[Review] Dark Night : Une histoire vraie

Batman sauve la vie d’un homme dans le monde réel.

Un soir, le scénariste Paul Dini, responsable de Batman, la série animée, rentre chez lui après un rendez-vous décevant… suivi par deux inconnus.
L’agression qui suit remet en cause toute son existence : de ses amours à sa famille en passant par son travail et sa passion pour les mondes de l’imaginaire. Dès lors, il va devoir réapprendre à vivre avec ses fêlures qu’elles soient physiques ou plus intimes, aidé en cela par les personnages de la mythologie du Chevalier Noir.

Dark Night : une histoire vraie
Auteur : Paul Dini
Dessinateur : Eduardo Risso
contient l'intégralité du récit Dark Night - A true Batman Story
Disponible chez Urban Comics

L’Avis du Kit :

la Vie de Paul Dini par Paul Dini

Tout le monde connait au moins de par son travail monsieur Paul Dini. New-Yorkais pur souche issu d’un milieu modeste aux origines italiennes, le bonhomme est principalement connu pour son travail d’auteur et producteur sur les série TV animées de la Warner Bros Animation comme Batman, Superman – L’ange de Métropolis, Justice League, Tiny Toons, Duck Rogers et Star Wars – The Clone Wars. Il est aussi un grand scénariste de comics qui un travaillé sur plusieurs titres de l’Homme d’Acier et du Chevalier Noir. Il créée d’ailleurs le personnage de Harley Quinn avec Bruce Timm pour la série animée Batman avant que la muse du Joker déboule définitivement dans le monde des comics de DC. J’ai d’ailleurs pu, comme pas mal de monde, avoir la chance de le rencontrer à la mi-avril dernier au Paris Comics Expo 2016.

Ce que l’on savait moins du garçon, c’est qu’il fut un temps à deux doigts de tout plaquer au top de sa carrière.
La raison fut  une violente agression nocturne à Los Angeles. Elle est survenue au summum de sa carrière et eu pour conséquence de plonger l’auteur/producteur dans l’enfermement, l’alcool et la dépression. Paul Dini revient sur cette épreuve dans un récit autobiographique, comme pour exorciser ce passage traumatisant de sa vie passée.

Et si Batman avait pu être là?

Dini se livre sur ces 128 pages, non seulement sur l’épreuve violente subie et son résultat, mais aussi tout ce qui a mené à cet événement. Ainsi, il narre son enfance et son adolescence, époque où il était timide, réservé et plongé dans un imaginaire débordant de part ses lectures, ses visionnages à la TV et au ciné. Bon nombre de lecteur (moi y compris) pourront d’ailleurs se retrouver dans ces souvenirs. Il revient aussi sur sa réussite professionnelle et sa période faste d’auteur de séries animées ainsi que sur ses désillusions sentimentales de l’époque. Le tout est agrémenté de la présence des personnages fictifs qu’il a connu dans sa jeunesse ou qu’il a développé dans sa carrière. Ces derniers agissent comme sa propre conscience, le guidant dans ses choix, bons ou mauvais. La narration de Paul Dini est forte, touchante et développée. On est vraiment plongé avec lui dans son traumatisme, ses peines et ses frustrations…La plus flagrante étant celle du fait que la nuit de son agression, aucun « Batman » n’était là pour le sauver des griffes de ses agresseurs. Malgré tout, même si le « Caped Crusader » de Gotham n’était pas là physiquement pour sauver Paul Dini, il était présent dans son cœur et son esprit bien après ce douloureux moment. En effet, le Chevalier Noir avec qui il a longtemps travaillé, était là pour le sortir de sa torpeur et de sa dépression.

Le traumatisme physique de Dini illustré par Risso

Côté graphique, on retrouve l’illustrateur argentin Eduardo Risso (100 Bullets, Flashpoint : Batman, Knight of Vengeance, Wolverine : Logan…). Le dessinateur nous montre ici tout son panel de possibilités artistiques, avec plusieurs compositions liées aux souvenirs de Paul Dini. On passe de dessins enfantins (l’enfance de Dini) , à des planches plus réalistes (L’auteur qui se filme narrant sa vie), en passant par le style « cartoon » (la vie professionnelle) et des traits plus sombres (l’agression et ses suites). C’est d’ailleurs sur les planches plus noires qu’on reconnait le style habituel de Risso. Il planche pleinement pour faire ressortir toutes les émotions de l’auteur qu’il sert ici dans l’histoire de sa vie. On sent que le duo auteur/dessinateur a fait preuve ici d’une grand complicité pour retranscrire au mieux l’histoire d’une vie. C’est vraiment une leçon de dessin sur presque 130 pages.

Bonus : Paul Dini nous parle de ce livre en toute sincérité dans notre interview réalisée lors de Paris Comics Expo 2016.

En résumé, une plongée autobiographique dans la vie de Paul Dini et plus précisément sur le traumatisme de son agression passée. Ne sautez pas sur ce récit en pensant y trouver une histoire de Batman. C’est ici un drame personnel qui y est retranscrit à travers les souvenirs de l’auteur. Une sorte de thérapie pour Paul Dini, afin d’exorciser les démons du passé qui le hantent, et qui l’ont aussi fait grandir en un sens. Un petite pépite « indé » qu’il me tardait de lire.
Tout lecteur pourra aisément se retrouver, s’identifier à un moment donné du récit. Car malgré l’échec, la difficulté, le renfermement, l’exclusion parfois, tout le monde a droit à sa chance afin de trouver la place qui lui convient dans la société. C’est une des leçons que je garde de cette « Histoire Vraie » de Mr Paul Dini. Clairement un des tops de l’édition VF comics de ce début d’année.

La Note du Kit :

 

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Categories Kit Fisto, Nos chroniques
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