[Review] Fondu au Noir

Un bon plat d’hiver : la “Fondu” Hollywoodienne

Un film noir dont les scènes doivent sans cesse être retournées. Un scénariste de cinéma traumatisé, alcoolique et détenteur d’un terrible secret. La mort suspecte d’une starlette… Un directeur de studio hystérique prêt à tout pour boucler ses films avant l’effondrement de l’âge d’or du cinéma. Fondu au noir est un thriller hollywoodien où il est question de course à la célébrité, de sexe et de mort !

Fondu au noir
Histoire : Ed Brubaker
Illustrations : Sean Phillips
Contient The Fade Out #1-12
Publié par Delcourt Comics

FONDU AU NOIR vient de remporter le prix BD GEST – COMICS 2017 !

L’avis du Kit :

Fumer tue ?

1948, Hollywood, Charlie “Chuck” Parish, scénariste, se réveille avec une sacrée gueule de bois et le corps d’une vedette de cinéma dans la pièce d’à côté. Celui-ci, par peur d’être accusé à tort de ce meurtre, efface les traces de son passage. Il s’aperçoit quelques temps après que le meurtre de la jeune Val Sommers a été maquillé en suicide. Par qui ? Pourquoi ? S’en suit alors de sa part des investigations afin de savoir qui a voulu étouffer cet homicide et surtout qui l’a commis.

Dans le monde des comics contemporain, le terme “polar” est souvent associé à Ed Brubaker. L’auteur américain a déjà signé de très bons titres dans cette catégorie : Velvet, Gotham Central, Fatale, Captain America – The Winter Soldier, Daredevil et bien d’autres. C’est cette fois le souvenir d’un de ses oncles, scénariste hollywoodien de l’époque,  qui l’a poussé à écrire une histoire sur le monde du cinéma à la fin des années 40, le tout saupoudré évidemment d’une intrigue policière. Le retour à cette période est l’occasion de mêler plusieurs thèmes autour de cette enquête : le trauma d’une guerre récemment terminée, la pression des producteurs de ciné et des studios , la chasse aux sorcières des communistes et de leurs sympathisants, la ségrégation raciale, les mœurs débridées et pas toujours clean du tout Hollywood. On se retrouve donc dans une ambiance à la James Ellroy dans ses romans L.A Confidential ou encore Le Dahlia noir (adaptés d’ailleurs au ciné) où le monde est plongé dans un total pessimisme et la société gangrenée par la corruption. Rien de très joyeux mais c’est cette ambiance de l’époque qui a toujours fait écho des décennies plus tard dans la culture populaire. Donc oui, le récit n’est sans doute pas forcément original sur le fond, mais sur la forme, Brubaker a toujours sa touche personnelle pour rendre un récit accrocheur, documenté et intéressant.

Qui dit Brubaker, dit fidélité, et parmi ses fidèles illustrateurs, on trouve le britannique Sean Phillips (Fatale, Criminal, Wonder Woman, Scène de crime, Walking Dead, etc.qui signe ici l’intégralité des planches sur les 12 épisodes. L’artiste est toujours aussi bon et efficace. On ressent pourquoi le scénariste aime toujours travaillé avec Phillips, Steve Epting ou Michael Lark, les trois illustrateurs ont toujours une certaines proximité dans les traits, et leur réalisme dans le découpage fait des merveilles. C’est ici le cas pour la narration visuelle de Sean Phillips. C’est également une fidèle de l’auteur qui colorise le tout, en la personne de Elizabeth Breitweiser (Velvet, Outcast, Fatale, etc.) . Sa colorisation accentue le côté polar noir de l’œuvre. Bref, dessins et couleurs collent parfaitement avec l’ambiance. Une lecture qui se fait comme si on se trouvait devant un roman ou film policier.

Le duo formé par Ed Brubaker et Sean Phillips frappe à nouveau, pour leur plus ambitieux projet ! Une ambiance rétro du Hollywood de la fin des années 40, pleinement inspirée de l’époque et des œuvres noires à la James Ellroy. C’est d’ailleurs ce qui fait que l’on a déjà une impression de “déjà vu” en lisant ce recueil. Mais on ne boude pas non plus son plaisir, car ce très bel écrin des Éditions Delcourt vous est tout de même servi par un auteur plus que reconnu dans le milieu, lui-même secondé par un dessinateur de talent et une coloriste émérite. Une très belle édition qui peut trôner fièrement dans une bibliothèque de comics indé.

La note du Kit : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Kit Fisto, Nos chroniques
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