toutes ses influences se mariant dans ce syncrétisme réussi.

Enfin, c’est aussi un titre qui dénonce la société de consommation avec un humour décapant : l’auteur insère des pages de publicités aux textes particulièrement loufoques tout comme des articles de presse qui se moquent du journalisme à sensation ou de pseudo-investigation. je vous conseille vraiment de lire la moindre petite ligne car c’est un régal. En outre, l’entreprise Robotop et ses méthodes de marketing rappellent fortement celles d’une marque informatique bien connue puisqu’à chaque nouvel aspirateur, évidemment, il faut racheter tous les accessoires puisque les anciens ne s’adaptent pas…

Avec Il faut flinguer Ramirez, Nicolas Petrimaux signe un titre hors normes, un hommage aux thrillers des années 1980 ou aux séries plus récentes. Le scénario est à la fois assez déjanté et parfaitement maîtrisé, l’écriture est à la fois subtile, drôle et cynique. L’esthétique de l’ouvrage est particulièrement séduisante et chaleureuse. Ce titre est un OVNI qu’il ne faut absolument pas manquer tant il est surprenant et magistral.

La note de Sonia : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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