De l’amour, bordel !

En ce moment, j’ai l’impression que tout part en couille. Pas à titre personnel, en général.

Des mecs se menacent à coups de missiles, quitte à faire sauter toute la planète. On classe à nouveau les gens comme si chacun devait porter une étiquette alors que les échanges n’ont jamais été si faciles…
Et ça à toutes les échelles.

J’ai grandi avec internet, j’y ai vu le meilleur comme le pire, le plus drôle comme le plus triste.
Internet m’a souvent fait rire ou sourire et m’a même parfois tiré une petite larme.
J’ai perdu beaucoup de temps sur internet.
Devant des vidéos de chats, de paresseux, et aussi devant pas mal de porno, avouons-le.

J’ai rencontré des gens géniaux sur internet, des gens avec qui j’ai partagé mes passions : le cinéma, la musique, et surtout, les comics.
Des gens qui sont devenus des amis, dont je connais maintenant la vie, avec qui l’image renvoyée par leurs productions ou leurs publications sur internet n’est plus qu’une mince feuille transparente.
Ce que je fais sur internet depuis des années m’a permis d’approcher de près des gens que j’admirais depuis tout gosse, dont le travail m’a fait rêvé, m’a inspiré, m’a donné envie de faire ce que je fais aujourd’hui.

Les vues, les clics, les chiffres, tout ça s’achète. Les gens vous donneront de la légitimité aussi vite qu’ils vous la reprendront.
Le partage et l’échange, c’est la vraie richesse d’internet.

Pourtant, plus le temps passe et plus internet me rend triste, blasé, désabusé.
Peut-être qu’à force de lire des histoires où les héros sont à la fois juges et bourreaux, certains ont perdu pied. À moins que ce ne soit dans la nature humaine de propager des sentiments négatifs.
Comme si nous préférions utiliser notre temps libre à nous rappeler à quel point nous détestons le monde dans lequel nous vivons.

C’est triste, car ce qui nous rassemble, sauf erreur de ma part, c’est justement l’amour des univers de fiction, ceux qui permettent d’échapper au quotidien morose imposé par nos responsabilités.

Quand je croise des gens en convention, je ne m’attache pas à leur métier dans la vraie vie, à leur couleur de peau ou à leur croyance.
Je me fous de savoir si la personne en face de moi est en fauteuil roulant ou si elle aime l’ananas sur la pizza.
Et si il en va de même pour cette personne, nous ne parlerons que d’une chose : ce qui nous passionne.

Pourtant, quel que soit l’endroit, que la communauté soit gigantesque ou si petite que tout le monde y connaît tout le monde, vous trouverez toujours des gens qui, peut-être pour exister, peut-être par simple plaisir, chercherons à provoquer un incendie, consumant ainsi leur image et celle de l’objet de leur vindicte.

Personne ne ressort grandi de ces débats stériles où chacun prêche aveuglément pour sa patrie.
Et lorsque l’incendie s’éteint, tout le monde patauge dans la cendre.
Nous ne sommes pas dans un comics, le temps gaspillé ne sera pas rattrapé au prochain reboot.
Les heures passées à s’affronter plutôt qu’à partager une passion commune sont perdues, sacrifiées pour le plaisir de s’afficher en justicier ou de défendre ses choix de vie.

Il ne s’agit pas de fonder une utopie dans laquelle tout le monde serait ami pour la vie : chacun ses affinités, mais pourquoi passer son temps à mettre en avant ce qui nous dérange, ce qui nous chagrine, ce que l’on aime pas ?

Il ne s’agit pas non plus de taire tout ce qui ne va pas, mais je crois sincèrement que pour mettre sa passion en avant, surtout lorsque l’on s’adresse à un large public, il faut avant tout parler de ce qui nous plaît, de ce que l’on aime, de ce qui fait de nous un passionné.

Vous lirez peut-être ce texte en vous disant que je suis un connard égocentrique donneur de leçons (ce qui est la pure vérité), vous y verrez peut-être un Memento Mori peu encourageant pour ceux qui veulent encore propager une vision positive de leur amour des comics, ou bien tout simplement une perte de temps.

J’espère en tout cas ne pas avoir totalement perdu mon temps avec ce message bien trop long et avoir donné à certains d’entre vous l’envie d’utiliser le leur pour continuer à véhiculer une image positive des choses que vous aimez auprès de votre communauté, de votre famille, de vos amis…

Adopter une attitude positive pour donner envie à ceux que vous croisez de partager vos passions, c’est la meilleure chose que vous puissiez faire pour vous-même et pour les autres.

Chris.

 

Commentaires
Categories Humeurs
Jetez un oeil ici...