[Review] Delilah Dirk et le lieutenant turc

Un Indiana Jones en jupons au pays du sultan

Selim est un des janissaires de la cour du Sultan d’Istanbul. Ce dernier a pour habitude de traiter ses serviteurs comme des moins que rien et de les exécuter au moindre prétexte. Selim, qui cherche toujours à bien faire, courbe l’échine en tentant de remplir ses tâches avec soin. Une rencontre inattendue va le pousser à donner à sa vie monotone un nouveau tournant : dans les prisons du Sultan se trouve une femme au caractère bien trempé nommée Delilah Dirk.

 

 

Delilah Dirk et le lieutenant turc
Auteur : Tony Cliff
Dessinateur : Tony Cliff
Publié par Akileos

L’avis de Sonia Smith :

Avec Delilah Dirk, Tony Cliff nous propose de rencontrer une héroïne surprenante, une combattante au caractère impétueux, en quête d’aventures en tous genres. L’idée de lire les aventures d’une femme forte qui met l’Empire ottoman à feu et à sang a de quoi séduire, c’est pourquoi je me suis lancée à la découverte de ce récit.

L’histoire se déroule au début du XIXe siècle, en 1805, à la cour de Constantinople – Istanbul. Habilement, Tony Cliff commence par planter le décor et nous entraîne dans un véritable palais des mille et une nuits. On est cependant bien loin d’un conte de fée : la cour est un endroit épouvantable, à la merci d’un sultan capricieux. On ne rencontre pas Delilah tout de suite mais on fait connaissance avec Selim, un jeune janissaire un peu maladroit qui a bien du mal à trouver sa place au milieu de toute cette violence ordinaire. Selim nous est immédiatement sympathique et on a très envie qu’il se sorte de ce bourbier.

C’est là que Tony Cliff introduit le personnage central : Delilah Dirk croupit dans les geôles du Sultan en maugréant. Delilah a déjà une réputation légendaire, ses multiples aventures et ses exploits sont connus de par le monde. C’est une jeune aristocrate britannique qui rejette le conditionnement social qui voudrait la cantonner à un rôle de femme au foyer et vit sa vie à cent à l’heure. Delilah rappelle donc certaines figures féminines des romans anglais qui se mettent en marge pour profiter d’une existence vouée à l’aventure. On retrouve chez elle beaucoup du personnage d’Indiana Jones et un peu de James Bond car elle a des gadgets surprenants et une ingéniosité débordante.

L’alliance entre Selim et Delilah offre un duo explosif prêt à toutes les aventures, à braver les sultans et les pirates pour dérober des artefacts et des trésors. Lire Delilah Dirk, c’est comme plonger dans un récit mettant aux prises Aladin et les quarante voleurs, James Bond et le Spectre, Indiana Jones et une horde de nazis. Ce qui change avec Delilah Dirk, c’est qu’on s’attache à un personnage principal incarné par une femme forte, qui assume pleinement son désir d’aventures. Selim est, quant à lui, loin d’être cantonné à un rôle secondaire, même si on peut le comparer à un sidekick de super-héros. C’est d’ailleurs Selim le narrateur, c’est donc à travers ses yeux que le lecteur perçoit le récit.

Graphiquement, Tony Cliff a un trait qui rappelle les dessins animés de Disney et fait inévitablement penser à Aladdin. Ses planches sont dynamiques, explosives et joyeuses. Le traitement des personnages progresse tout au long du récit. Très anguleux dans les premières pages du récit, Tony Cliff offre, au fur et à mesure des pages, des traits plus ronds et plus doux.

Certaines parties du récit sont parfois un peu elliptiques et on ne sait pas encore pourquoi Delilah dérobe des parchemins ou recherche des sites antiques. On imagine avoir la réponse dans les volumes suivants mais pour l’instant, on reste un peu sur sa faim. L’auteur ne veut sans doute pas griller toutes ses cartouches et dévoiler au fil des tomes des informations sur ses personnages.

Delilah Dirk et le lieutenant turc est un récit d’aventures qui va à cent à l’heure et qui a le mérite de mettre en scène une héroïne décomplexée dans un XIXe siècle pourtant encore empreint de conservatisme. Le duo de choc formé par Delilah et Selim fonctionne très bien et devient vite attachant. Vous voulez un récit mélangeant les contes des mille et une nuits et les aventures d’Indiana Jones saupoudrées d’un zeste de James Bond, alors foncez, Delilah Dirk est fait pour vous !

La note de Sonia Smith : 

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Categories Nos chroniques, Sonia Smith
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