[review] Batman tome 8 & 9

Votre amour pour Batman s’en relèvera-t-il ?

Batman Tome 8/9Bruce Wayne n’est plus Batman.
Mais Gotham ne pouvant se passer de son chevalier noir, la police de Gotham confie à une entreprise de pointe la charge de créer la technologie qui permettra de faire patrouiller un nouveau Batman dans les rues. Il sera « officiel » et encadré par la police.
Dans le même temps, Bruce Wayne a (presque) tout oublié de son passé de justicier. Il se construit une nouvelle vie tandis ce que des jeunes activistes lancent l’initiative We Are Robin afin de retrouver un semblant de justice sociale à Gotham.

Afin de bousculer cette parfaite harmonie, un nouveau super-vilain débarque en ville et semble offrir des super-pouvoirs à tous ceux qui le demandent…

Auteurs : Scott Snyder, Brian Azzarello et James Tynion IV
Dessinateurs : Greg Capullo, Jock, Roge Antonio,Yannick Paquette et Riley Rossmo
Ces volumes contiennent Batman (new 52) 41 à 45, Batman Annual 4 et Divergence FCBD Special Edition 1 pour le tome 8 et Batman 46 à 52 pour le tome 9
Publié par Urban Comics.

L’avis de Matt :

Il s’agit de commencer par poser les bases : j’aime profondément Batman pour son aspect détective et son caractère urbain.
Il sera également peut être utile de signaler rapidement que je ne suis pas un grand défenseur du passage de Scott Snyder sur le personnage de Batman.

Batman vs BatmanDans cette histoire, la municipalité de Gotham tente de palier à la disparition de son plus grand symbole en en inventant un nouveau de toute pièce. On y passe un contrat avec une société privée pour tenter de créer un ersatz de justicier auquel personne ne croit vraiment, même pas le porteur du « costume ». Il y a beaucoup de similitudes avec l’histoire de Robocop dans ces albums : entre la privation de justice et cette police sous contrat, il y avait les bases pour développer une réflexion politique probablement passionnante. Elle ne viendra jamais.

La série nous fait d’ailleurs beaucoup de promesses de ce genre. Snyder ventile beaucoup d’éléments qui pourraient s’avérer intéressant si il décidait de s’en servir. Au delà de ça, on assiste à une succession de scènes. Pas vraiment une histoire intéressante, juste une succession de scènes.
Le plus amusant, c’est qu’objectivement les personnages incarnent cette histoire sans y croire et le montrent :
Bruce se cache dans une vie civile qu’il se force à vivre pleinement, le « nouveau Batman » dira plusieurs fois qu’il n’est pas ici à sa place, Duke tentera d’être Robin sans être à la hauteur… Ces personnages s’agiteront dans leur coin, se croiseront parfois et attendrons la résolution sous forme, encore une fois, d’un Deus Ex Machina.
Côté dessin, Greg Capullo est loin de son meilleur et des pages qu’il a pu livrer notamment lors de son passage sur Spawn. L’auteur est probablement en roue libre (ou pris par le temps). C’est pas mal mais pas de quoi s’extasier et honnêtement, j’ai du mal à reconnaître le commissaire Gordon en lisant ces pages.
D’ailleurs, globalement, les dessinateurs sont « à leur place » et ne font que ce qu’ils savent faire. Yannick Paquette, qui j’aime plutôt en général, fait « juste » du Yannick Paquette avec sa mise en page si reconnaissable.

BruceWayne-JamesGordon

Saurez-vous reconnaître Bruce Wayne et le commissaire Gordon dans cette illustration ?

Le tome 9 se conclura d’ailleurs par deux épisodes bouche trous, l’un observant son propre statut quo, l’autre mettant en scène l’inutilité du personnage dans une Gotham qui se débrouille sans lui. Difficile d’être enthousiaste en lisant ces pages.
Ce cycle s’appelle « Batman : la relève ». Personnellement, c’est celle des auteurs que j’attend avec impatience.

Le run de Scott Snyder s’achève enfin. Après un démarrage en trombe lors de La Nuit Des Hiboux, j’ai souvent été déçu par ces aventures de Batman. C’est encore le cas ici. Un héros qui n’a pas envie d’être là, un méchant dont on ne comprend ni les intentions, ni les pouvoirs, un fond inexistant… On nous livre du Batman sans Batman mais également sans vision. Imaginer un postulat de départ innovant, c’est une chose, mais à vouloir inventer trop des choses, Snyder transgresse l’essence même de la mythologie du personnage.
Dans le fond, pourquoi pas ? Seulement, à toute cette audace, il manque juste une bonne histoire.

La Note de Matt:

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Categories Matt, Nos chroniques
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