[Review] Grant Morrison présente Batman Intégrale – Tome 1

RIP, Zorro !

Talia Al Ghul, fille de Ra’s Al Ghul, un des plus redoutables adversaires de Batman, a une révélation à lui faire. Ils ont eu un enfant, prénommé Damian et âgé de huit ans. Face à son comportement de plus en plus instable, elle souhaite que le Chevalier Noir fasse son éducation. Mais arrivera-t-il à dompter ce fils instable, ayant reçu une formation d’assassin ?

Grant Morrison présente Batman Intégrale - Tome 1
Histoire : Grant Morrison
Illustrations : Andy Kubert, J.H. Williams III, Tony Daniel, Ryan Benjamin
Encrage : Jesse Delperdang, Andy Kubert, J.H. Williams III, Sandu Florea, Mark Irwin, Jonathan Glapion, Saleem Crawford, Tony Daniel 
Couleur : Dave Stewart, Guy Major, Alex Sinclair
Contient les épisodes Batman #655-658; #663-669; #672-681; 52 #30 et #47 (extraits); DC Universe #0
Publié par Urban Comics

L’avis de Comics Grincheux :

Autant mettre les pieds dans le plat immédiatement. Parmi tous les travaux que j’ai lu sur le personnage de Batman, le run de Grant Morrison est mon préféré ! Au moins, vous êtes prévenu.

Le postulat de départ de l’auteur sur le personnage est simple : tout ce qui a été écrit sur le personnage doit avoir un sens à un moment ou à un autre. La première conséquence est que Batman a eu un enfant de son aventure d’une nuit avec Talia sous l’ère de Dennis O’Neil et Neal Adams. Damian Wayne fait son entrée dans l’univers et autant le dire tout de suite, les débuts sont dynamiques ! Le gosse est insupportable, suffisant et veut prouver qu’il est le meilleur. Bref, ça ne commence pas sous les meilleurs auspices mais c’est aussi dans la logique du travail de l’auteur qui va se concentrer sur cet élément pour confronter plus directement Batman à son héritage et à son passé.

Et ce sera tout le discours du run et ces premières étapes posent des bases assez claires pour la suite. Grant Morrison va réutiliser même les éléments les plus obscurs de l’histoire du justicier pour construire une histoire à la narration perchée comme il en a le secret. Le premier conseil, c’est : accrochez-vous ! Si la première partie du tome est clairement accessible et facilement lisible, à partir de « Batman meurt à l’aube », les choses se complexifient et l’écossais part dans des délires psychédéliques qui lui auront valu des menaces de mort. Rien que ça ! Autant vous prévenir, à travers ses élucubrations, Batman RIP est le genre d’histoire qui divise. Soit on aime, soit on déteste. Le juste milieu n’existe pas ici ! Pourquoi ? Parce que l’arc provoque, bouscule les conceptions et tout ce qu’on pense savoir sur le personnage. Le message de Grant Morrison s’intensifie se diffuse et si vous n’êtes pas en accord avec celui-ci, forcément, ça va vous ennuyer. L’auteur mélange les styles, passant du polar au récit à tendance horrifique avec une aisance folle.  Il joue sur les symboles et les symboliques en incorporant énormément de mystique dans ses récits et il se permet de redéfinir le personnage.

Pourtant, ce qui frappe, c’est la cohérence globale. Plusieurs lectures permettent de découvrir des éléments déjà établis préalablement, préparant et anticipant les gros événements. L’ensemble ne forme qu’une seule histoire et ce premier tome pose des bases nécessaires pour comprendre la suite. L’auteur va utiliser énormément d’éléments qui proviennent de récits différents de différentes époques que le héros a traversé. Le tout pourra apparaître comme un étalage de confiture indigeste mais force est de constater que cela fonctionne totalement et donne là encore une cohérence d’ensemble non seulement au récit mais aussi au personnage.

Ce tome fait aussi la part belle à des dessinateurs talentueux. Adam Kubert dresse des premiers arcs somptueux avec des compositions qui subliment le script de Grant Morrison. Surtout, J.H. Williams III rend un travail fou lors de l’arc se déroulant sur l’île du Docteur Mayhew, avec des déstructurations qui montre la déstabilisation psychologique des protagonistes. RIP met à l’honneur Tony Daniel qui est le moins bon des trois dessinateurs principaux, rend un travail tout à fait correct même s’il aurait pu être encore plus fou dans ses pages.

Bref, les débuts du run de Grant Morrison sur Batman sont un incontournable. mais autant vous prévenir, ce n’est pas facile d’accès. La narration est perchée, l’auteur utilise beaucoup de connaissances sur le personnage et le tout pourra paraître indigeste à certains lecteurs. Mais si vous parvenez à passer outre et à considérer le message délivré, vous découvrirez un run culte, d’une richesse et d’une densité incroyable.

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Comics Grincheux, Nos chroniques
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