[Review] Divinity II

Dieux est une femme (russe, communiste et en colère) !

Divinity II chez Bliss ComicsEn pleine guerre froide, l’URSS a envoyé dans l’Espace 3 orphelins recrutés et entraînés tout spécialement.
Sur un astre inconnu, l’équipage est entré en contact avec une entité capable de doter un être humain de pouvoirs illimités, quasiment divins. Un premier astronaute, Abram, a ensuite regagné la Terre et tente de vivre en pays avec l’humanité.
Mais voila que ses collègues, qu’ils avaient abandonné dans l’espace, viennent de réapparaitre avec les mêmes pouvoirs que lui et une certaine envie de remettre le monde sur de bons rails.

Divinity II
Histoire : Matt Kindt
Illustrations : Trevor Hairsine
Contient les épisodes Divinity II 1 à 4
Publié par Bliss Comics

L’avis de Matt :

La mini série Divinity racontait donc le retour sur Terre d’un cosmonaute doté de super-pouvoirs qui revenait sur Terre par amour.
Abram n’avait pas vraiment envie d’en découdre. Il voulait juste revoir les siens.

Valentina, c’est autre chose. C’est la haine et la rancœur qui vont lui donner le courage d’affronter la mort, de se transcender et de regagner la Terre. Elle est de retour pour se venger de son collègue Abram qui l’a abandonné à son sort dans l’Espace. En route, elle découvrir la chute du bloc soviétique et va choisir de redorer également le blason de la mère patrie.
En gros, elle est là pour en découdre.

L’opposition entre les deux héros aux potentiels infinis promet d’être épique. Il n’en est rien.
Les auteurs placent cet affrontement sur un terrain plus psychologique. Les deux cosmonautes étant des orphelins durement entraînés et privés d’amour. Leurs pouvoirs s’annulant eux même, ils devront se manipuler pour tenter de sortir victorieux de cet échange.
Les personnages Valiant mis en scène ici ne servent d’ailleurs que de figurants. Ils ne jouent pas dans la même cour, ni sur la même échelle de puissance.

La Statue de la Liberté dans Divinity II

Le scénariste Matt Kindt réussi un pari difficile.
Non seulement il doit réussir à créer des enjeux dans un récit mettant en scène le face à face entre des héros et un être quasi divin mais il doit par ailleurs raconté sensiblement la même histoire dans deux mini séries différentes.
Les deux incarnations de Divinity ont en effet beaucoup de point communs et peuvent détruire leurs adversaires sans grands efforts. Il faut malgré tout créer du suspens, un récit cohérent et une conclusion à cette histoire qui pourrait être perdu d’avance. Kindt met donc en scène ces personnages sur un terrain émotionnel : l’amour pour Abram, la rancœur pour Valentina (tiens, des personnages cosmiques qui tirent leurs pouvoirs de sentiments, ça me rappelle quelque chose…).
L’histoire propose malgré des exemples de la toute puissance de ses héros comme quand le temps est représenté sous la forme d’un livre (une très belle double page) ou quand la flamme de la Statue de la Liberté est remplacée par une faucille et un marteau.

C’est de nouveau le dessinateur Trevor Hairsine qui se charge de la partie graphique.
J’aime vraiment cet artiste et sa prestation est toujours aussi soignée. Les héros sont toujours aussi massifs et imposants et l’auteur s’amuse à mettre en scène des pouvoirs complexe avec la plus grande fluidité comme lorsque les héros s’affrontent à travers le temps ou lorsque Valentina accède aux souvenirs d’Abram.
Parfois, les ombres sur les visages un peu lourde sont le point discutable des illustrations de l’artiste.

Divinity II et son combat à travers le temps

Divinity II réussi le double exploit de rendre intéressant la confrontation d’un être quasi-divin avec ses antagonistes, mais aussi de le faire une nouvelle fois. Même type de récit que dans Divinity I, mêmes auteurs, mêmes enjeux… et même réussite.
Divinity II est une nouvelle réussite à mettre au crédit de Valiant Comics et si le titre est vraiment court (4 épisodes), on se consolera avec les presque 30 pages de bonus qui complètent ce volume.

La note de Matt : 

 

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Categories Matt, Nos chroniques
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