[Review] DC Univers Rebirth : Le Badge

Un simple smiley pour bousculer l’univers DC !

/!\ Prenez garde aux spoilers si n'avez pas suivi le début de DC Rebirth /!\

DC Univers Rebirth : Le BadgeL’univers DC est sur le point de rencontrer l’univers Watchmen. Afin d’en savoir plus sur le pourquoi et surtout le comment de cet improbable évènement, Batman et Flash vont s’unir afin de mener l’enquête !

DC Univers Rebirth : Le Badge
Histoire : Tom King, Joshua Williamson, sur une idée de Geoff Johns
Illustrations : Jason Fabok, Howard Porter
Encrage : Jason Fabok et Howard Porter
Couleur : Hi-Fi et Brad Anderson
Contient les épisodes Batman, vol. 3 #21-22; The Flash, vol. 5 #21-22
Publié par Urban Comics

L’avis de Spider-Matt :

Le projet est ambitieux : marier l’univers des Watchmen avec le Rebirth de DC Comics. Nous avions pu en voir l’amorce alors que Wally West revenait dans la réalité Rebirth et qu’il affirmait à Barry Allen qu’une entité leur avait volé 10 ans de vie ainsi que des souvenirs et des personnes. Au même moment, le badge du Comédien se retrouvait dans la Batcave attirant la méfiance et la curiosité du maître des lieux.

C’est dans ce contexte que les deux enquêteurs de la Ligue de Justice, à savoir Flash et Batman, vont s’allier après que ce dernier ait remarqué une interaction pour le moins étrange entre le badge et le masque du Psycho-Pirate. En effet, celui-ci est le seul personnage ayant connaissance des réalités alternatives qui existaient avant les crises multiples de DC. Après que Bruce ait requis la présence de Barry dans son repaire celui-ci est attaqué par un puissant ennemi. Tom King commence fort avec ce premier numéro en y installant une tension folle, nous suivons ce combat tout en regardant un certain décompte installé en bas de chaque case en retenant notre souffle.

La suite du récit se fera en collaboration avec Joshua Williamson et nous montrera le duo d’enquêteurs traverser les réalités et le temps sur le Tapis Cosmique afin de retracer l’origine de cette attaque. L’event Flashpoint y aura une place centrale et beaucoup de personnages disparus et/ou oubliés réapparaîtront. Batman et Flash seront déconcertés et perdus au fur et à mesure qu’ils feront leurs découvertes. Un peu à l’image du lecteur qui sera noyé dans ce mélange de timelines/réalités/dimensions/crises. Mais pas d’une manière péjorative, il faudra se prendre au jeu, lâcher prise et suivre le flux temporel que les auteurs veulent nous faire découvrir. Le tandem fonctionne bien et est logique : Batman est le meilleur détective du monde et Flash est un excellent policier scientifique. A eux deux, ils mettront leurs capacités en commun et en résultera cette synergie qui les fera avancer de manière efficace. Ils ont tous les deux vécu un drame familial, ce qui renforcera leur lien. Pour finir Bruce va voir tout ce qui le fait avancer dans la vie être remis en question : Pourquoi est-il Batman ? Doit-il continuer à incarner ce justicier ? Le tout apportera beaucoup de questions mais pour l’instant encore peu de réponses. Espérons que celles-ci arriveront avec la suite, Dommsday Clock, écrit par Geoff Johns et mis en images par Gary Franck, dont un aperçu de quelques pages en noir et blanc nous est proposé en fin de volume.

La partie graphique est signée Jason Fabok et Howard Porter. Leurs dessins sont magnifiques et on en prend plein les yeux : des doubles pages, des pleines pages, des plans larges, de la diversité dans la composition des planches, bref un plaisir visuel pur mis en valeur par des couleurs vives et très bien choisies.

Le récit est assez court (à peine 112 pages) mais mené de main de maître. L’ambiance est à l’image du premier numéro : nerveuse et haletante et la partie graphique est sublime. Un très bon prélude à la rencontre de deux univers à ne pas manquer.

La note de Spider-Matt : 


 


Batman Watchmen Le Badge DC Comics

Batman changeant la déco de sa cave

L’avis de Matt :

DC Comics a une lourde tâche : restaurer la confiance de ses lecteurs !
Le reboot total de son univers durant l’événement New 52 a laissé des traces. Les anciens lecteurs déplorent l’abandon par l’éditeur de sa propre Histoire. Avec Rebirth, DC Comics devait trouver un consensus en restaurant une partie de l’antique continuité, notamment Superman, sans pour autant renier ses New 52. Vaste programme.
Pour justifier cette nouveauté, le pari de s’appuyer sur l’aura de Watchmen est des plus culottés. Les Watchmen côtoieraient la Justice League ? Dans le fond de la salle, Alan Moore s’étrangle.
Mais après tout, pendant les New 52, DC Comics a incorporé des figures de Wildstorm ou de Vertigo à son univers central. Avant ça, des personnages de Charlton Comics ou Fawcett Publications avait intégré l’univers DC Comics. L’intégration d’autre univers et l’agglomération de personnages fait partie intégrante de la vie de DC Comics.
Donc, pourquoi pas Watchmen ?

Au tout début de Rebirth, Batman découvre dans la Batcave un élément qui n’a rien à y faire : la badge du Comédien, symbole s’il en est de la série Watchmen. Les fans prennent feu. Watchmen et Batman dans le même univers ne laissent personne de marbre.
Dans Le Badge, DC Comics lance enfin l’enquête sur cette mystérieuse apparition, près de deux ans après en avoir posé les bases. Flash rejoint le chevalier noir pour l’assister dans son enquête et on profite des facultés du bolide écarlate pour donner aux anciens lecteurs ce qu’ils réclamaient : un aperçu du DC Comics pré-New 52. L’ancienne continuité n’est pas morte. Elle existe toujours et, en quelques cases, Geoff Johns et Jason Fabok ouvrent la boite de Pandore. En validant le fait que l’ancienne continuité existe toujours quelque part, ils pré-approuvent la possibilité pour d’autre scénaristes de pouvoir y transposer des histoires ou d’y piocher des éléments.
Lecteur de la première heure, soit rassuré : il est possible que ton ancien univers réapparaisse un jour ou l’autre, même le temps d’un simple  arc.

Bon, et le badge dans tout ça ? Eh bah rien ! Le Badge (l’événement) est juste un prétexte à ce qu’on vient d’évoquer. Quant au badge (l’objet), il est lui même un prétexte qui ne sert qu’à déclencher Le Badge (l’événement).
Les héros se posent beaucoup de questions autour de l’objet, obtiennent peu de réponses et seul le lecteur initié comprendra la mise en abîme totale de ce récit. En cela, cet event est totalement méta. Il ne raconte pas vraiment une histoire de super-héros. Il illustre plutôt la réflexion d’un staff éditorial tentant de construire une cohérence totalement artificielle pour répondre à ce qu’il imagine être les souhaits du public. La BD en elle-même passe au seconde plan.
Alors oui, c’est très bien illustré, un peu épique pas désagréable à lire mais… ça n’apporte rien. Le Badge est un teaser, un support publicitaire pour les événements de futurs événements dont Doomsday Clock qui officialisera l’existence des personnages de Watchmen dans l’univers DC Comics. Urban Comics propose deux éditions de cette saga. La première en kiosque dans les pages des magazines de ce mois-ci, la seconde en librairie avec un bonus les premières pages en noir & blanc de Doomsday Clock.

On attendra donc ce dernier pour savoir si DC Comics est actuellement sur de bons rails ou si le fan service basique a remplacé toutes volontés artistiques et éditoriales. Pour l’instant, avec Rebirth, Le Badge et Doomsday Clock, on regarde DC Comics construire un univers en Lego, empilage de briques de couleurs différentes posées au hasard, une par une…

Si Le Badge n’est pas totalement raté, il n’est clairement pas réussi non plus.
Il s’agit d’une saga de transition, une mise en abîme des processus industriels des comics dans lesquels les héros (super-héros fictifs ou staff créatifs de DC Comics, au choix) se débattent dans un univers visiblement trop grand pour eux. Les dernières pages nous infligent une révélation que les nouveaux lecteurs ne comprendront pas et que les anciens lecteurs auront vu venir.
Bref, c’est juste une transition vers de prochains événements.

La note de Matt : 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Matt, Nos chroniques
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