[Review] Black Lightning Saison 1

“This is for the street”

Synopsis :
Jefferson Pierce était Black Lightning, un super-héros qui protégeait Freeland. Mais pour assurer sa survie et pouvoir continuer à profiter de sa famille, il décida de raccrocher le costume et pris celui de directeur du lycée local. Mais face à l’accroissement des violences dans sa ville, il décide de reprendre son rôle de justicier.

Black Lightning - 13 épisodes
Créé par Salim Akil
Scénaristes : Salim Akil, Jan Nash, Pat Charles, Adam Giaudrone, Charles Holland, Lamon Magee, Keli Goff, Melora Rivera
Réalisation : Salim Akil, Oz Scott, Mark Tondeval, Michael Schultz, Rose Troche, etc.
Diffusé à partir : du 16 janvier 2018 sur The CW et du 23 janvier 2018 sur Netflix.
 
 
 

L’avis de Comics Grincheux :

Black Lightning était une série que je n’attendais absolument pas. La CW me gonfle, l’ensemble de ses séries super-héroïques est établi sur un schéma préfabriqué encore pire que les films du MCU.

Pourtant, le pilote est véritablement surprenant et très agréable. La série se dote dès le début d’un propos politique qui fait écho à celui de Black Panther et s’interroge directement sur les violences policières commises à l’encontre de la communauté noire. La série fait même preuve d’un certain anti-manichéisme en présentant des personnages blancs acquis à la cause de Black Lightning. Le personnage principal ainsi que sa famille sont agréables à suivre et surtout, Cress Williams (Jefferson Pierce) est vraiment bon dans le rôle, parvenant à bien incarner le protecteur de la communauté qu’exige son rôle de directeur du lycée mais restant crédible dans le rôle du super-héros. Sa fille aînée est aussi très intéressante, les premiers épisodes nous la présentant comme un contrepoids politique pertinent à son père. Ils s’affrontent souvent sur leur vision des choses face à ce que subit la communauté noire et ça donne des discussions intelligentes. Seule la deuxième fille et l’ex-femme de Jeff sont insupportables, réunissant une somme de clichés assez incroyables sur les ados et les ex-femmes. Elles sont épuisantes et leurs interprètes font ce qu’elles peuvent avec le peu qu’on leur donne à jouer.

Néanmoins, autant mettre les pieds dans le plat tout de suite, la partie super-héroïque est raté dans les grandes largeurs. Le look du costume de Black Lightning, aussi discret qu’une boule à facettes et doté d’un effet cheap, avec plaques de plastiques dégueulasses n’aide pas à rendre crédible cet aspect de l’histoire. Mais c’est finalement un élément assez peu présent pendant la première moitié de la série qui évite aussi le défaut de la super-équipe avec moult super-pouvoirs. Plusieurs personnages ont des super-pouvoirs mais cet aspect est amené de façon plus ou moins organique et a surtout tendance à creuser les relations entre les personnages et à les faire évoluer, ce qui est plutôt intéressant et amène une meilleure réflexion que dans les autres séries de la chaîne. Néanmoins, il faut signaler la réalisation molle et fade à souhait qui n’aide pas à donner d’intérêts aux combats. La mise en scène des pouvoirs étant sacrément ridicules.

Notons quand même que Black Lightning dispose de son Alfred, comme si un héros ne pouvait s’en sortir autrement qu’avec un tech-guy. Evidemment, il sera lié au développement de l’intrigue. On touche d’ailleurs un des problèmes de la série parce qu’en réfléchissant, on arrive à deviner le rôle des personnages dans la future intrigue dès leur première apparition. Si pour certains d’entre eux, elle parvient à jouer avec cette prévisibilité, pour d’autres (la majorité), cela foire complètement et les facepalms ne sont pas loin.

Mais, si la première moitié est une belle réussite avec un bon équilibre sur le développement de personnages, la réflexion politique et le super-héros, la deuxième moitié est quelque peu ratée. Un twist arrive qui fait basculer la série dans un grand n’importe quoi caricatural. En gros et pour éviter le spoil, il y a une histoire de complot. Complot qui abaisse l’intelligence de la série à la caricature la plus grotesque possible. Les derniers épisodes n’iront pas en s’arrangeant, en introduisant un second méchant caricatural à l’extrême, parodie grossière de Donald Trump. C’est dommage parce que le méchant initial, Tobias Whale, qui se fait sortir vers l’épisode 7, est intéressant à suivre. Espérons que la saison 2 fasse à nouveau le focus sur la lutte entre lui et Black Lightning, offrant deux aspects clairement opposés de la lutte pour l’émancipation de la communauté noire. Quand on ajoute à cela un chef de gang local charismatique qui offre une menace crédible, les premiers adversaires étaient suffisants pour ne pas aller dans la caricature. C’est un aspect désespérant parce que les personnages restent fidèles à eux-mêmes et Jefferson Pierce est intéressant à suivre jusqu’au bout. Mais voir comment la série arrive à partir en vrille rapidement inquiète pour la prochaine saison, surtout si elle est composée de 22 épisodes.

Bref, si Black Lightning est une jolie surprise, il n’en reste pas moins qu’elle est bourrée de défauts, surtout dans sa deuxième partie qui sombre dans la caricature extrême. Ce qui est d’autant plus gênant que les premiers épisodes étaient dotés d’une jolie réflexion. Mais un twist va venir tout mettre en l’air. Dommage parce qu’il y avait des choses réjouissantes, notamment dans la manière de détourner la formule CW.

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Comics Grincheux, Nos chroniques, Séries Télé
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