[Review] All-Star Batman tome 1

Bats et Dent en mode « road-trip »

RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE
En mettant un prix sur la tête du justicier, il lance à leurs trousses tous les assassins et chasseurs de primes du pays, sans compter les citoyens ordinaires ! Menottés l’un à l’autre, Batman et Double-Face n’ont plus qu’un objectif : survivre à ce « road trip » en enfer !

All-Star Batman tome 1 : Mon pire ennemi
Histoire : Scott Snyder
Illustrations : John Romita Jr et Declan Shalvey pour les back-ups
Contient les épisodes All-Star Batman #1 à 5
Publié par Urban Comics

L’avis du Kit :

Pile ou Face?

Harvey Dent alias Double-Face/Two Face est une menace pesante pour Gotham, autant pour les civils, la police que pour ses confrères criminels. Batman décide donc d’extrader son ancien ami procureur hors des murs de la ville, et peut-être trouver un moyen d’éradiquer son mauvais côté définitivement. C’est sans côté sur le fait que le super-criminel mutilé a lancé une prime pour le libérer et neutraliser son escorte « en-capée », tout en menaçant de rendre public tous les secrets qu’il a recueilli au fil des années, allant du simple citoyen au délinquant de la ville. La prime mise à exécution, le Batjet est abattu. Le Chevalier Noir et son prisonnier se retrouvent alors à pieds avec 800km à faire devant eux tout en étant traqués par tous les criminels et les habitants de Gotham, en quête d’argent et de la préservation de leurs secrets.

Après un début de run haletant ( la Cour et la Nuit des Hiboux) et une fin assez décevante sur le New 52 du titre Batman ( cf l’avis de Matt ici), Scott Snyder revient au scénario d’une histoire sur le Caped Crusader de DC Comics. Après du repos mérité et un roadtrip à travers les États-Unis avec son fiston, l’auteur américain revient ressourcé et inspiré pour écrire de nouveau une histoire sur l’Homme Chauve-Souris. Même si Tom King a pris le relai sur le titre principal à l’occasion de DC Rebirth, Snyder n’en a pas vraiment fini avec le Chevalier Noir de Gotham City. Dans cette histoire , le scénariste malmène pas mal notre héros. En effet, la chauve-souris morfle pas mal à cause de la récompense mise sur sa tête. C’est plutôt plaisant de voir Batman hors de sa cité se dépatouiller avec les moyens du bord pour s’en sortir. Ça change de sa routine urbaine 😉 . Certes le tout peut paraître bourrin, assez irréfléchi et très prévisible mais j’ai plutôt été client de cette histoire divertissante et sans prise de tête. La partie graphique m’y a pleinement aidé aussi.

Car oui, côté dessin on retrouve le transfuge de Marvel depuis quelques temps, John Romita Jr. Le monsieur a travaillé sur quasiment tous les plus grands personnages de la Maison des Idées, de Hulk à Spidey, en passant par Thor, les Éternels, Avengers ou bien Kick-Ass. Ces dernières années, l’artiste livrait des planches assez faibles par rapport à ce qu’il avait illustré par le passé. Son passage à la Distinguée Concurrence l’a sans doute reboosté. Il a, je pense, retrouvé de sa superbe sur Superman et The Dark Knight – The Last Crusade. D’accord,  son style très « anguleux » et assez proche de la caricature ne plaira toujours pas à ses détracteurs, mais pour moi, il s’inscrit parfaitement dans la diversité du monde du comics. Ici, il rentre parfaitement dans le scénario actif, violent et sanglant de Snyder. Declan Shalvey livre quand à lui les planches des back-up centrés sur le nouveau sidekick de Batman, Duke Thomas, ancien membre du gang des Robins, et qui travaille sur une enquête qui va le confronter à l’assassin aux multiples cicatrices, Zsasz. Plutôt bon aussi dans sa partie. En bonus du recueil, toutes les couvertures alternatives du titre avec une pléiade d’artistes connus et reconnus.

 

Batman et son nouveau sidekick

En résumé, un bon retour de Scott Snyder sur un titre Batman après la fin du New 52, avec le plein d’action et de revirement de situations. L’originalité du Caped Crusader hors des sentiers battus devant faire avec le « système D »,  tout en étant flanqué d’un de ses plus grands ennemis, n’est pas pour déplaire. Un road-trip du Dark Knight sanglant et violent qui s’avère au final bien divertissant.

La note du Kit : 

 

 

L’avis du Comics Grincheux :

Bon, maintenant que Kit a donné son avis gentil sur le titre, ça va être l’heure pour moi de donner un avis radicalement opposé.

Mais avant ça, quelques précisions, j’aime Scott Snyder, j’ai beaucoup aimé son run sur Batman malgré de grosses baisses de régime. Malgré ça, je trouvais ce qu’il écrivait intéressant dans le fond et les dessins de Greg Capullo envoyaient vraiment du bois ! Du coup, j’attendais ce All-Star Batman avec impatience !

Et le tome m’est quasiment tombé des mains. L’histoire est rythmé, ok mais elle est surtout la démonstration d’un Scott Snyder en roue libre totale qui n’arrête pas d’essayer de se réinventer en mettant le justicier de Gotham dans des positions proches de la caricature. Il se dégage de l’ensemble un aspect criard et surexcité irritant à lire. L’histoire va dans tous les sens, Scott Snyder n’a plus aucun cadre, les dialogues sont inutilement verbeux, son écriture de Double-Face est faussement intelligente mais véritablement lourde !

Scott Snyder tente tellement de rendre son comics « All-Star » et divertissant qu’il envoie tous les ennemis possibles inimaginables, sans que cela n’apporte un véritable intérêt à l’histoire. Certes, Double-Face a mis une rançon sur la chauve-souris et cela explique alors que chacun des vilains tente de dérouiller Batman. Pourtant, il y a un aspect faux dans tout ça. Tout devient rapidement extrêmement prévisible et l’utilisation décomplexée de KG Beast devient un poids à l’histoire, mettant en avant tous les travers de l’écriture. Le pire, c’est l’introduction de Duke Thomas en nouveau sidekick de Batman qui ne sert à rien ! Non content d’avoir un look digne d’un motard équipé d’un gilet de secours, il n’apporte rien à l’histoire et ne semble être là que pour remplacer un Robin que Scott Snyder n’a jamais aimé utilisé. Il faut preuve d’une utilité plus que relative. Les back-ups renforçant méchamment cette impression.

Ensuite, John Romita Jr. aux dessins tente de sauver ce qu’il peut. Sauf que lui aussi n’est pas aidé. Son trait retombe dans ses travers très vite mais il est surtout plombé par une colorisation qui agresse les yeux. Les couleurs chargent les dessins inutilement, utilisant un aspect trop criard pour en mettre plein les yeux. Sauf que ça finit par saturer la rétine… Pourtant, le découpage de Romita Jr. dans les scènes d’action est vraiment bon, dynamique et tentant de réveiller le lecteur. Son Batman et l’ensemble des personnages sont méchamment rigides mais c’est un aspect récurrent chez le dessinateur, la critique ici serait trop facile et déplacée.

En bref, All-Star Batman, Tome 1, c’est pas la joie et c’est même franchement nul ! C’est la mort créative d’un auteur qui part en roue libre et n’a plus aucune limite. Ça pourra en réjouir certains mais moi, ça me gonfle légèrement. Le tout est vulgaire, pas très joli. Pourtant, la suite est franchement bonne. Mon conseil : évitez ça comme la peste et achetez le tome 2 quand il sortira !

La note de Comics Grincheux : 

 

pour comprendre nos notes subjectives : 
5/5 J'adore 
4/5 Trés cool 
3/5 Sympa 
2/5 Sans plus 
1/5 Bof 
0/5 Pas pour moi
Commentaires
Categories Comics Grincheux, Kit Fisto, Nos chroniques
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