[Review] Green Lantern/Green Arrow

Un road-trip au « vert »!

Green Lantern/Green Arrow - Urban Comics

Ils ne sont pas les meilleurs amis du monde mais ils vont le devenir. Green Lantern et Green Arrow vont faire un voyage à travers les États-Unis, à la rencontre de sa population et de ses problèmes.

Green Lantern/Green Arrow
Histoire : Dennis O'Neil
Illustrations : Neal Adams
Contient les épisodes : Green Lantern 76-87, 89 + Flash 217-219, 226.
Publié par Urban Comics et chez Eaglemoss

L’avis de Comics Grincheux :

Green Lantern/Green Arrow est certainement l’une des séries les plus marquantes des années 1970 publié par DC Comics. Elle a tout d’abord une grande valeur historique. En effet, on nous propose ici un team-up entre deux figures connues et populaires de l’univers pendant de longs numéros. Ils vont partir à la rencontre du peuple américain et faire face à de nombreux soucis sociétaux. C’est aussi le reflet d’une époque marquée par l’ultra-libéralisme et les débuts d’une cassure nette entre deux Amériques. L’une, prospère, vit dans les villes et donne une image accueillante et chaleureuse. L’autre, plus précaire, vit dans les campagnes alentours et ne comprend pas le monde qui change autour d’elle. Malgré cet aspect historique qu’on pourrait penser daté, il n’en est rien puisque le récit est toujours d’une actualité brûlante.

Ensuite, la série est une merveille d’écriture et un régal pour les yeux. Neal Adams est un expert, aussi bien pour dépeindre des ambiances rurales, avec son lot de personnages bouseux et sales, que des ambiances urbaines. Il sait rendre à merveille un style de combat à distance pour Green Arrow, mettant le focus sur la dextérité de Oliver Queen et il sublime les pouvoirs de Green Lantern. Néanmoins, cela ne serait rien sans le talent de scénariste de Dennis O’Neil qui va faire s’affronter deux héros que tout oppose, eux aussi représentatif de deux Amériques radicalement différentes. Hal Jordan est un jeune homme plein de vie, blagueur, prenant le bon côté de son boulot de super-héros, en étant généreux et en aidant ses compatriotes. Oliver Queen est un homme riche mais bourré d’un sens des responsabilités aigu et de principes qui font de lui un super-héros social au tempérament explosif et parfois égoïste. Le duo n’arrêtera pas de se chambrer, bien aidé par l’ajout de Black Canary, elle aussi incisive et dans une relation compliquée avec Green Arrow. Mais ce sont surtout les affrontements moraux qui vont marquer la série, si l’un est toujours prompt à aider, il le fait en respectant la loi, l’autre préfère s’en affranchir pour réparer les injustices d’un monde qui l’énerve.

Mais bien entendu, si la série est aussi connu, c’est pour l’ensemble des phénomènes sociaux dont elle traitera. Plus qu’une critique parfois acerbe de la société à laquelle l’histoire se place, elle est surtout un reflet ainsi qu’un miroir qui nous est tendu, à nous. Que ce soit la pollution par le plastique, la place de la femme dans une société patriarcale, la drogue qui fait l’objet d’un double-épisode célèbre, le racisme dont John Stewart sera la victime, toute la série est une brillante démonstration des maux qui rongent la société et pervertissent les peuples. Le mieux étant que nos héros y seront directement confrontés et devront alors se remettre en question pour pouvoir avancer dans la bonne direction. Malgré tout, ce ne sera pas une histoire de happy-end et les choses se finiront rarement de la meilleure des façons. Les différents épisodes sont parfois crus, souvent amers.

Green Lantern/Green Arrow, ce sont les débuts d’un des duos d’artistes les plus iconiques du monde du comics qui n’aura de cesse de réinventer et de complexifier des figures de DC Comics, comme Batman. Mais, c’est surtout un monument d’écriture, entre des dialogues ciselés, des histoires qui n’hésitent pas à tirer à bout portant et à remettre en perspective la place des super-héros dans la société. C’est aussi la quintessence de l’art de Neal Adams, magnifiant à chaque fois les scripts de son comparse.

 

En bref, si vous aimez les chefs d’œuvre, vous devez lire Green Lantern/Green Arrow. C’est un récit d’ampleur historique parce qu’il est parvenu, dans une époque où la censure était reine à parler de sujets majeurs et importants comme le sexisme, le racisme, la pollution industrielle, la spéculation financière, la drogue, etc. C’est une œuvre encore actuelle et qui se lit encore très bien grâce au talent de scénariste de Dennis O’Neil et de dessinateur son compère Neal Adams. Une œuvre majeure, donc !

La note de Comics Grincheux : 

L’avis du Kit :

Quand DC Comics regroupe un héros urbain sans pouvoir particulier, si ce n’est son habileté à l’arc, avec un héros humain cosmique affublé d’un anneau lui permettant d’avoir de nombreux pouvoirs, ça donne un run culte des années 70 avec Green Arrow/Green Lantern. Une sorte de Buddy Movie/Road Trip du comics.

Nos héros sont en plus affublés d’un être supérieur, un Gardien d’Oa qui revient aux bases de la société terrienne et sort de son piédestal sur Oa.
Avec le tout, vous obtenez une bonne rétrospective sociale de la vie aux USA au milieu des années 70 : Crise, chômage, drogue, discrimination raciale, corruption, criminalité…L’occasion est faite d’y croiser également d’autres super-héros comme Black Canary, Guy Gardner, le 2nd Green Lantern terrien et John Stewart, futur membre du Corps. Dennis O’Neil nous sort de très bons épisodes vu à travers le regard de deux héros humains : un qui a toujours gardé les pieds sur « Terre » et un autre qui y a longtemps vécu mais qui a depuis oublié bon nombres de choses à son sujet à cause de sa mission en tant que Chevalier D’Émeraude. Un run marquant de l’Âge de bronze.

Le tout est accompagné des planches du grand Neal Adams, une légende du comics, qui a déjà collaboré avec O’Neil sur le titre Batman « Detective Comics« . Son style est efficace, détaillé et bien punchy. Avec ce graphisme, on prend du plaisir à suivre les aventures rocambolesques et humaines de nos deux super-héros vêtus de vert.

Pour résumer, le côté « old school  » pourra rebuter certains jeunes lecteurs, mais il serait vraiment dommage de passer à côté de cette pépite venue des années 70. Les traits d’Adams restes je trouve très modernes et efficaces. On peut féliciter Urban Comics pour sa ligne et ce choix éditorial, toujours agrémenté de bon bonus (préface et postface avec les couvertures originales), digne de ce titre marquant dans le monde des comics. Une référence dans le monde des comicbook grâce à l’aspect social de l’époque retranscrit avec brio par O’Neil.

La note du Kit: 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Commentaires
Categories Comics Grincheux, Kit Fisto, Nos chroniques
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