[Review] Batman & Catwoman

Armée jusqu’aux griffes

catwoman & batmanUn gros coup se prépare à Gotham. Une arme qui ne rate jamais sa cible est en circulation, et chaque malfrat veut s’en emparer, Catwoman en tête. Mais Batman désire cet objet dans un tout autre but : le détruire à tout prix.

Batman & Catwoman : Tu ne tueras point
Histoire : Ann Nocenti
Dessin : Ethan Van Sciver
Lettrage : Lucia Truccone
Couleurs : Chris Chuckry
Contient les épisodes de Batman/Catwoman : Trail of the gun #1-2
Publié par Panini Comics

 

L’avis de Fleurgeekette :

Disclaimer : ce comics n’est désormais plus disponible en neuf en France mais il se peut se trouver d’occasion.

Lorsque je lis du Catwoman, je suis rarement satisfaite. On a toujours l’impression de connaître son idée de départ (un vol, aider quelqu’un, se venger…), le résultat mais jamais l’entre-deux. Si elle lance plusieurs enquêtes dans ses propres titres des DC New52, celles-ci sont tirées par les cheveux et rarement approfondies. Sa relation avec Batman, elle, prend de manière systématique le pas sur son métier de voleuse, et ses exploits en sont toujours diminués. Si j’osais raisonner de manière plus féministe, je dirais que Catwoman est rarement au premier plan, essentiellement visible à travers Batman ou encore ses sidekick, et ce même dans ses propres comics.

Si vous partagez mon point de vue, Batman & Catwoman : Tu ne tueras point est l’antithèse de tout ce que je viens d’avancer. Un coup de maître sorti en 2005, trois ans après la parution de Silence ou le personnage de la Chatte de Gotham prend un second souffle auprès des fans. Ann Nocenti, qui a débuté chez Marvel et a atteint une notoriété internationale grâce à Daredevil est en charge du scénario. J’ai eu la frousse lorsque j’ai fait le rapprochement entre Nocenti et cette série puisqu’elle avait presque mis à mort le personnage de Cat dans le run des New52. Mais à ma grande surprise, ma lecture fut extrêmement plaisante.

Ici, le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas timide dans ses ambitions. Grâce à cette mini-série, elle souhaite donner à Catwoman ce dont elle rêve depuis toujours : devenir la Reine des Voleuses. Un titre qui se mérite au travers d’une des plus grosses chasses au trésor jamais organisée à Gotham, des Jeux Olympiques du crime à la récompense exemplaire. Une arme capable de tuer toute source de chaleur à proximité est en libre circulation. Si tous les malfrats en lice pour l’obtenir sont motivés par l’argent ou la volonté de puissance et de domination, Catwoman souhaite se protéger des autres. Son enfance est ainsi particulièrement mis en avant par des flashbacks poignants qui évoquent les traumatismes cachés de la jeune femme.

Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de casse qui tourne mal. On y parle amendements de la constitution des États-Unis d’Amérique, du meurtre par arme à feu des parents de Bruce, de la présence d’armes dans le dur passé de Selina, ou encore des dissensions au sein des familles de vendeurs d’armes. Les plus grands voleurs de Gotham sont examinés à la loupe, le tout enrobé dans une narration addictive et omnisciente. Et comme très souvent dans les comics qui traitent de Catwoman, le scénario tourne autour de la notion de piège. Ce personnage finit souvent en position de bouc-émissaire. Que l’on soit puriste ou totalement débutant dans l’univers DC Comics, on peut se lancer sans hésitation dans cette lecture.

Ethan Van Sciver y est pour beaucoup dans cette facilité de lecture. Son style est incroyable. En premier lieu, son choix de character design rétro est risqué mais  fonctionne à merveille. A la sortie de ce comics, Cat avait déjà trouvé son costume moderne, entre tenue en cuir noir et cheveux courts. Un look qui lui convient à merveille mais qui ne rend pas forcément honneur à sa nature animale. Van Sciver prend un parti pris artistique, revient à l’essentiel et ça marche ! Les dessins sont précis comme des lames de rasoirs, très riches et les expressions s’animeraient presque en dehors des pages. La couleur, vive, entre rouge sang et bleu nuit apporte cette touche lugubre qui sied si bien aux bas-fonds de Gotham. Catwoman retrouve toute sa félinité, sa sensualité mais aussi sa brutalité.

Le thème le plus récurrent lié à la belle tigresse est bien sûr abordé, et marque la finalité de cette mini-série. La dualité entre le bien et le mal est toujours au cœur de la psyché de Selina Kyle. Arriver à servir ses intérêts personnels et à se protéger, et d’un autre côté faire le bien et défendre les opprimés, tel est le dilemme qui agite constamment Catwoman. Cet aspect est bien abordé et permet à Batman & Catwoman : Tu ne tueras point de finir en toute beauté.

Tout simplement.

Attention, ce comic est un petit bijou à posséder. trash, lugubre et excessivement réaliste, il présente Catwoman comme une voleuse de talent, adossé d’une patte artistique folle.

La note de Fleurgeekette : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Très cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Categories Fleur Geekette, Nos chroniques
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