[Review] Batman Rebirth Tome 2

Le jeu du chat et de la chauve-souris !

rebirth 2 batman rebirthLe sort de Gotham Girl n’a pas laissé le Chevalier Noir insensible. Et lorsque la célèbre Amanda Waller lui demande de mener une expédition suicide afin de libérer l’auteur de ses troubles, Psycho-Pirate, il n’hésite pas un instant. Son escadron, composé de ses anciens ennemis part direction Santa Prisca, la forteresse du seul homme qui ait jamais été capable de le briser : Bane. Catwoman l’aidera-t-elle à sortir vivant de cet enfer ?

Batman Rebirth Tome 2 : Mon nom est suicide
Histoire : Tom King
Illustrations : Mikel Janin & Mitch Gerads
Contient les épisodes Batman #9-15
Publié par Urban Comics

 

L’avis de Fleurgeekette :

“Mon nom est Gotham”, premier tome de l’événement Rebirth concernant la chauve-souris de Gotham, m’avait laissé à sa sortie dans un état mi-figue mi-raisin. Le traitement du personnage de Batman/Bruce Wayne était complet et malin, les nouveaux personnages originaux et rafraîchissants. L’intrigue et les dessins étaient quant à eux plutôt superficiels. Je n’attendais d’une suite que la continuité du premier tome. C’est là que Tom King, scénariste en vogue chez DC actuellement, joue avec le lecteur comme un chat avec sa souris et fait prendre au comics une direction tout à fait surprenante et jouissive.

Ainsi, mon éloge du tome 2 de Wonder Woman Rebirth (vous retrouverez ma review ici) fait un écho certain à la critique que vous lirez ici.

arkham batman rebirth 2

Bienvenue à Arkham !

Poli et Chinelle, le Tigre de Bronze, le Ventriloque et Scarface, autant de noms qui ne diront rien aux lecteurs de comics lambda, et qui constituent l’escadron suicide de Batman afin de libérer le Psycho-Pirate de l’emprise de Bane. Le but ? Rendre à Gotham Girl sa personnalité et sa vie. Le pitch est plutôt simple, mais terriblement bien amené par Tom King, qui profite de ce scénario pour anoblir la cause du Batman. Se présentant comme une réelle figure paternaliste pour Claire, le Justicier renoue avec une humanité que l’on a parfois du mal à retrouver dans ses comics. Ses origines se retrouvent à nouveau sur le devant de la scène, puisque l’état catatonique de Claire fait directement écho à ses propres démons, son background qui ne cesse de le poursuivre : la résilience face à la perte d’êtres chers. La quête devient alors plus personnelle, on se connecte à la psyché du Chevalier Noir, qui, on le devine alors, ne reculera devant aucun sacrifice pour aider la jeune femme. Ce deuxième tome possède dès la première partie une dimension tragique mais subtile, sans en faire trop, qui nous plonge très facilement dans l’intrigue.

Constituer une équipe de super-vilains pourrait paraître incongrue, anecdotique, ou encore inutile. Mais si on y ajoute la célèbre chatte de Gotham, la tournure que prend l’histoire peut devenir très… piquante ! Encore une fois, Tom King sait jouer des intrigues multiples en ajoutant adroitement une seconde enquête au comics.

La deuxième partie, qui se joue autour du trio Bane-Catwoman-Batman, est clairement destinée à nous jouer un mauvais tour. Tom King (décidément) semble faire sa spécialité des retournements de situations, des apparences trompeuses et des fourberies en tout genre. Le tout saupoudré d’épique, de torturé et de réalisme… Il aime nous faire prendre des vessies pour des lanternes, et en bonne poire que je suis, j’ai plongé tête baissée. Derrière chaque action de Batman se cache toujours une intention ou une série calculée d’événements en chaîne. Ici, ce sont les curieux coéquipiers du Chevalier Noir qui jouent pour lui, à l’unisson. Un très beau jeu de marionnettes qui promettent un troisième tome “Je suis Bane” épique. Je ne sais pas vous, mais j’en frétille d’avance !

Les chauves-souris ne retombent pas toujours sur leurs pattes…

Enfin, Batman et Catwoman reprennent leur incessant jeu amoureux, et je l’avoue, je n’avais acheté cette suite que pour cette partie. Bruce Wayne tente encore une fois de percer à jour la belle Selina Kyle. Est-elle toujours accusé à raison, ou n’est-elle au contraire que le fruit des apparences ? Au fil des pages, séduction et amour se confondent, tout comme les chronologies. Si Wonder Woman s’en rend compte dans son propre run, eux n’y prêtent guère attention.

Esthétiquement puisque je trouve important de le souligner, le travail de couleurs de June Chung et Mitch Gerads me renvoie directement au Tome 2 de Wonder Woman Rebirth. Chaque portion scénaristique avait une harmonie de couleur monochrome. Ici, l’on retrouve du gris associé à Arkham, des tons ocres pour Santa Prisca et du bleu nuit joint à la romance de Cat et Bat. Les dessins eux aussi remplissent cette sorte de nouvelle “charte graphique” Rebirth. Les expressions sont pures, viscérales et charismatiques. Un petit bonus pour la dernière partie qui est moins sage visuellement et se prête à la sensualité.

Je pourrais encore parler longuement de ce comics. Mais laisser sa magie parler d’elle-même est peut-être la meilleure des options.

 

Batman Rebirth “Mon nom est suicide”, non content de poursuivre à demi-mots l’intrigue principale menée par l’évènement Rebirth, vous emmènera toujours plus loin dans un hommage presque religieux du Batman. Un comic sombre et torturé, réunissant l’essence du Chevalier Noir. Un run qui se poursuit sans fausse note, et un chef-d’oeuvre en devenir.

La note de Fleurgeekette : 

 

L’avis de Comics Grincheux :

Allez, le pisse-froid débarque et on va se calmer tout de suite ! Alors, oui, Batman Rebirth Tome 2 est une très belle analyse de l’histoire d’amour entre Batman et Catwoman comme le suggère la couverture mais c’est tout !

Là où ça se gâte, c’est que Tom King a une manière d’écrire le Chevalier Noir vraiment à lui, en faisant un soldat névrosé pur et qui se force à avancer dans sa quête à coups de mantra. En gros, le héros se répète inlassablement les mêmes phrases pour avancer dans son combat contre Bane afin de sauver Claire (Gotham Girl). Le reste des dialogues n’étant pas vraiment meilleur, puisque les personnages passent pour des décérébrés et Batman pour un débile profond. Si l’intention derrière est louable et compréhensible, il en reste qu’on en ressort avec une impression bizarre. Au final, le propos sur le personnage prend clairement le pas sur la forme de l’histoire. Malheureusement, ce n’est pas tout parce que l’histoire est elle-aussi peu avenante, la mission sauvetage devenant vite anecdotique et lassante, le plan de Batman étant évident. L’intérêt du tome, c’est la relation entre Catwoman et Batman et cela passe par des lettres que l’un et l’autre s’écrivent et dont on retrouve la teneur dans certaines chapitres. Sauf que le reste de l’intrigue est pénible, sauvé par les dessins de Mikel Janin. C’est un dessinateur qui a le talent de brosser des scènes d’actions virevoltantes, avec force et dynamisme. Bref, heureusement qu’il est là.

Pourtant, la deuxième partie du tome, découpée en deux chapitres et dessiné par Mitch Gerards est un régal. Prenant le contre-pied de l’arc précédent, il est une course-poursuite entre les amants maudits, faites de dialogues ciselés et surtout du coup de crayon de son formidable dessinateur, accentuant les gestes des deux personnages et les rendant vivants.

Bref, de la même façon que le tome 1, ce tome 2 est pour moi une déception qui ne sert pas le talent de scénariste de Tom King. Tout y est trop forcé, le fond prenant le pas sur la forme et sur le plaisir de lecture entre des dialogues débiles et une intrigue basique. Le tout est sauvé par les deux derniers chapitres se concentrant véritablement sur la romance entre les amants maudits et les dessins de Mikel Janin dans la première partie.

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Comics Grincheux, Fleur Geekette, Nos chroniques
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