[Review] Daytripper

Jusqu’à la fin…

Bràs de Oliva Domingos est le fils d’un auteur. N’obtenant pas le même succès que son père, il écrit des rubriques nécrologiques dans un journal de Sao Paulo. Le récit se propose de présenter sa vie de son début jusqu’à sa fin en s’interrogeant sur le but de la vie.

Daytripper - Au jour le jour
Histoire : Gabriel Ba et Fabio Moon
Illustrations : Gabriel Ba et Fabio Moon
Contient les épisodes Daytripper #1-10
Publié par Urban Comics




L’avis de Comics Grincheux :

Daytripper est un comics très particulier, que ça soit par ses dessins ou par son ambiance. Pour cause, il se passe au Brésil et il est écrit par deux frères jumeaux qui y vivent. Le dépaysement est total et on profite alors de décors magnifiques et mis en valeur par une très belle colorisation.

Là où le comics frappe fort, c’est son scénario et l’écriture. Ecrit à la façon d’une ode à la vie, il se dégage quelque chose de poétique et de mélancolique à travers chacune des pages de l’œuvre. Si, en plus, on ne connait rien de l’histoire, on est tout de suite capté par cette manière mystérieuse de narrer les événements, grâce à un narrateur omniscient qui semble chroniquer les derniers instants de la vie de notre héros. La narration est minimaliste, le titre faisant l’économie des mots au profit des gestes et des regards, à travers une reproduction fidèle des émotions humaines. La preuve supplémentaire d’une chronique pleine d’instants de grâce.

Mais Daytripper est surtout un de ces comics qui vous fait réfléchir. Sur la vie, la façon de la vivre ; sur la mort et sur ce que l’on veut laisser de notre passage. C’est une histoire de mortalité chroniquant des instants de vie tels des instantanés importants et nécessaires à son appréciation. Chacun des chapitres va offrir un nouveau regard sur la vie du personnage principal. Jamais condescendant ni dans le jugement, le comics ne cherche pas à donner des leçons mais plutôt à mettre en valeur les bonheurs de la vie : tomber amoureux, se sentir libre, forger une amitié, etc. Surtout que le récit se permet d’être simple d’accès, ne se perdant pas dans des artifices et une complexité inutile. Pourtant, si le récit est proposé dans une structure non-chronologique tout est fait de manière fluide, de façon à suivre le héros dans chacune des étapes marquantes de sa vie. La narration est alors impeccable !

Enfin, les dessins participent eux aussi à cette ambiance mélancolique. Baignant toujours dans des couleurs chaudes, le trait des deux frères offre un regard sur un pays qu’on ne connait que peu et qu’on a envie de découvrir. Les personnages y sont magnifiquement croqués, là encore, sans artifices. Le trait est simple, précis, net et le découpage est une démonstration de maîtrise.

La réédition pour les 5 ans d’Urban Comics est néanmoins assez chiche en bonus, présentant surtout des croquis et des travaux préparatoires. Mais ce sera bien le seul défaut qu’on pourra trouver à l’œuvre tant elle se confirme comme un des monuments du comics.

Bref, si vous n’aviez pas encore franchi le pas et lu Daytripper, foncez ! Laissez-vous embarquer dans cette ode à la vie, empreint d’une douce mélancolie, le récit ne plonge jamais dans le pessimisme. C’est un récit qui célèbre les instants de vie sans jamais verser dans le sentimentalisme mièvre. Un chef d’oeuvre !

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Commentaires
Categories Comics Grincheux, Nos chroniques
Jetez un oeil ici...