[Review] Deathstroke Rebirth Tome 1

Pour les professionnels !

Slade Wilson est Deathstroke : mercenaire, assassin d’élite. Ça, on le sait tous. Mais ce qu’on connait moins, c’est qu’il a aussi une famille composée de trois enfants : Grant, Joseph et Rose. La nouvelle série sur le personnage nous propose le récit de cette famille dysfonctionnelle !

Deathstroke Tome 1 : Le professionnel
Histoire : Christopher Priest
Illustrations : Carlo Pagulayan, Larry Hama et Joe Bennett
Encrage : Jason Paz, Mark Morales et Belardino Brabo
Couleur : Jeromy Cox
Contient les épisodes Deathstroke Rebirth #1 et Deathstroke Vol. 4 #1-5
Publié par Urban Comics


L’avis de Ben :
Le titre a une lourde tâche, plébiscité par Comics Grincheux et Bomask, j’attaque la lecture avec une haute attente.

Ces dernières années, Deathstroke est sorti du cercle fermé des lecteurs de comics grâce à la série Arrow et Manu Bennett qui l’incarne dans la série avec pas mal de classe. Cette mise en avant rend Deathstroke Rebirth populaire en attirant des regards non initiés vers lui. Le titre mélange l’histoire de Slade Wilson (Deathstroke, donc), et une quête actuelle permettant d’approfondir la connaissance du personnage. Plutôt bien joué car il permet de répondre à la quête de connaissances du néophyte.
Cependant, la narration telle que l’auteur, Christopher Priest, a choisi de la présenter peut être perturbante. L’enchaînement des actions et des lieux n’est pas toujours simple à suivre et les sauts dans le temps avec les flashbacks peuvent être un peu perturbants. Une deuxième lecture du titre peut être utile pour finir d’éclaircir l’ensemble.

Au niveau du scénario, le nerf de l’intrigue est basé sur la relation père/fille et n’a rien d’original. Heureusement que l’ensemble est placé dans la continuité de l’histoire de Deathstroke avec notamment sa conception du rôle de père. De la même manière, le cliffhanger n’a pas fonctionné sur moi, aucune surprise.
En ce qui concerne le dessin, il est agréable, l’action est bien retranscrite et l’immersion est complète. Il n’est pas constant et n’est donc pas dans le top niveau des titres Rebirth mais clairement il ne s’agit pas d’un frein à l’histoire.

Quoiqu’il en soit malgré ces quelques petites imperfections Deathstroke Rebirth est un bon titre qui aura mérité sa place au rang des bonnes surprises mais quand même un cran en dessous de Green Arrow ou Superman pour n’en citer que deux. Deathstroke Rebirth nous plonge dans l’univers tortueux de Slade Wilson en nous plongeant dans son passé. À lire assurément.

La note de Ben : 

 

L’avis de Comics Grincheux :

Christopher Priest avait frappé fort pour son arrivée dans le monde des comics en réinventant Black Panther au travers de sa narration si particulière, faite d’ellipses et de changements perpétuels entre les personnages. La première chose à savoir, c’est que cette nouvelle série sur Deathstroke lui permet d’aller encore plus loin dans cette approche en déstructurant encore plus son récit. Il alterne ainsi entre les personnages mais aussi entre les époques. Là où il est malin, c’est que ces coupures sont toujours justifiées, affichées et anticipées puisqu’elles permettent de répondre à la séquence précédente en mettant en avant un point de l’intrigue, que ce soit une relation ou une action. Si les premiers temps de la lecture demanderont de l’adaptation, la folie du récit l’emportera rapidement !

D’ailleurs, ce récit est mené tambour battant. Au milieu de cette intrigue qui nous propose d’explorer les relations familiales chez les Wilson, en présentant Slade comme un parfait enfoiré, il y a aussi de nombreuses scènes d’action superbement mises en scène et des dialogues qui permettent à l’auteur d’explorer ses personnages, leurs états d’âmes et leur rapport au mercenaire. Ce sont surtout les flahsbacks de la série qui vont approfondir ce anti-héros, à travers une exploration intégrale des Wilson. Entre Slade qui prouve son amour de la façon la plus étrange à sa fille ou le rapport entre l’assassin et son ex-femme, qu’on peut qualifier au mieux de conflictuel, il y a une exploration thématique très riche et dense et qui continuera de s’intensifier dans les prochains tomes. Mais ce n’est pas tout puisque l’auteur en profite également pour faire intervenir Deathstroke sur des terrains de conflits armés très intenses, interrogeant sur le poids des milices privées au sein de ces derniers. L’assassin est un électron libre, sans aucune attache et c’est pour ça qu’il accepte tous les contrats possibles mais il a pourtant des principes. Son intelligence, son pragmatisme sont alors mis en avant de la plus belle des façons et Christopher Priest parvient à écarter le côté bourrin trop souvent mis en avant chez le personnage pour refaire le point sur l’homme qui se cache sous le costume.

Finalement, c’est ça l’intérêt numéro un de cette relance du personnage. Ecartant totalement l’ultra-violence au profit de quelque chose de plus poussé, le récit ne ravira pas les fans d’action brute et décérébrée mais comblera ceux qui aiment les personnages fouillés, construits et qui doivent se remettre en question. En clair, c’est passionnant pour peu que vous vouliez en apprendre plus sur le personnage et sa famille. On se retrouve ainsi face à une véritable saga familiale où ce sont les rapports conflictuels qui font avancer la série. L’autre point fort du récit, c’est son intégration dans l’univers DC qui fait intervenir certains personnages clés en les confrontant au mercenaire, permettant ainsi d’interroger encore plus le protagoniste ainsi que ceux qu’il affronte. Pour autant, ce premier tome constitue une pure introduction en ce sens qu’elle présente Deathstroke aux nouveaux lecteurs ainsi que la galaxie de personnages qui vont nous intéresser pendant le run. Forcément, ça pèche un peu au niveau de l’avancée de l’intrigue mais comme pour Black Panther, le récit est construit sur le long-terme et des éléments anecdotiques prendront tout leur sens plus tard, donc soyez vigilants !

Du côté des dessins, ce n’est pas toujours au top, la faute à une certaine irrégularité. Si Carlo Pagulayan est excellent, que ce soit pour mettre en cases les séquences d’action ou les dialogues, jouant sur les expressions faciales, Joe Bennett est meilleur dans les séquences d’action pure, laissant de marbre face à des scènes de dialogues peu originales. On se retrouve tout de même face à des dessins très agréables mais l’un se débrouille mieux avec des compositions très construites et élaborées dans les moindres détails tandis que l’autre se contente de moins de folie et de moins de précision.

En bref, Deathstroke Rebirth, c’est une des meilleures séries estampillées Rebirth. Dense, complexe mais aussi passionnante parce que basée sur des personnages très bien écrits, la série se permet alors une intrigue qui va se poursuivre dans les prochains tomes, en interrogeant l’univers DC et les rapports existants dans la famille Wilson. Un bijou !

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Ben, Comics Grincheux, Nos chroniques
Jetez un oeil ici...