On a testé : The Defenders

The Defenders version Netflix passe sur le grill

Un alien sur une planche de surf, un sorcier suprême, un monstre vert et le roi d’un empire sous-marin, ensemble ils forment… bah… rien, puisque le line-up de cette équipe nommée The Defenders, la nouvelle série Marvel / Netflix diffusée depuis le 18 août, est bien différent de l’original que l’on connaissait d’après les comic books.

The Defenders version Netflix

Après Daredevil qui avait donné le ton des adaptations Marvel sur Netflix, une saison de Jessica Jones démarrant sur les chapeaux de roues mais souffrant ensuite d’un rythme décousu par des épisodes bouche-trous, un Luke Cage plus régulier, mais devant principalement son intérêt au background de la série et enfin un Iron Fist dont j’ai abandonné le visionnage après seulement 3 épisodes afin d’éviter la mort cérébrale, je dois avouer que j’étais mitigé quant à cette nouvelle série, tant le format instauré par Netflix souffre de longueur et d’épisodes clairement inutiles.
Je me demande d’ailleurs pourquoi une plateforme qui peut s’affranchir des standards de la télévision s’obstine à produire des séries en 13 épisodes quand 10 suffiraient amplement.
Sur ce seul point, The Defenders corrige en partie le tir avec seulement 8 épisodes de 50 minutes ce qui me semble largement suffisant, surtout quand on sait qu’une saison en raconte rarement plus qu’un film de 2 heures au cinéma…

Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist ayant chacun eu droit à une série éponyme, il était grand temps de trouver une excuse bidon pour les réunir dans un combat commun.
Attention, il ne s’agit pas de critiquer ce genre de pratique, puisque pratiquement toutes les grandes équipes de super-héros, à l’exception des Fantastic Four, peut-être, sont nées grâce à des excuses bidons.
Là, on est en plein dedans : prenez quatre super-héros, placez les dans une même ville, trouvez leur un ennemi commun vaguement lié à deux d’entre eux et le tour est joué.

La Main, organisation dont on apprendra que les membres meurent et ressuscitent à un rythme qui rendrait le scénario de la série Arrow éligible au prix Nobel de médecine, semble décidée à prendre possession du pouvoir d’Iron Fist, renforçant ainsi son emprise sur la ville.
Pour cela, la Main compte sur son arme secrète : le Black Sky, qui est en réalité xz~’[Spoiler !].
Matt Murdock, Power Man (désolé, ça me fait plaisir), Jessica Jones et Danny Rand vont donc à la fois affronter et tenter d’échapper à la Main.

Et ça vaut qu’on s’abonne à Netflix ou pas ?

Pour le coup, bien que très manichéenne, la menace représentée par l’organisation criminelle est plutôt crédible et tient tant bien que mal dans ce scénario cousu avec un très gros fil blanc.
La Main est aussi dangereuse que déchirée par des guerres de pouvoir entre ses membres, ce qui rajoute un peu de profondeur à ces vilains qui, pris séparément, ne sont pas très charismatiques.

La série est dynamique, tient le spectateur en haleine, les scènes d’actions sont plutôt cool et les interactions entre les héros, bien qu’assez prévisibles, fonctionnent.
Chaque personnage a son rôle dans le groupe et dans l’intrigue, ni plus, ni moins, mais j’ai trouvé ça plutôt équilibré.

Si la série fonctionne, elle n’en reflète pas moins certains soucis de compatibilité entre les univers de chacun des héros, Luke Cage et Jessica Jones n’ayant que moyennement leur place dans cette histoire pleine de ninjas, tandis que Daredevil est moqué de ces camarades à cause de son costume de super-héros pur jus.

Comme toujours chez Netflix, on notera un gros travail sur la bande son et la photographie, notamment sur le fait que chacun des héros soit rattaché à un style musical et à une couleur.
Si ça ne suffit pas à faire de The Defenders une claque absolue, peut-être parce que l’on a pris goût à ce sens du détail depuis la baston dans le couloir pendant la première saison de Daredevil, on appréciera tout de même l’exercice et son résultat.

Moralité, The Defenders s’en sort plutôt bien, s’imposant comme un divertissement échappant aux longueurs et au remplissage dont souffraient d’autres séries Marvel sur Netflix.
Si cela implique aussi une certaine simplification scénaristique, il ne fallait de toute façon pas s’attendre à trop de surprises !

D’autant plus que certains petits malins, semblant avoir oublié que tout le monde ne pouvait pas s’offrir un binge watching en règle dès la sortie de la série, ont copieusement spoilé son contenu sur les réseaux sociaux, bien souvent sans même prendre soin d’avertir le lecteur en amont.
Une pratique assez discutable et qui prive certains d’entre nous des quelques twists qui auraient pu motiver un visionnage soutenu.

Si vous avez aimé les précédentes séries Marvel, The Defenders vous séduira sans mal.
Si comme moi, vous avez tendance à être dubitatif sur le format de ces séries, The Defenders vous réconciliera peut-être avec Netflix grâce à son rythme et à l'alchimie entre ses héros.

 

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